Nikola Karabatic: "J'espère pouvoir retrouver mon niveau à 37 ans"

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Auteur·e : Manu Roux
Nikola Karabatic
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La star du PSG et de l’équipe de France s’exprime pour la première fois depuis sa rupture du ligament croisé antérieur du genou droit à Ivry le 17 octobre dernier. Opéré avec succès le 28 octobre, le double champion olympique fait part de ses espoirs pour la fin de saison, en club et en sélection, avec l’envie de participer aux JO de Tokyo.

La blessure :

"Jusqu’ici, je n’avais pas eu de blessure «grave » qui m’avait handicapé plus de deux-trois mois. J’en étais même fier ! Ça m’arrive maintenant, à 36 ans. C’est rageant parce que je me sentais bien, j’étais en forme et j’avais bien travaillé pendant le premier confinement et la préparation. Tu te demandes même sur le coup pourquoi et comment ça t’arrive à ce moment-là après tous ces efforts mais bon, voilà, j’ai fait le deuil de cette blessure. Je viens de passer quinze jours totalement confiné sans pouvoir trop bouger. J’espère pouvoir bientôt remarcher et sortir un peu pour me balader. Désormais, je suis concentré sur le challenge de revenir le plus vite et le plus fort possible. Après un pépin comme celui-ci, quel que soit l’âge auquel il vous arrive, on a toujours peur de ne pas revenir à son niveau, de ne pas retrouver toutes ses capacités mais moi, c’est mon défi : revenir à mon niveau à 37 ans (NDLR: il les aura le 11 avril prochain) après une blessure comme celle-là. Je sais qu’il y a toujours une possibilité que ça n’arrive pas mais ça ne me fait pas peur."

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Final 4, Mondial, TQO : les rendez-vous manqués

"J’ai dû vite faire le deuil de ces événements, même si ça a été très dur. Avec le PSG, j’aurais dû affronter Barcelone en demi-finale de la Ligue des champions, un club que je connais bien, le favori de la compétition, même si ce Final 4 risque d’être vraiment spécial, avec vraisemblablement des matches à huis-clos. Si on m’y autorise, j’aimerais néanmoins accompagner l’équipe à Cologne, même sans jouer. Je pense, et j'en suis même certain, que je remarcherai correctement à cette période. J’ai aussi dû tirer un trait sur le Mondial (en janvier) et le TQO (mi-mars), beaucoup trop tôt, je n’aurai pas encore repris l’entraînement ou alors tout juste."

Les objectifs :

"J’aimerais pouvoir rejouer en fin de saison avec le PSG et bien sûr, si l’équipe de France se qualifie et que les Jeux ont bien lieu, faire partie de l’aventure à Tokyo, même si ça me parait loin encore. Je ne peux pas dire que ce seraient mes derniers JO. Les derniers, si ça se trouve, c’était à Rio... Mais le plus important pour moi, c’est de récupérer de cette blessure."

L’équipe de France :

"C’est tout à fait normal que « Mika » (Michaël Guigou) ait été nommé capitaine. C’est souvent l’ancienneté et le nombre de sélections qui prévalent, même si le capitanat n’a jamais été quelque chose de très important chez les Bleus. Les leaders sont partout et les responsabilités diluées entre les joueurs. Quant à Cédric Sorhaindo (l’ancien capitaine, NDLR), d’après ce que j’ai compris, il ne prend pas sa retraite mais reste à disposition de l’équipe et du staff si jamais l’un des trois pivots se blesse. Je regrette de ne pas avoir pu participer au dernier stage pour pouvoir discuter un peu de tout ça avec eux. On n’a pas eu l’occasion d’échanger là-dessus encore. C’est vrai que cette année aura vraiment été très particulière pour tout le monde et l’équipe de France n’y échappe pas. Heureusement que les événements comme les JO, le TQO et les matches de qualification ont pu être reportés."

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L’affaire de la dédicace Dinart/Onesta :

"J’ai été très surpris par cette polémique. Pour moi les conflits se règlent en interne entre grandes personnes et pas par voie de presse interposée."

L'avenir professionnel :

"Je suis sous contrat avec le PSG jusqu’en 2022. On aurait dû commencer à parler d’une éventuelle prolongation cet automne mais la blessure est arrivée et maintenant difficile de se projeter. Peut-être que mon corps m’empêchera de prolonger et que le contrat prendra fin en 2022...C’est trop tôt pour se prononcer."

La décision de poursuivre la saison à huis-clos : 

"C’était obligatoire. Avec une nouvelle interruption, les joueurs n’auraient pas eu le droit au chômage partiel. Donc il fallait continuer à jouer. Maintenant, le but est de trouver des aides financières pour que les sports comme le nôtre, moins exposés médiatiquement, ne disparaissent pas."

L’élection à la présidence de la Fédération :

"Je pense que le handball français a besoin de personnes qui œuvrent pour l’intérêt général et avec bienveillance. Donc j’espère que sera élu le candidat qui voudra emmener notre sport le plus haut possible, avec cette bienveillance. M’engager en politique, même sportive, comme l’ont fait certains Experts durant cette campagne? J’aurais du mal, même si je reste à disposition pour aider le hand français, comme je l’ai toujours fait, je pense."

Propos recueillis par Manu Roux

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