France Norvège Bertrand Gille tir souffre 01 2011
Bertrand Gille en souffrance | AFP - Franck Fife

Les Bleus complètent le dernier carré

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La France s'est qualifiée pour les demi-finales du Mondial après sa victoire 31 à 26 sur la Norvège lors de son 2e match du tour principal lundi à Jönköping. Mais face à des Norvégiens sanils pressions, ils n'ont guère été à leur aise dans cette partie, se montrant approximatifs dans leur jeu, et tombant dans un faux-rythme. Malgré tout, ils rejoignent la Suède, le Danemark et l'Espgne dans le dernier carré.

Ce n’est pas toujours aussi facile qu’il y paraît de venir à bout d’une équipe a priori plus faible. Les Français s’en sont rendu compte face à des Norvégiens, déjà condamnés pour la suite de la compétition, mais qui ne se sont laissé démonter. Les Français ont dû attendre la deuxième période pour trouver enfin la distance et prendre la mesure des jeunes Norvégiens.

Les Bleus avaient pourtant décidé de mettre la pression sur le but scandinave, et ce fut une solution plutôt efficace en début de période, où Bertrand Gilles débloquait la situation. Les tricolores profitaient des pertes de balles norvégiennes pour creuser l’écart jusqu’à +4.

Mais les hommes d’Onesta s’égaraient un peu dans leurs attaques placées, et surtout perdaient quelques repères défensifs, en manquant de spontanéité dans le replacement. Ce dont profitait la Norvège, avec notamment un Lie Hansen en réussite. Comme les Bleus se heurtaient aussi à un excellent Erevik dans les buts norvégiens, ils avaient du mal à creuser l’écart même s’ils n’étaient jamais vraiment en danger au score. Alors certes, sur quelques contres tranchants, et de bons ballons distillés par Karabatic ou Fernandez, les Français trouvaient de bonnes situations de buts, mais ils semblaient manquer de sérénité, en se laissant aller à des actions trop précipitées. Ils atteignaient la pause avec seulement trois buts d’avance 17-14.

Après la pause, les Français revenaient à leurs fondamentaux défensifs, et se montraient moins éparpillés, prenant le temps de construire leurs actions en plusieurs séquences, sans trop se consumer sur des tirs en premières intentions. Les Bleus prenaient enfin la peine de travailler, de poser les blocs pour chercher leurs pivots dans des positions plus favorables.
Insensiblement, ils paraissaient poser leur empreinte, en verrouillant le match et trouvaient enfin une bonne dynamique. Ils retrouvaient leur circulation de balles et des contres rondement menés, à l’image de William Accambray, peu en réussite en première période, qui parvenaient à trouver la bonne carburation. Les Français accentuaient leur impact, et leur avance au score (26-19, 45e). Mais les choses allaient ensuite se gâter. Car les Norvégiens ne fermaient pas le jeu, à l’image d’Hansen, Myrhol ou Kjelling, et refusaient d’abdiquer trop vite, surtout que les tricolores levaient parfois le pied, perdaient quelques ballons en route, et manquaient même quelques occasions faciles sur des jets de 7 m, cette fois sur l’autre gardien Ege. Claude Onesta devait regonfler ses joueurs pour que ceux-ci puissent reprendre le fil de la rencontre et se concentrer de nouveau sur leur sujet, sans tomber dans la facilité, d’autant que Fernandez et Karabatic étaient dans un jour sans. Les Français restaient ainsi dix longues minutes le compteur bloqué (26-23, 54e).  Les jeunes Rouges prenaient des couleurs et montraient de belles choses, même si leur Mondial était terminé, avec la volonté de prendre date pour l’avenir. Et ils voulaient accrocher les champions du monde à leur tableau de chasse. Mais les Français, sans être transcendants, avec les cadres à la manœuvre, trouvaient suffisamment de ressources pour ne pas connaître la même mésaventure que contre l’Espagne.Les canonniers habituels ayant été en demie-teinte, ce furent William Accambray et Luc Abalo qui décrochèrent le titre de meilleurs marqueurs tricolores (5 buts chacun).  Un dernier coup de reins suffisait pour finalement s’imposer (31-26) au terme d’une rencontre en dents de scie. L’essentiel est malgré tout là : la France est en demi-finale -la 8e de suite dans une compétition majeure- et peut espérer désormais aller chercher un nouveau trophée. 

