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Karabatic passe en force | AFP-Fife

Mondial: La France dompte l'Allemagne

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Pour son quatrième match du Mondial, le plus relevé des quatre, la France a relevé le défi physique de l'Allemagne en s'imposant 30-23. Percutants, plus convaincants offensivement, et surtout dégageant une toujours aussi étonnante sérénité, les Experts confirment plus que jamais leur statut d'éternels favoris. Le prochain défi s'annonce palpitant, jeudi face à un très sérieux rival, l'Espagne.

Après avoir affronté des équipes plutôt modestes, les choses sérieuses commençaient pour les hommes de Claude Onesta face à l'Allemagne. Au menu, des duels physiques à foison et surtout l'occasion de tester la combativité des Tricolores, et a fortiori, ses réelles chances dans ce championnat du monde.

Après une sorte de round d'observation, les Français ouvraient les hostilités avec un premier but signé Accambray, mais les Allemands répondaient aussitôt avec Preiss et prenaient même le large à 3-1. Attendu pour apporter toute sa puissance, Karabatic répondait présent en ramenant le score à 3-2. Heinevetter donnait du fil à retordre aux attaquants français, avec déjà cinq arrêts en 10 minutes. Tenaces, les Tricolores ne lâchaient rien, et Guigou sur un tir puissant, égalisait à 4-4 (11e). Et la nouvelle génération, à l'instar d'un Xavier Barrachet ne fuyait pas ses responsabilités, le joueur de 22 ans envoyant un missile qui permettait à la France de rester au contact (6-6) après 15 minutes de combat.

Car il s'agissait bien d'un combat, et les nerfs ne devaient pas lâcher face à une opposition véloce. Guigou voyait ainsi son pénalty arrêté par le portier allemand (à 7-7, 19e). Mais comme souvent, la France pouvait aussitôt compter sur d'autres joueurs de talents pour se ressaisir, et enchaînait quatre buts de suite pour creuser l'écart à 10-7. Fernandez semblait souffrir du dos depuis le début de la rencontre, mais la volonté était plus forte que la douleur et l'arrière gauche tenait sa place. Preiss prenait un jaune pour permettre aux Experts de maintenir à distance (12-8) les hommes de Heiner Brand (et ses belles moustaches). Mais fallait-il encore se méfier d'un certain Kaufmann, auteur de deux buts en fin de première période, et l'écart n'était plus que de trois buts à la pause (13-10).

L'Allemagne étouffée

Et pour se mettre en confiance, Bertrand Gille inscrivait le premier but de la deuxième période (14-10) au bout de trente secondes. Mais la Mannschaft, aidée par un Heinevetter des grands jours, ne déposait toujours pas les armes. Guigou donnait pourtant le tournis aux défenseurs allemands avec des dribles digne des plus grands basketteurs. Mais malgré ses qualités, le portier allemand ne pouvait pas grand-chose face aux artificiers français, que sont les Fernandez, Guigou, Gille et surtout un toujours aussi impressionnant Karabatic. Après trois buts consécutifs, la France enfonçait le clou et prenait un ascendant indéniable, surtout après un quatrième but sur pénalty, signé Joli (20-12, 43e). Haass stoppait un temps l'hémorragie 20-13, mais le mal était fait. Et les 7 buts d'écart passaient à 8 à un quart d'heure de la fin.

Ce Mondial était encore loin d'être terminé, et Onesta devait impérativement préservé les organismes, surtout ceux de ses joueurs clés à l'image d'un Fernandez qui souffrait d'une cheville suite à un contact viril. Impuissants face à l'artillerie tricolore, Haas ne se gênait pas pour poser assez peu délicatement sa main sur la gorge de Karabatic, une faute qui ne méritait selon l'arbitre qu'un jaune (49e, 15-23). Neuf buts d'avance à dix minutes de la fin en faveur de la meilleure défense du monde, la victoire était proche pour les Experts. Mais comme leur surnom l'indique, les Français savaient pertinemment qu'un match de hand pouvait se perdre en quelques minutes, et maintenaient la pression pour s'imposer finalement avec sept buts d'écart (30-23).

Claude Onesta  (sélectionneur de l'équipe  de France): "Un test c'est pour être réussi quand on travaille. On a fait le  match qu'on voulait faire avec une solidité défensive qui les a assez vite mis  en difficulté et les a fait exploser ensuite. Quand on défend comme ça, on est  comme une pieuvre qui mange tout le monde. Ca mange non seulement les actions  mais aussi progressivement le cerveau de l'adversaire. On a vu une équipe  d'Allemagne qui a perdu toute solution en attaque, qui doutait. Plus le match  avançait plus la différence devenait évidente. Ils ont perdu le combat tactique et physique. A la fin on cherchait plus à ne pas se blesser. C'était un vrai gros match. Personne ne faisait le malin avant le match, le vestiaire était  silencieux. Ce sont les matches qu'on aime le plus. L'Allemagne a du talent à  tous les postes mais manque d'expérience.

Michaël Guigou (ailier de l'équipe de France): "L'Allemagne est une jeune  équipe, c'est une bonne équipe mais ce n'est pas non plus l'Espagne, la Croatie  ou la Pologne. On a fait un bon écart contre des joueurs qui sont un peu  prétentieux et qu'on n'aime pas forcément trop. On a fait le match qu'il  fallait. On savait que ça allait être un gros test. On n'avait pas trop de  repères."

Thierry Omeyer (gardien de l'équipe de France): "On attendait tous ce  match. On sentait que c'était un match différent. Et on a répondu présent. On a  été très performants dans tous les secteurs."

Romain Bonte