Mariama Signate équipe de France féminine VS Pays-Bas Euro 2010
Mariama Signate à l'assaut du but néerlandais | AFP - ATTILA KISBENEDEK

Les Bleues peuvent encore y croire

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Les Françaises ont battu les Pays-Bas (23-21), dimanche, lors de leur premier match du deuxième tour et gardent ainsi un espoir de participer au tour suivant de ce Championnat d'Europe. Dans cette optique, elles devront encore affronter la Suède mardi prochain, puis l'Ukraine le lendemain.

Après un premier tour assez décevant (2 défaites, 1 victoire), l'équipe de France féminine de handball a obtenu une précieuse victoire pour son premier match du 2e tour des championnats d'Europe. Les joueuses d'Olivier Krumbholz se faisaient toutefois une petite frayeur. En tête 17 à 12, elles connaissaient une baisse de régime dans la seconde période et assistaient, impuissantes, à la remontée des Néerlandaises. A une minutes du coup de sifflet final, les deux formations étaient dos-à-dos (21-21). C'est finalement Angélique Spincer, remplaçante de Sophie Herbrecht, qui offrait la victoire à son équipe sur deux pénalties (23-21).

En progression par rapport à leurs dernières sorties, les Bleues avaient posé en première mi-temps les fondations de ce deuxième succès d'affilée avec une défense solide et une Amandine Leynaud (52% d'arrêts en première mi-temps, 48% au final) qui mettaient en échec l'attaque néerlandaise et notammment Laura  van der Heijden (1 but, à 50%) qui figurait parmi les dix meilleures marqueuses  à la fin du tour préliminaire. Mais les approximations dans les transmissions et les déplacements permettaient aux Néerlandaises de rester au contact. Et de se montrer menaçantes jusqu'à la fin, les Bleues manquant plusieurs occasions de tuer le match.

Si cette courte victoire leur permet encore de rêver aux demi-finales, les Françaises vont devoir confirmer, la semaine prochaine, face à la Suède et à l'Ukraine.

La Suède renverse les Norvégiennes

Les handballeuses de la Suède ont créé la surprise de la journée de dimanche au tour principal de l'Euro en malmenant (24-19) les triple tenantes du titre norvégiennes, championnes olympiques et grandes favorites à leur succession. Les Suédoises, seules en tête du groupe 2, rencontrent la France mardi. Les Norvégiennes joueront contre l'Ukraine. Dans ce duel scandinave entre deux des trois nations encore invaincues (avec le Danemark), les Suédoises ont mené du début à la fin de la rencontre. Après un 3-0 inaugural à l'initiative de Linnea Torstenson (7 buts) et Isabelle Gullen (3), elles ont parfaitement maîtrisé leurs adversaires, faisant déjouer notamment la base arrière avec Gro Hammerseng (2 sur 4), Tonje Larsen (1 sur 7) ou Tonje Nostvold (1 sur 5). Seulement 43% des tirs norvégiens sont allés au fond des filets.

Le duel des gardiennes a tourné à l'avantage de la Suédoise Cecilia Grubbstrom. Derrière un bloc défensif compact, elle a brillé (14 arrêts sur 33 tirs) quand la meilleure gardienne du tournoi Katrine Lunde Haraldsen, qui tournait à une moyenne de 55% d'arrêts, se faisait régulièrement surprendre, notamment par l'ailière Annika Wiel Freden (6 sur 7). Haraldsen (7 arrêts) a été remplacée à la mi-temps par Grimsbo sans plus de succès. Les Suédoises, qui comptaient sept buts d'avance à la mi-temps (13-6), ont porté l'écart jusqu'à neuf buts (17-8, 39e). Les Norvégiennes n'ont pu revenir qu'à quatre longueurs (22-18, 57e), sous le regard incrédule du public du Hakons Hall.

Réactions

Olivier Krumbholz, (entraîneur de l'équipe de France): "On est toujours en vie mais ça reste laborieux. On se met en danger alors qu'on doit maîtriser, on a été fébriles. L'adversaire le sent et s'accroche, mais on a été courageux. J'espère qu'on subira moins la pression devant la Suède. C'est le bon moment pour se lâcher. Je suis déçu de la qualité de ce qu'on a produit, on avait la mainmise physique sur cette équipe. Quand on jouait notre défense, on les maîtrisait. Et puis on n'a pas concrétisé, on a rendu des ballons bêtement. On a vu un bon match de joueuses comme Siraba Dembalé, Amandine Leynaud et Camille Ayglon, c'est de bon augure. J'espère qu'on sera mieux physiquement. Lâchez-vous mesdemoiselles, parce que vous ne serez pas favorites dans deux jours."

Siraba Dembélé, (ailière de l'équipe de France): "On est contente. On fait encore des bêtises, des pertes de balle qu'on perd sur des +bouffonneries+... On doit rayer ça. Il y a du positif. En attaque, c'était un peu plus fluide, on a pris des tirs moins vite. En défense, c'était nettement mieux, on a mis du volume, de l'agressivité. Quand elles sont revenues on aurait pu paniquer, on a réussi à gérer ces phases. On a progressé dans tous les secteurs, on peut encore faire largement mieux. On est encore là !"

Audrey Deroin, (ailière de l'équipe de France): "Ca fait plaisir. Je crois que l'équipe de France n'aime pas mener au score, on s'est fait remonter histoire de garder le suspense (sourire). De toute façon on n'avait pas le choix. Il nous faut gagner tous nos matches."

Angélique Spincer, (arrière de l'équipe de France): "On m'avait prévenu que si Alex (Lacrabère) manquait un penalty, je rentrerai. Je ne me suis pas posée de questions. Sur les deux derniers, j'ai la boule au ventre. Je me dis +Si tu loupes, on peut perdre le match+. J'ai tout mis en oeuvre dans ma tête et dans ma façon de tirer pour ne pas les louper."

Isabelle Trancoën