Mondial de handball : les dix dernières minutes irrespirables d'Allemagne-France

Publié le , modifié le

Auteur·e : Théo Dorangeon
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Les Bleues ont arraché un succès très important face à l'Allemagne afin de rester en course dans le Mondial au Japon (27-25). Si l'équipe de France a mené tout le match, cette victoire a été acquise dans une fin de rencontre étouffante. Retour sur le money time.

A quitte ou double. 48e minute de jeu, les Bleues semblent se diriger vers un net succès à douze minutes du terme : cinq buts d'avance (23-18). Sauf que l'Allemagne réagit en un rien de temps avec un 4-0. Voilà que les Françaises ne comptent plus qu'un but d'avance (23-22, 51e). Moins de dix minutes à jouer. Alors oui, c'est quitte ou double. Le début de Mondial manqué rattrape la bande d'Allison Pineau. La défense du titre mondial est en danger. La défaite s'avère interdite, d'autant plus que les Tricolores font la course en tête depuis le début.

Perdre, c'est quasiment dire adieu au doublé. Gagner, c'est l'espoir de le réaliser. Alors forcément, les dix dernières minutes deviennent étouffantes. "Les minutes de l'enfer", qualifie même Estelle Nze Minko. Le couteau sous la gorge, au bord de la falaise... Vous l'aurez compris, l'avenir de cette équipe dans la compétition se jouait là. "Sans doute" le moment le plus stressant depuis le début du Mondial, confie même Allison Pineau.

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Le score, lui, joue avec les nerfs de tous. Un but puis deux buts, puis un seul... L'écart entre les Bleues et les Allemandes ne varie pas. Seule constante : la France est devant. Les opportunités d'égaliser se multiplient en faveur de la Mannschaft. Mais Amandine Leynaud veille au grain. Essentielle dans les cages, la gardienne réalise une action salvatrice pour éviter l'égalisation. Une interception sur long ballon, qui permet à Laura Flippes de marquer dans la foulée (23-22). Bénéfique.

Trois minutes sans but, moment crucial

"On a senti que c'était irrespirable pour tout le monde. Pour les gens derrière leur écran ça devait être pareil", imagine Allison Pineau. Sans aucun doute, le stress à son paroxysme survient à la 53e. Trois minutes sans aucun but. La marque affiche 24-23 en faveur des Bleues. "On a essayé de faire au mieux, de ne pas leur donner de buts faciles et de garder la tête froide", raconte la cadre de l'équipe de France. "Je suis (à ce moment) très sereine, je suis vraiment tranquille dans ma tête. Mais je me dis que ça va être au couteau, au coude à coude", avoue-t-elle.

A cet instant, on sent que le prochain but peut faire pencher la balance. Elle vire côté bleu. Béatrice Edwige, qui fête sa 100e sélection, débloque la situation. "Je suis tellement fatiguée. Mes jambes sont comme ça", décrit-elle après la rencontre. "  Comme ça", c’est flageoleantes. Car juste après, rebelote. Après un but allemand (25-24), une nouvelle séquence de trois minutes sans but intervient. C'est finalement un boulet de canon d'Orlane Kanor qui vient en aide au Bleues (26-24, 59e). "Olivier (Krumbholz) m'a fait rentrer à deux minutes de la fin. Je savais que c'était pour prendre un tir très important", confesse la Messine. "Il n’était pas facile à prendre pourtant ce tir, mais elle l’a fait et bien", convient le sélectionneur.

"On avait besoin d'une victoire comme ça"

L'Allemagne ne desserre pourtant pas ses griffes grâce à Emily Bölk, inarrêtable dans le money time (26-25). Mais comme un symbole, c'est Allison Pineau qui marque le but qui valide ce succès si difficile à glaner (27-25). "Les anciennes sont toujours là", se réjouit l'arrière, qui est plus cantonnée à un rôle défensif désormais. Dans la foulée, les Bleues explosent de joie même si Allison Pineau admet ne pas tomber dedans : "Je n'exulte pas car c'est une étape. Il reste le Danemark. On reste les pieds sur terre."

Car tout n'est pas fait pour l'équipe de France. Vendredi, elle jouera une finale de groupe face au Danemark. Une victoire ou un nul suffit aux Tricolores pour passer au tour principal. Et comme la victoire écrasante a redonné la confiance aux Bleues face à l'Allemagne, cette fin de match "à la guerre" peut lancer définitivement pour la suite du tournoi. "On avait besoin d'une victoire comme ça dans un match serré et engagé", pense Allison Pineau. On sent plus d'entrain. Il n'y a pas eu de panique. On a retrouvé l'état d'esprit de l'équipe de France."

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