Arnaud Bingo
Arnaud Bingo (à gauche) | AFP - OLIVIER LABAN-MATTEI

Le jackpot de Bingo

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Seulement 21e homme il y a huit jours, Arnaud Bingo a tiré le gros lot lundi en intégrant les seize handballeurs français qui iront défendre leur titre mondial en Suède à partir de jeudi. Il était arrivé sur la pointe des pieds au court stage de Capbreton le 2 janvier, appelé "une semaine après tout le monde" par le sélectionneur Claude Onesta, soucieux de renforcer les ailes de son équipe vu l'état de santé de Michaël Guigou.

Et voilà l'ailier rasta de 23 ans en salle d'embarquement pour la Suède, "content, heureux et tout" même s'il n'oublie pas qu'il doit sa sélection en partie au forfait de Sébastien Ostertag, son coéquipier à Tremblay-en-France.
"C'est un pote, il passe un moment difficile, je vais jouer à 200% en pensant à lui", dit Bingo qui entend "saisir sa chance" au sein d'une équipe multi-médaillée qu'il admirait à la télévision il y a encore peu.
"La première fois que j'ai joué avec eux j'ai dit 'waouw'. Tu les vois à la télé, ils gagnent tout et d'un coup tu te retrouves avec eux. Ca fait un peu bizarre mais après t'oublies, il le faut, sinon tu ne t'en sors pas", raconte celui qui a fêté sa première sélection le 28 octobre dernier contre la Tunisie.
Il en a connu trois autres depuis, dont deux au tournoi de Bercy ce week-end devant 14.000 spectateurs, un souvenir à vie pour cet athlète élancé (1,90 m pour 80 kg), dont la maman, Denise Ouabangi, a participé au 400 m des jeux Olympiques d'Atlanta en 1996 sous les couleurs de la Centrafrique.

Lui a rapidement préféré le handball, débutant à Vaulx-en-Velin, passant par Villefranche et Villeurbanne avant d'éclore à Tremblay dont l'entraîneur Stéphane Imbratta loue ses qualités d'écoute et d'engagement. A 23 ans, il en est déjà à sa septième saison en première division. Il sait que le niveau mondial est encore un cran au-dessus. "Je découvre tout, c'est vraiment le très très haut niveau, ça change des matches en club", dit-il.
Mais ses qualités explosives et son profil spectaculaire n'attendent qu'à éclater au grand jour. Onesta le compare à Luc Abalo, l'homme élastique des Bleus et référence mondiale à son poste avec, selon le sélectionneur, cette capacité à "nous émerveiller par moments et de nous angoisser à d'autres". Bingo, lui, ne part "pas en Suède pour réinventer le handball mais pour faire ce qu'il sait faire. Plutôt discret, respectueux, il a hâte d'y être. Comme il était impatient d'annoncer sa sélection pour le Mondial sur son site internet (www.arnaudbingo.com) avant même qu'elle ne soit officielle.; "J'ai toujours rêvé de jouer en équipe de France, ça devrait être le but de tout le monde, plaide-t-il. J'ai la chance d'être là, avec ces joueurs, pratiquement tous les meilleurs du monde à leur poste, je ne vais rien lâcher."

AFP