L'Espagne avait fait le travail

En battant l'Islande (32-24) lors du 2e match du 2e tour des Championnats du monde, les Espagnols s'étaient auparavant également ouvert les portes des demi-finales de la compétition planétaire. Ce succès contre les vice-champions olympiques en titre faisait également les affaires de la France qui n'avait plus qu'à s'imposer pour valider son ticket.

Face à l'Islande, il n'y a pas eu de match. En menant de dix buts (20-10) à la pause, les Espagnols ont non seulement broyé les espoirs islandais, mais ils ont en plus confirmé leur retour au premier plan de la hiérarchie mondiale. Après avoir contraint la France au nul lors du 1er tour de ce Mondial, les Ibères avaient déjà marqué les esprits, et pas seulement ceux des Experts. En dominant très nettement les vice-champions olympiques en titre, en bronze lors des Championnats d'Europe-2010, ils ont un peu plus affiché leurs ambitions.  Si le grand absent de ce dernier carré est la Croatie, éjectée de la course dimanche, une autre nation majeure manquera donc  à l'appel avec l'Islande, finaliste des Jeux de Pékin en 2008 et troisième de l'Euro-2010.

En revanche, l'Allemagne a pris une énorme claque. Il restait un infime espoir de qualification pour les demi-finales, en cas de double succès combiné à une double défaite de la France. Mais le premier obstacle a été trop élevé. Les Hongrois, auteurs d'un début de match tonitruant (4-1) puis d'un bon retour après un petit trou (4-7), avec un gardien de but intraitable, se sont imposés (27-25). Une victoire en forme d'exploit pour la Hongrie, et de cataclysme pour les Allemands, éjectés de la course hypothétique aux demi-finales, et surtout tributaires des autres résultats pour se rapprocher des qualifications aux prochains Jeux Olympiques.

Déclarations
Jérôme Fernandez (capitaine de l'équipe de France): "Au début du match, on est un peu tombé dans leur rythme, on a commencé à se dérégler. Heureusement qu'on a mieux défendu en début de deuxième mi-temps, ça nous a permis de creuser l'écart et ensuite, on a pu terminer le match sans trop se fatiguer. On a un gros trou d'air mais la Norvège a été euphorique à ce moment là. On a quand même joué notre jeu et fini par gagner le match de cinq buts. Demain (mardi) soir, on va essayer de ne pas jouer trop en dedans pour ne pas se blesser. Il faut aussi veiller à ne pas perdre notre rythme. Les deux jours qu'on aura, mercredi et jeudi, seront suffisants pour récupérer d'ici la demi-finale. Entre le Danemark et la Suède, je n'ai pas vraiment de préférence. La Suède serait peut-être un peu mieux car c'est une équipe moins constante que le Danemark. Mais bon, le Danemark nous réussit aussi, donc, peu importe."
Didier Dinart (joueur de l'équipe de France): "Le match contre l'Islande va être un match un peu particulier parce que ce sera un match pour rien du tout. Il doit nous servir à travailler ce qu'il reste à travailler. Il faut rester sérieux car, de mardi à vendredi, il y aura un gros trou d'air. Il faudra surtout faire en sorte de ne pas se blesser. Je n'ai pas de préférence entre le Danemark et la Suède comme adversaire en demi-finale. On pourrait presque choisir, mais ce n'est pas le but. Je me rappelle des Polonais qui avaient choisi de jouer contre l'Islande aux jeux Olympiques de Pékin et on a vu ce qui s'est passé."
Thierry Omeyer (gardien de l'équipe de France):
"On a assuré l'essentiel aujourd'hui, on est très contents d'être une nouvelle fois en demi-finales. Il faudra continuer à se concentrer sur notre jeu et continuer à faire de gros efforts défensifs, c'est la base de notre jeu. Quant à la demi-finale (face à la Suède ou le Danemark), c'est sûr qu'on va la jouer à l'extérieur."
Luc Abalo (ailier de l'équipe de France)
: "C'est sûr que les deux jours de  repos vont nous faire du bien. Ca va nous permettre de nous reposer vraiment  sérieusement. Ils vont nous aider à commencer la demi-finale avec la même  énergie qu'en début de compétition. Pour avoir un beau spectacle au final, il  faut des joueurs frais."