Les Bleues en demie, tout sauf une surprise

Les Bleues en demie, tout sauf une surprise

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Vice-championnes du monde en titre, les Françaises réalisent un parcours à la hauteur du niveau du jeu affiché depuis deux ans. La performance contre la Russie (25-23) dans la revanche de la finale de 2009 a validé le travail en amont réalisé depuis plusieurs mois. Fortes dans les têtes, fortes dans les jambes, les filles d'Olivier Krumbholz forment un collectif complet et expérimenté. Un nouveau titre mondial, huit ans après celui de 2003, n'est plus utopique.

Pour un groupe qui n’a connu que 3 défaites lors de ses 26 dernières rencontres (deux contre l’Allemagne et la Russie en World Cup en septembre, une conte le Brésil en match de poule) et qui n'a cessé de monter en puissance sortie après sortie, la victoire face aux championnes du monde russes n'est qu'une étape qui doit les emmener encore plus haut. "Il y a beaucoup de différences avec l'équipe de 2003. Celle-ci est plus jeune, plus forte physiquement. Et il y a beaucoup plus de concurrence aujourd'hui, toutes les grandes nations sont présentes. Je pense que cette équipe est plus forte que celle de 2003", a résumé le sélectionneur Olivier Krumbholz à la tête des Bleues depuis 14 ans.

La tête et les jambes

Leur succès sur la Russie, les Françaises l'ont construit sur une défense en acier trempé, avec en son cœur la meneuse Allison Pineau, désignée meilleure joueuse du match. Avec de "la rage", de "l'envie", du "courage", de l'"engouement", du "peps", elles ont aussi démontré une force mentale que certains leur avaient, à tort, déniée. "C'est venu des tripes, c'est venu du cœur", résumait, euphorique, Nina Kamto, la pivot française, et aussi des défaites, celles en quart de finale de JO 2008, en finale des mondiaux 2009 ou à l'Euro 2010 qui ont privé les Françaises d'un podium. Elles ont franchi un cap en matière d'engagement et d'agressivité. "Certaines personnes pensaient qu'en 2003, elles avaient un mental extraordinaire. Mais ces derniers jours, ces joueuses ont prouvé qu'elles avaient un mental aussi fort qu'en 2003", remarquait l'entraîneur Olivier Krumbholz.

Décomplexées et libérées, les Françaises ont acquis une confiance indéfectible dans leur moyens physiques grâce à une préparation physique intensive. "On a commencé à hésiter un peu, mais la préparation physique a encore fait son effet. Parce que ça fait plusieurs matches qu'on arrive à gagner grâce à notre condition physique. Soulever de la fonte et courir sur la piste, ça a payé", a dit Kamto. Dans le défi physique, les Françaises surclassent les meilleures, comme les Russes, pourtant réputées pour leur puissance.

Un collectif complet

La défense oppressante de la France a été la clé de voûte de son succès. Une défense admirable, qui allait même jusqu'à étonner les principales intéressées. "Je n'ai jamais vu notre défense aussi agressive pendant tout un match", a apprécié Paule Baudouin, intenable sur son aile gauche. Une telle maîtrise est l’apanage d’un collectif qui fonctionne à plein régime car elle nécessite une implication totale de toutes les joueuses. Malgré le jus laissé en défense, les Bleues ont été efficace au tir, leur point faible. Pineau à la baguette (6 passes décisives, mais 2 sur 9 au tir), désigné meilleure joueuse du monde en 2009 à seulement 20 ans, et Alexandra Lacrabère (5 sur 13) ont porté l’attaque française.

Bref, le collectif fonctionne a merveille et chacun est à sa (meilleure) place et tient son rôle à 100%. "Il y a des gens qui sont leaders. On n'a pas besoin de citer les noms. Chacun sait ce qu'il a à faire. Il y a en a qui ont un rôle précis et d'autres qui sont là pour mener l'équipe. Je tiens à souligner la performance défensive de l'équipe", a dit la demi-centre Pineau.

Invaincues en demi-finale

Avec l'étiquette de favorite dans le dos, les Françaises seront confrontées vendredi en demi-finale au Danemark, qui revient à ce stade de la compétition pour la première fois depuis 2005, après avoir écarté l'Angola (28-23). Mêmes privées de sept de leur joueuse clés, les Danoises seront un obstacle difficile à passer car elles ne réussissent pas aux Françaises: 30 défaites en 45 rencontres. La dernière victoire en compétition des Bleus sur les Nordiques remonte à l'Euro 2006 en Suède (24-20). Un autre temps.

D'autres chiffres rassureront les Bleues. 0 comme le nombre de défaites d'une équipe de France en trois demi-finales d'un mondial: en 1999 (contre la Roumanie), en 2003 (contre l'Ukraine) et en 2009 (contre l'Espagne). Ce groupe jeune (26 ans moyenne d’âge) et expérimenté sait que cette demi-finale n'est qu'une étape de plus vers le titre. "Là on doit aller au bout, on ne peut pas s'arrêter avant la finale", a rappelé le pivot Nina Kamto. Plus personne ne sera surpris.

Mathieu Baratas