France-Suède handball dames
La défense française a tenu bon face aux Suédoises | AFP - Axel Heimken

Les Françaises battent les Suédoises et s'offrent une finale

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L'équipe de France féminine de handball s'est qualifiée pour la finale du championnat du monde en s'imposant devant la Suède (24-22) vendredi à Hambourg. Au teme d'une rencontre très accrochée où, s'appuyant sur une grosse défense, elles ont su bonifié leurs temps forts, les Bleus ont fait preuve de beaucoup d'enthousiasme et de solidarité. En finale, elles seront opposées à la Norvège, tenante du titre.

Si elle l'emporte, la France sera la deuxième nation seulement à décrocher les deux titres mondiaux la même année, après l'Union soviétique en 1982. L'affiche sera la même que celle gagnée par les garçons, fin janvier à Paris-Bercy, mais cette fois-ci ce seront les Bleues qui seront nettement outsiders face aux tenantes du titre, impressionnantes en demi-finale face aux Pays-Bas (32-23). Quoi qu'il arrive, la neuvième médaille du handball féminin français est déjà dans la poche. Ce sera la cinquième dans un Mondial (1 or en 2003 et trois en argent en 1999, 2009, 2011) et la troisième d'affilée en compétition internationale après l'argent des Jeux de Rio et le bronze de l'Euro-2016, du jamais vu.

Suspense assuré 

La dernière marche paraît très élevée face à des Norvégiennes qui leur ont rarement réussi (leur dernier match avait été perdu en demi-finale de l'Euro l'an dernier). Mais après tout, les Bleues n'ont-elles pas battu la Suède, qui elle-même avait créé la surprise en dominant sa voisine en poule ? Les Françaises avaient bénéficié d'un tableau favorable, battant la Hongrie en huitième de finale et le Monténégro en quarts. Elles savaient que face à la Suède elles devraient livrer une plus dure bataille, même si les Scandinaves découvraient ce niveau de la compétition dans un Mondial et restaient sur deux défaites contre les Bleues l'an passé, aux Jeux et à l'Euro. Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'elles n'ont pas été déçues.

Le suspense a duré jusqu'à la dernière minute. Ce sont deux buts d'Allison Pineau (4 au total), plus forte à chaque sortie, un autre de Blandine Dancette et un ultime arrêt d'Amandine Leynaud, meilleure joueuse du match, qui ont apporté la délivrance. On n'aurait pas cru que ce match allait être aussi serré en début de rencontre car tout avait parfaitement débuté, les Bleues creusant un écart de quatre buts (10-6) grâce à une belle défense et à l'efficacité d'Alexandra Lacrabère en attaque (meilleure buteuse avec 5 buts au total).

Mais un vent de panique a ensuite soufflé sur les Bleues dans les dix dernières minutes, remettant en cause ce bel acquis. Après une série de 6-0, heureusement interrompue juste avant la pause par un but de Pineau, elles se sont retrouvées menées d'un but à la mi-temps (11-12), à l'image d'une équipe alternant les phases où elles ont paru conquérantes et celles où elles ont perdu le fil. Mais la solidarité et l'envie ont prévalu. Les vice-championnes olympiques ont retrouvé leur sérénité dès le retour des vestiaires. Deux buts de Camille Ayglon, une nouvelle fois excellente (3 buts), et de nombreux arrêts de Leynaud les ont remises dans le sens de la marche.

Des Bleues solidaires

La demi-centre Grâce Zaadi et la pivot Laurisa Landre relayant Lacrabère comme menace offensive (3 buts chacune), on croyait les Françaises à l'abri (18-15). Mais c'était compter sans quelques faux-pas et la ténacité des Suédoises, vite revenues à égalité pour imposer un "thriller" en fin de match. Les joueuses d'Olivier Krumbholz ont toutefois montré qu'elles avaient du caractère pour aller chercher une qualification somme toute méritée.

Elles vont désormais tenter de relever un immense défi en finale face aux Norvégiennes, la nation qui domine le handball féminin (20 médailles internationales dont 12 d'or lors des vingt dernières années) et qui restent sur deux démonstrations face à la Russie en quarts et aux Pays-Bas en demi-finale. Or ces deux équipes ne sont autres que les médaillées d'or et de bronze des JO de Rio.

Christian Grégoire