Nina Kamto Njitam France Norvège Mondial 122010
La Française Nina Kamto Njitam stoppée | AFP - ATTILA KISBENEDEK

Les Bleues débutent mal

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L'équipe de France féminine a bien mal débuté le championnat d'Europe, lourdement battue (33-22) lors de son premier match, par la Norvège qui jouait à domicile. Les Françaises ont connu une 1re période délicate, où leur défense a été mise à mal. Maladroites dans le dernier geste, elles ont été prises de vitesse par des Norvégiennes efficaces dans les contre-attaques, et qui ont ainsi conforté leur statut de favorites.

On savait que les Françaises, qui avaient perdu leurs trois matches de préparation, n'abordaient pas ce championnat d'Europe dans des conditions mentales très favorables. Néanmoins, on pensait que ce nouveau groupe pouvait être capable de trouver des ressources pour tenir la dragée haute aux championnes olympiques, lesquelles affichaient une certaine sérénité pour cette compétition qu'elles allaient jouer à la maison. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les Norvégiennes ont parfaitement su négocier la transition depuis les derniers JO, alors que pour les Françaises, la rencontre a vraiment semblé très longue. Dans le Hakons Hall de Lillehammer, qui avait vu les Norvégiennes sacrées championnes du monde 1999 face aux Françaises, les Bleues n'ont rien pu faire.

Débordées par le rythme de leurs adversaires, bousculées en défense, l'habituel point fort français qui n'a pas perturbé le jeu des Norvégiennes, et qui plus est peu inspirées sur leurs attaques placées, les Françaises ont pris une leçon tactique durant la première période au cours de laquelle elles ont le plus grand mal à trouver des positions de tirs favorables. Verrouillées dans l'axe par une zone norvégienne hermétique, elles se sont souvent emmêlées les pinceaux. Les Bleues ont balbutié leur jeu d'attaque avec des transmissions de balle approximatives et une relation pivot - base arrière coupée par la défense norvégienne. Elles ont surtout buté sur une Katrine Lunde Haraldsen magistrale dans ses buts (17 arrêts sur 39). A contrario, Amandine Leynaud (13 arrêts sur 35 tirs, et 3 arrêts sur 14 tirs pour Cléopâtre Darleux) connaissait bien des  difficultés à anticiper, et comptait les buts au fond de ses filets au cours d'une première période difficile à gérer (19-10 à la pause !).     

Au retour des vestiaires, les filles d'Olivier Krumbholz trouvaient enfin des solutions, avec notamment Cathy¨Piejos et Audrey Deroin, mais elles devaient faire beaucoup d'efforts pour réduire le score, d'un ou deux buts, et perdaient ensuite dans la foulée tous les fruits de leurss efforts sur un nombre incalculable de ballons perdus, dont se délectaient les puissantes attaquantes norvégiennes Rigelhutu, Löke et Mök avec à la baguette l'inusable Grö Hammerseng, bien soutenu par une ligne arrière très agressive.

Du côté des Françaises, après un retour à moins 6, on perdait un peu pied.sur deux buts improbables, deux ballons repoussés par la gardienne tricolore et qui retombaient dans les mains des joueuses norvégiennes qui ne se privaient pas de marquer. De nouveau distancées, dominées le jeu tout terrain, et friables en défense, les Bleues avaient alors bien du mal à rester dans le rythme; voire même à rester dans le match. Elles semblaient parfois hors concentration sur des ballons égarés en route, et devaient finalement baisser pavillon avec onze points de débours au compteur.

Pour espérer aller un peu plus loin dans cette compétition, elles devront battre successivement la Hongrie  et la Slovénie, ce qui reste a priori à leur porté, à condition de montrer un peu plus de détermination, de faire preuve d'une plus grande rigueur en défense, et d'une plus grand application devant le but. Les anciennes, pour le moins timides contre la Norvège, devront montrer la voie. Sous peine de voir les vice-championnes du monde rentrer de bonne heure à Paris.

REACTIONS 

Olivier Krumbholz (entraîneur de l'équipe de France): "C'est un match décevant, on est passé au travers. On avait fait des choix tactiques défensifs différents de ce qu'on avait l'habitude de faire, on n'a pas su les mettre en oeuvre complètement. Quand tout s'est joué, dans le deuxième quart d'heure de la première mi-temps, on a été catastrophique.
Aujourd'hui (mardi) on était pas capables de les battre mais c'est décevant d'avoir été aussi loin d'elles. Il y a trop de joueuses théoriquement titulaires qui sont passées à travers. Les meilleures, c'étaient les jeunes. Demain (mercredi contre la Hongrie) sera un match encore plus important. Il faut se reprendre, on va revenir sur des bases défensives. Si on veut faire quelque chose de bien dans cet Euro, il faudra impérativement gagner demain. Ce ne sera pas le même jeu, pas le match. Ce sera plus tendu, plus dur."

Amélie Goudjo (pivot de l'équipe de France): "On n'a pas bien joué ce soir. On n'a pas su se libérer. Les Norvégiennes ont dominé dans tous les secteurs de jeu. On savait que ce serait difficile. On n'a pas su jouer avec nos armes. On va se remobiliser pour la Hongrie pour rebondir rapidement." 

Allison Pineau (demi-centre de l'équipe de France): "Les Norvégiennes étaient largement au-dessus de nous. On a essayé de faire quelque chose tactiquement, on l'a pas respecté à 100%. L'écart est creusé à la pause. A la sortie du vestiaire on avait envie, on pensait toutes au goal average qui est important. On voulait montrer autre chose, on n'a pas réussi. Je pense qu'on a manqué d'agressivité. Le match capital c'est demain (mercredi contre la Hongrie). Personnellement, ce n'était pas facile, elles étaient toujours deux sur moi. J'ai essayé de jouer pour les autres."

Les résultats de la journée

Groupe A
Espagne - Roumanie 26-30
Danemark - Serbie   25-20

Groupe B
Monténégro - Russie 24-22
Croatie - Islande 35-25

Groupe C
Allemagne - Suède 25-27
Ukraine - Pays-Bas 13-25

Groupe D
Hongrie - Slovénie 28-19
Norvège - France 33-22