France Camille Ayglon tir Euro 2010
Camilel Ayglon | AFP - Attila Kisbenedek

Les Bleues se paient la Suède

Publié le , modifié le

L'équipe de France a réussi un bel exploit en battant la Suède (22-21) jusqu'alors invaincue, lors de son 2e match du Tour principal du championnat d'Europe dames mardi à Lillehammer. Engagées, déterminées, avec Amandine Leynaud exceptionnelle de réussite dans ses buts, les Bleues ont proposé une rencontre aboutie avec des changements d'options tactiques qui ont été payants. La qualification n'est plus possible mais on a retrouvé les Françaises..

Quand la défense va tout va. Les Françaises en ont donné la preuve en s'appuyant sur une organisation défensive très solide et une pugnacité à tout épreuve.Imprévisible équipe de France ! Moribondes il y a une semaine, les Bleues efficaces dans beaucoup de compartiment du jeu, capable de reprendre des ballons même sous la pression, tenant le rythme et la distance, et même si elles se sont parfois un peu égaré dans leurs précipitations, elles ont su faire déjouer la Suède  

Remontées comme des pendules, les Bleues n'entendaient pas se comporter en victimes expiatoires comme la situation pouvait le laisser croire après la dernière sortie des Suédoises, invaincues dans ce tournoi,  qui ont dominé les triple tenantes du titre norvégienne.
Avec une option défensive 2-4 choisie par Olivier Krumbholz pour entamer les débats,  les Françaises tenaient tête aux Suédoises, puisqu'elles menées que 2-0, sur deux pénaltys de Gulden,  après cinq minutes, avant que Cathy Piéjos ne débloque le compteur bleu. Entre temps, les Françaises s'étaient ouvert quelques brèches dans la défense suédoise mais sans parvenir à ajuster leurs shoots. Lorsqu'elles se mirent à trouver la mire, la situation devint plus intéressante pour les coéquipières de Goudjo qui trouvaient alors un rythme intéressant, en s'appuyant sur un jeu en pivot, en se montrant performantes sur les contre-attaques, en changeant régulièrement de système pour dérouter les Suédoises qui avaient le plus grand mal sur leurs attaques placées. Dans un match verrouillé où les occasions étaient rares, les Françaises tenaient le cap, avec une défense agressive qui provoquait des fautes de la part de Suédoises perturbées, prises plusieurs en flagrant délit de passages en force.
Autour de Gulden, les filles du nord tentaient de ne pas perdre le leur, mais elles se heurtaient à un bloc défense très solide, et derrière, lorsqu'il laissait une faille, à une Amandine Leynaud impériale dans ses cages. Les Françaises continuaient d'engranger prenant même une belle avance 8-4 après vingt minutes. Les Suédoises revenaient à une longueur, en profitant d'une infériorité numérique tricolore. Mais les Bleues ne faiblissaient pas pourtant, repartant de l'avant avec, comme un symbole, un pénalty stoppé par Leynaud. La fin de première était tendue avec des Suédoises subissant, qui durcissait le jeu. Wyberg récoltait un carton rouge pour une vilaine faute sur Nina Kanto.
Krumbholz faisait tourner pour ne pas trop griller ses cartouches.Et de façon plutôt inattendue, mais de façon logique au vu de la rencontre, la France atteignait la pause avec un avantage de deux buts 11-9. 

