Montpellier Coupe de France
La joie de Montpellier, vainqueur de la Coupe de France aux dépens du PSG | ERIC FEFERBERG / AFP

Montpellier prive le PSG du doublé

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Montpellier, auteur d'un match absolument remarquable, a privé du doublé le Paris SG, déjà assuré de devenir champion de France pour la première fois, en s'imposant en finale (35-28) de la Coupe de France messieurs de handball, samedi à Paris-Bercy.

Les joueurs héraultais ont fait montre d'un caractère exceptionnel pour  délivrer le match parfait, qui donne une saveur toute autre à une saison  jusque-là bien triste, après avoir été gâchée par l'affaire des paris sportifs. En s'adjugeant sa 12e Coupe de France sur les 14 dernières saisons,  Montpellier a aussi démontré au PSG qu'il n'avait pas l'intention de lui  abandonner aussi facilement que cela sa place au sommet du handball français. Le quintuple champion de France en titre, affaibli par les suspensions et  les départs des joueurs impliqués dans l'affaire des paris, n'avait pas  vraiment pu lutter d'égal à égal avec le PSG en Championnat. C'est seulement la troisième défaite toutes compétitions confondues cette  saison du PSG, entré dans une nouvelle ère depuis son rachat en juin dernier  par le fonds d'investissement Qatar Sports Investments (QSI).

Les Montpelliérains ont pu compter sur une défense héroïque, protégeant un  gardien Mickaël Robin en état de grâce. Ce sont ses arrêts qui ont fait  basculer un match très physique, voire rugueux, après vingt minutes de jeu. Avec un jeu d'attaque vif et spectaculaire, Montpellier s'est  progressivement détaché pour mener 19-13 à la pause. Quelques balles perdues  héraultaises ont permis au PSG de recoller un peu. Mais de mauvais choix de  Mladen Bojinovic ont coûté cher aux Parisiens. Montpellier, en pleine réussite offensive à l'image de son pivot Uros  Vilovski, a alors encore accentué la pression pour prendre jusqu'à 11 buts  d'avance (33-22, 54e). La réaction d'orgueil des Parisiens s'est ensuite  révélée insuffisante. Avec cette victoire, Montpellier évite de finir la saison sans trophée, ce  qui aurait été une première depuis 1997. Il est également qualifié pour la  Coupe de l'EHF. Il va maintenant essayer d'arracher la deuxième place du Championnat,  actuellement détenue par Dunkerque, pour se qualifier une nouvelle fois pour la  Ligue des champions.

Réactions

Luc Abalo (ailier du Paris SG): "Ils ont  l'expérience de ce genre de matches. Nous, c'est l'un de nos premiers matches  durs. Ils ont mené dès le début. On n'a pas su réagir, parce qu'on n'a pas  l'habitude de tels matches. On est une équipe nouvelle, on a encore des choses  à apprendre. Il faut en tirer les leçons, parce que des matches comme celui-ci,  on en aura beaucoup  l'année prochaine. Cette année, on a appris à jouer  ensemble, mais ce n'est pas encore parfait."

Didier Dinart (défenseur du Paris SG): "Ils avaient plus envie que nous. On  n'a pas su trouver les solutions. Ils ont montré un beau visage et nous  progressivement on s'est enterré. C'est  lamentable d'être dominé comme ça de  dix buts, parce que ce n'est pas l'écart qu'il y a entre les deux équipes. Mais  ça n'enlève rien à la saison qu'on a faite. Au départ, l'objectif c'était  d'être dans les quatre premiers et on finit champion de France."

Philippe Gardent (entraîneur du Paris SG): "On a été complètement absent et  eux ont fait un très bon match. On a voulu s'en sortir par le combat et ce  n'est pas ce qu'il fallait faire. J'ai eu l'impression que mon équipe était un  peu rassasiée par le titre de champion et qu'elle croyait que ça allait se  faire tout seul. C'était une erreur. Ca me gêne. Montpellier en voulait plus.  Si on veut d'autres titres, on a encore du boulot. Si on avait terminé le  travail après neuf mois, ce serait trop beau."

William Accambray (arrière de Montpellier): "Depuis que je suis à  Montpellier, chaque saison on décroche au moins un titre. On l'aurait vraiment  eu en travers de la gorge si on avait fait une saison blanche. On a réussi un  match très intense. C'est une très belle victoire collective. C'est une belle  revanche par rapport à tous nos détracteurs. A tous ceux qui pensaient que  Paris avait la suprématie, on a montré qu'avec du coeur on pouvait faire des  choses."

Mickaël Guigou (demi-centre de Montpellier): "C'est la victoire de tout un  club. On a souffert cette saison. Ca montre à tout le monde que Montpellier  sera toujours là et mérite le respect. Finir en battant comme on l'a battu  Paris, qui était soi-disant imbattable, ça restera un excellent souvenir. On a  eu la réussite de celui qui en voulait le plus."

Rémy Lévy (président de Montpellier): "Je suis très content de ce groupe et  des valeurs qu'ils ont montrées ce soir. Cette Coupe a une saveur particulière.  Ca restera l'un de nos plus beaux trophées. On a vécu des moments difficiles,  mais les joueurs sont restés concentrés sur le travail. C'est le plus beau  cadeau qu'ils pouvaient nous faire."

AFP