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Camille Ayglon | AFP - Attila Kisbenedek

Les Bleues sans trembler

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Les handballeuses françaises se sont imposées sans trembler (25-17) devant la Tunisie lors de leur 2e match du championnat du monde à Sao Paulo. Même si elles ont parfois fait preuve de fébrilité face à des Tunisiennes accrocheuses, les Bleues ont réussi en 2e période à imposer leur rythme et leur organisation collective. Elles affronteront le Brésil mardi pour un match déjà décisif pour la 1re place du groupe C.

Ce succès, après celui obtenu samedi face au Japon (41-22), permet aux  vice-championnes du monde de rester sur une bonne dynamique même si elles ont été beaucoup moins performantes dans le secteur offensif.  Très efficaces défensivement et sur jeu rapide, leur traditionnel point  fort, les Bleues ont pu constater qu'elles devaient encore progresser sur jeu  placé et se montrer plus réalistes en attaque.

Certes, les filles d'Olivier Krumbholz n'ont sans doute pas livré la copie parfaite, loin de là, butant souvent sur une zone tunisienne offrant une solide résistance. Comme au Tournoi de Paris, où la France avait forgé sa victoire après la pause, la Tunisie, emmenée par sa remarquable demi-centre Mouna  Chebbah a longtemps tenu tête aux Bleues, en difficulté sur jeu placé et en  échec aux tirs. Le collectif tricolore a toussoté durant les trente premières minutes. La France a d'abord pris l'ascendant grâce à une défense irréprochable, qui lui a  permis de lancer sur orbite sa fusée Siraba Dembélé (7-2, 14e), avec un jeu le  plus souvent à une passe. Mais les Tunisiennes, pourtant malheureuses aux tirs, puisqu'elles ont  plusieurs fois touché les montants d'Amandine Leynaud, ne s'en sont pas laissé  compter et ont commencé à trouver des solutions en attaque, notamment par la  jeune (19 ans) arrière gauche Maroua Dhaouadi.

La Tunisie a surtout continué à défendre avec acharnement. Agacées, les Françaises ont commencé à perdre patience en attaque (8-7, 19e) et à venir  régulièrement buter sur l'excellente gardienne Echraf Abdallah (10 arrêts à la  pause, à 45% de réussite).  Les Bleues ont multiplié les approximations et ne comptaient qu'un maigre avantage à la mi-temps.

Les Bleues à l'usure

Toutefois, malgré ce déchet dans leur jeu, jamais elles n'ont paru vraiment en danger. Trois arrêts successifs de Cléopâtre Darleux, entrée à la place de Leynaud, et immédiatement concrétisés en contre par Deroin et Dembélé, ont donné un peu  d'air à la France (15-9, 33e). Plus agressives en défense, les Bleues ont accrû  leur avance (18-12, 39e).  Mais, comme en première période, les Tunisiennes se sont accrochées. Avant de perdre leur impact défensif et de baisser d'intensité physique, permettant aux Bleues de desserrer enfin l'étau et de s'imposer sur une marge plutôt confortable.

Les vice-championnes du monde ont rempli leur contrat et l'essentiel est bien là dans la perspective de la qualification pour le deuxième tour. Mais le grand chantier mis en place depuis le début d'année par le sélectionneur Olivier Krumbholz, son équipe ayant bâti ses succès passés sur la défense et le  jeu de transition, n'est manifestement pas encore achevé.

Déclarations

Olivier Krumbholz (entraîneur de  l'équipe de France): "On a gagné, c'est l'essentiel. On a moins bien joué que contre le Japon. On n'a jamais réussi à faire un écart suffisant pour se décontracter. Mais les joueuses sont restées sérieuses et elles ont fait la différence sur la fin. C'est vrai, on a été mauvais en attaque placée. On a  manqué de vitesse, on n'a pas été bon dans le maniement du ballon, dans les passes. Mais les Tunisiennes sont expérimentées. Collectivement, elles sont  moins complètes que nous, mais elles ont d'excellentes joueuses. Les équipes  les plus solides se doivent de gagner, quelles que soient les circonstances. On  sait qu'on aura des matches encore plus difficiles. Demain, ce sera un autre  match."

Audrey Deroin (ailière droite de l'équipe de France): "Jusqu'à présent, ça va bien. Les gros commencent à arriver. On ne peut pas être tout le temps à 100% et ce match était un peu bizarre. L'important c'est d'avoir gagné. Le jeu était porté aux ailes, parce que la défense tunisienne est très resserrée. Prendre moins de vingt buts, c'est très bien, même si je pense qu'on aurait pu  en prendre encore moins. Au premier match, rien de ce que je faisais n'allait. J'en ai discuté avec les entraîneurs et je me suis dit que ce n'était pas le  moment de me miner la tête. Ça fait trois ans que je suis en équipe de France,  je sais comment Olivier Krumbholz fonctionne"..

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