Luc Abalo
L'ailier et artiste Luc Abalo | AFP - Franck Fife

Les Bleus se mettent en confiance

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La France s'est imposée devant la Tunisie (32-19) pour son entrée au championnat du monde masculin, vendredi à Kristiansad, en Suède. Une victoire évidemment attendue et logique pour les champions du monde, mais qui ne fut pas aussi aisée à obtenir. Face à des Tunisiens solides et un gardien efficace, les Bleus ont connu quelques passages difficiles et ont du s'employer pour faire valoir leur domination technique.

Les Français voulaient que ce match leur permette de se mettre en ordre de marche, en confiance, et profiter de cette entrée en matière pour trouver leurs automatismes. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Bleus ont eu bien du mal à se mettre en route, bousculés en début de match par une défense haute et agressive de Tunisiens, souvent mis en défaut technique mais qui ont faire preuve de beaucoup de volonté.

Les Français avaient du mal à fixer leurs adversaires, perdaient des ballons et semblaient avoir quelques difficultés à mettre leur organisation en place alors que les Tunisiens ne s’embarrassaient pas de détails pour stopper les actions tricolores. Il fallut trois minutes aux hommes de Claude Onesta  pour inscrire leur premier but. Luc Abalo, Nikola Karabatic évidemment, et surtout le surprenant Xavier Barachet se décidaient enfin, petit à petit, à prendre leurs responsabilités. Les Bleus se recentraient sur les bases de leur jeu en faisant davantage tourner, avant de défier le mur tunisien, retrouvant eux-mêmes une assise défensive à partir de laquelle ils pouvaient amorcer de bonnes contre-attaques. Côté tunisien, avec Megannem à la manœuvre, et Tej pour faire le ménage, on restait malgré tout dans le match profitant des ballons souvent rendus par les arbitres. Le match restait assez équilibré, jusqu’à la moitié de la première période, avec un léger avantage pour la France (6-4, 15e). A partir de ce premier break, les Français, même s’ils connaissaient quelques déchets dans leurs attaques placées, haussaient le rythme et mettaient davantage de mouvement. Dans les défis un contre un dont ils ne s’échappaient pas, les Bleus poussaient la Tunisie à la faute, et insistaient sur la variété des combinaisons. Le score gonflait de façon logique (15-9 à la mi-temps).

La machine française se met en marche

A l’instar du début de match, les Français connaissaient quelques retard à l’allumage à l’entame de la deuxième mi-temps, concédant même un 2-0, et il leur fallait plus de quatre minutes pour ouvrir leur compteur de cette période. Claude Onesta tentait quelques modifications dans la configuration de son équipe Quelques essais qui ne mettaient pas forcément les Français, quelquefois en proie à des sautes de concentration, et parfois même dans un excès de facilité, dans une situation offensive plus efficace. D’autant que les Tunisiens, revigorés par le fait de se rapprocher à la marque, se montraient toujours aussi virulents dans leur manière de défendre. Après quelques longues minutes de balbutiements et d’atermoiements tactiques, les Bleus sortaient enfin de leur coquille. Revenant vers un peu plus de stabilité et d'application,  ils trouvaient enfin une bonne carburation. Malgré une défense qui se durcissait encore, et à un excellent Missaoui dans les buts, ils parvenaient à concrétiser leurs occasions, et petit proposait une copie plus propre, une fin de match plus aboutie.

Paradoxalement, alors que la pression était surtout sur les Tunisiens, auteurs de nombreuses fautes dans les affrontements directs, c’était Nikola Karabatic qui se faisait sanctionner d’un carton rouge. Onesta n’insistait plus trop sur les rotations, peut-être pas si rassuré que cela alors que les Français insistait sur le dribble et les tirs en première intention au lieu de s’appuyer sur ses atouts, en mettant du rythme et en faisant vivre la circulation de balle (21-15, 45e). Malgré tout, leur expérience et leur supériorité technique leur assurait une organisation performante, qui leur permettait de se détacher irrémédiablement. D'autant que les Tunisiens, qui ne disposaient d'une aussi importante profondeur de banc, commençaient à reculer la fatigue aidant. Pour le coach tunisien, le Français Alain Portes, le dilemme restait de savoir si ses joueurs devaient aller un résultat, ou si elle devait un peu s'économiser pour la suite de la compétition. Ils perdaient un peu de leur rigueur dans un final nerveux entre joueurs qui se connaissent bien, puisque beaucoup de tunisiens évoluent en France.   

Les Français déroulaient dans les dernières minutes pour obtenir un premier succès dans ce Mondial. C'est de bonne augure pour la suite, mais face à des adversaires d'un autre calibre que la Tunisie, ils devront faire attention à ne pas connaître les mêmes passages à vide que ceux qu'ils ont traversés au début de chaque période. Malgré tout l'essentiel est fait. La confiance est là. Il va falloir maintenant gérer la suite pour entrer de façon plus conséquente dans la compétition. 

Déclarations

Claude Onesta (sélectionneur de l'équipe de France): "On a fait un match sérieux contre une équipe qui voulait vendre chèrement sa peau. On a fait ce qu'il fallait pour creuser l'écart progressivement, on a été sérieux en défense, en essayant de ne pas trop se faire couper en deux. Pour une entrée en compétition, on va s'en satisfaire car il y a eu beaucoup de points positifs. J'aurais aimé faire tourner un peu plus, plus tôt dans le match, mais il valait mieux assurer et ne pas faire n'importe quoi tant que le match était instable. Mais bon, on ne va pas commencer à faire qu'ils sont fatigués, sinon on va se le dire tous les jours. Le carton rouge de Nico (Karabatic) m'a obligé à laisser Jérôme (Fernandez) plus longtemps sur le terrain. Mais ils ont besoin de jouer aussi, alors..."

Jérôme Fernandez (capitaine de l'équipe de France): "Je suis satisfait. On savait que le début de match allait être difficile, au bout d'un quart d'heure on a su imposer notre défense, notre rythme et creuser petit à petit l'écart. Ce qui est bien c'est qu'on a réussi à rester performants en deuxième période lorsqu'on a commencé à faire entrer tout le monde. La route est longue encore. On est peut-être pas encore prêts pour les grands matches, on doit travailler encore, continuer à progresser à l'entraînement."

CG