Leynaud en chef de file

Les belles intentions étaient là, mais la question en suspens concernait la capacité des Bleues à tenir physiquement la distance. Après un quart d'heure dans la deuxième période, elles étaient toujours en tête (16-15) mais semblaient être la recherche de leur second souffle alors que les Suédoises au contraire, devenaient plus agressives et prenaient plus d'impact dans le jeu. La fatigue commençait à se faire sentir, et plus que jamais les choix en matière de rotation devenaient importants. Surtout que les Françaises se mettaient davantage en danger, en perdant des ballons et ne parvenant plus à donner de la percussion à leurs offensives. Rejointes (17-17) à dix minutes du terme de la rencontre Elles donnaient l'impression de perdre mentalement le fil sur des choses pourtant simples. Pourtant, même si leur défense devenait un peu plus friable; elles n'étaient pas encore en position d'abdiquer. Rageuses, les Bleues faisaient preuve, avec leurs moyens et dans un état d'esprit irréprochable, d'une belle abnégation de nature à leur donner l'énergie qu'elles n'avaient plus trop dans les jambes. Très attentives sur des changements attaque-défense efficaces, elles reprenaient un peu d'air (20-17) puis 22-19, mais la tension restait vive, avec des Suédoises vexées d'être ainsi bousculées alors qu'elles envisageaient un sans-faute, et qui restaient dans le match (22-21) et des Françaises dans l'obligation de s'imposer. Dembele, Signate Kanto et les autres décrochaient énormément et faisaient tourner avec beaucoup d'envie. Le suspense était terrible dans le final. Les Bleues pliaient mais gardaient la tête hors de l'eau et arrachaient une victoire sur le fil 22-21.
Une victoire avec la manière et un superbe état d'esprit qui ne peut qu'aviver les regrets concernant les matches où les Françaises n'ont pas vraiment évolué à leur niveau. Cette-fois elles ont su se hisser à celui de l'adversaire et sans complexe, ont réussi à sortir une partie très engagée où elles ont été efficaces.
Pour ce qui concerne la suite de la compétition, la demi-finale n'est plus accessible après les victoires des Pays-Bas devant la Hongrie (27-19) et le carton de la Norvège face à l'Ukraine. Néanmoins, pour finir en beauté,  il va falloir maintenant battre l'Ukraine. Au pire, il faudrait tenter d'accrocher la 3e place pour faire le mieux possible dans les matches de classement (la 5e serait le meilleur objectif) pour se qualifier pour les Jeux olympiques. Enfin, chaque chose en son temps.Mais c'est la nouvelle marche à atteindre après cette victoire qui a déjà mis du baume au cœur.  

Déclarations

Olivier Krumbholz (entraîneur de l'équipe de France):"C'était un match engagé qu'on a maîtrisé jusqu'au bout. Les Suédoises sont revenues assez logiquement parce qu'on a péché sur la fin, avec plein de bobos plein de problèmes, une Camille (Ayglon) handicapée par des ampoules, on a pris des coups... Autour d'Amandine (Leynaud), il y a eu une bonne défense. On a su régler des problèmes défensifs au fur et à mesure et on a trouvé plus d'équilibre dans la prise de responsabilités en attaque où la plupart des arrières ont marqué, il y avait une belle complémentarité. C'est de bon augure. On a retrouvé une Claudine Mendy, on a enfin vu les très grandes qualités de Marie-Paule Gnabouyou. Demain (mercredi) sera un match différent avec une équipe différente tactiquement. Il faut absolument le gagner pour aller à la place 5-6. Il faut monter en charge."
      
Amélie Goudjo (capitaine de l'équipe de France):"Aujourd'hui on a montré notre image. C'était nous ! C'est une explosion de joie, on a senti tout le monde uni: sur le banc, dans le jeu... J'ai adoré ! A la fin du match je me suis dit "enfin ! Tout ça pour un moment de joie".Et ça fait plaisir. On a fait un match plutôt complet. Par rapport aux autres (matches) où on avait beaucoup de décalage sur les ailes, là les arrières ont pris leurs responsabilités, il y a eu des buts à l'intérieur. Surtout, la défense a été pas mal, les changements défensifs les ont perturbées. Personnellement, je me suis dit dans le couloir "elles sont trop en confiance", elles rigolaient pendant les hymnes. J'ai dit "il y a un coup à faire". J'attendais ce moment où on verrait la rage sortir sur le terrain."

Résultats et classements

Tour principal - Groupe 1
Espagne - Russie 30-22
Roumanie - Monténégro 23-21

Danemark - Croatie 31-19
1.Danemark 8 pts
2. Roumanie 6 pts
3.Monténégro 4 pts
4.Espagne  2
5. Russie
6.Croatie 2



Tour principal - Groupe 2
Suède - France 21-22
Ukraine - Norvège 19-32
Pays-Bas - Hongrie 27-19

1.Suède 6 pts
2.Norvège 6 pts
3.Pays-Bas 4 pts
4.France 4 pts
5.Hongrie 4 pts
6.Ukraine 0 pt