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Luc Abalo vole vers le but suédois | AFP - FRANCK FIFE

Les Bleus écornent la Suède

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La France n'a pas tremblé. Malgré une horde de Suédois survoltés, la bande à Onesta a encore démontré une incroyable maîtrise pour venir à bout du pays hôte en demi-finale du Mondial. Les Bleus ont accéléré en deuxième mi-temps et s'imposent 29-26. La finale, contre le Danemark, vainqueur de l'Espagne 28-24, sera à suivre sur France 2 dimanche à partir de 17h00.

En vogue dans les années 90, le jaune a viré au bleu en changeant de millénaire. Si les Français ont acquis leurs lettres de noblesse en 1995, c'est en 2001, dans la folie de Bercy, que les étoiles tricolores ont éclairé le ciel du hand mondial en boutant la Suède au cours d'une prolongation intense. Depuis, la France domine son sujet. Une domination presque sans partage qui dépasse celle des Scandinaves, toujours barrés lors des Jeux Olympiques. Pour remettre de l'ordre dans la hiérarchie mondiale, la Suède rêvait secrètement, dix ans plus tard, de faire chuter ces Français invincibles. Mais au pays des Vikings, les surhommes étaient dans le camp d'en-face. Après trois premières minutes hésitantes, le rouleau-compresseur français mettait le contact. Car si les bûcherons envoyaient du bois (2-4, 7e), le travail de sape commençait déjà se faire sentir sur les Suédois, incapable de marquer pendant plus de six minutes. Résultat une première série de 4-0 (4-6, 13e). Point fort des Français, le bloc défensif prenait le pas tandis que Thierry Omeyer, impérial dans ses buts, claquait plusieurs arrêts de suite (16 au final).

Dans un contexte hostile, Claude Onesta avait demandé d'éviter les provocations. Les Bleus restaient donc soft" même si la défense était rugueuse. Poussée par la marée jaune de la Malmö Arena, la Suède réagissait pour éviter l'envol irrémédiable des Bleus (10-11, 25e). Mais la France reprenait son rythme en fin de mi-temps et, sur un dernier tir surpuissant, Karabatic calmait les Suédois (12-15, 30e). Pour enfoncer le clou, il manquait plus de fluidité dans le jeu placé des tricolores. Ça allait venir dès la reprise. Accambray de loin et Abalo en contre donnaient le ton (12-17, 33e). Comme d'habitude, la défense se sacrifiait sur les montées suédoises et Bertrand Gille faisait le reste (7 buts). Menée de six buts, la Suède prenait un temps mort (17-23 44e). Aveu d'impuissance terrible sanctionné par les chants des supporters français. C'était bon signe. Le couac de l'Espagne toujours en tête, Onesta recadrait ses joueurs après deux pertes de balle payées cash (19-24, 48e). Le sélectionneur français demandait du calme et de la patience. Onze minutes à manger pour des morts de faim ? Une broutille à condition de continuer à jouer or les Bleus connaissaient un petit passage à vide coupable (22-25, 55e).

On craignait le pire avec les deux minutes d'exclusion pour Fernandez et le but suédois (23-25, 56e). Dans ces cas-là, on fait appel au pompier Bertrand Gille, docteur es-sauvetage et huit buts marqués ce soir. Son but en pivot enterrait la Suède qui craquait pour de bon (23-26, 57e). Deux minutes pour Carlen et deux buts de Guigou (24-28, 59e), les Bleus tenaient leur finale (26-29), la quatrième finale d'affilée dans un grand tournoi. On le savait mais ces experts-là sont vraiment uniques.

REACTIONS

Claude Onesta (sélectionneur de l'équipe de France): "On avait fait l'écart et l'énergie du désespoir leur a fait tenter le tout pour le tout. Mais globalement on a maîtrisé la situation. On finit quand-même par retrouver cette lucidité, on marque les buts qu'ils faut. Qu'on ait l'habitude de ces matches-là était sûrement un avantage. Le public a
vraiment porté son équipe, je pense qu'ailleurs ce match se serait fini avec un écart plus conséquent. C'est ce qui fait la force de notre équipe, on résiste aux pressions diverses, celle de l'autre équipe et celle du public. On a fait preuve encore une fois d'une performance défensive et collective rare et de beaucoup de lucidité en attaque. Et on a vu des performances individuelles assez exceptionnelles, je pense à Bertrand (Gille) qui a fait un match énorme, qui fait une compétition énorme depuis le début. +Mika+ (Guigou) était à cloche pied depuis le début du Mondial et aujourd'hui il avait les deux pieds par terre."

Jérôme Fernandez (capitaine de l'équipe de France): "On avait de l'expérience, on savait qu'on n'allait y arriver, on ne s'est jamais affolé. Je tire un grand coup de chapeau à l'équipe parce que quand la Suède revient à deux buts, au lieu de paniquer comme contre l'Espagne, on a su jouer sur des choses simples et être efficaces. C'est encore un palier de franchi."

Michaël Guigou (ailier de l'équipe de France): "Ca a été difficile avec la coupure des deux joueurs, il y avait beaucoup de pression, la Suède en plus est bien entrée dans son match. Malgré ça on a réussi à prendre de l'avance, on a raté encore des choses, on s'est fait un peu peur sur la fin, c'est vrai. Le deuxième tour avait été difficile pour moi. Ca me dérangeait un peu d'être dans cette situation. Les deux jours de repos m'ont fait du bien. Je pense que le match de ce soir va me laisser pas mal de traces malheureusement, mais bon. En finale, le côté tactique sera très important. On a pas mal de jeunes, il faudra gérer ça. Ce soir, les jeunes ont été au top même s'ils ont par moments raté quelques trucs. William (Accambray) et Xavier (Barachet) apportent vraiment un énorme plus à l'équipe. Avec les blessures de Daniel Narcisse et Guillaume Gille, c'était important qu'ils répondent présent."

Xavier Barachet (arrière de l'équipe de France): "Ma cheville a un peu tourné mais pour une finale du Mondial on a mal nulle part. Je serai à 100%. Même avec une jambe amputée je la jouerais cette finale. Ce soir pas mal de joueurs se sont rappelés le match de l'Espagne. Ces quelques minutes nous ont fait un peu peur mais on s'est accrochés. Il y a pas mal de joueurs cadres qui jouent beaucoup, donc c'est normal que parfois ça lâche un peu physiquement."

William Accambray (arrière de l'équipe de France): "On est surtout heureux d'aller en finale, le match n'a pas été si facile que ça, il y a eu des temps faibles. Mais on arrive à retrouver un nouveau souffle, on est super heureux d'aller en finale, maintenant, il faut aller au bout de l'aventure."