Handball: Guillaume Gille, entraîneur SDF, Sans Date Fixe

Publié le , modifié le

Auteur·e : Manu Roux
Guillaume Gille
Le sélectionneur de l'équipe de France Guillaume Gille | FFHB

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Le TQO initialement prévu en avril 2020? Reporté à mars 2021. Le barrage aller-retour du Mondial face à la Macédoine du Nord en juin? Annulé. Les deux matches de qualification pour l’Euro 2022 qui devaient se tenir cette semaine contre la Belgique et la Grèce? Reportés à leur tour... Nommé entraîneur de l’équipe de France le 28 janvier dernier en remplacement de Didier Dinart, Guillaume Gille n’a pas encore été en mesure de diriger les Bleus pendant un match. Une situation inédite.

Cette fois, on y a cru presque jusqu’au bout. Et tout était prévu. La Fédération française de handball avait bien fait les choses. Un premier match officiel contre la Belgique à Chambéry, terre d’adoption de la fratrie Gille, là où les trois frères devenus handballeurs professionnels Bertrand, Guillaume et Benjamin ont commencé et terminé leur carrière: l’initiative rappelait Fabien Galthié enfilant pour la première fois son survêt de sélectionneur du XV de France à Montgesty dans le Lot, où il a passé son enfance, à l’occasion d’une conférence de presse mémorable. Mais les nuages se sont amoncelés très vite lors de l’emballage final ces quinze derniers jours: la Savoie qui passe à son tour en zone d’alerte maximale, les Belges qui demandent le report du match faute de pouvoir s’entraîner depuis un mois et patatras...Voilà les débuts de Guillaume Gille à la tête de l’équipe de France différés une nouvelle fois...Pendant combien de temps encore ?

UN STAGE, FAUTE DE MATCH...

Adieu Chambéry et retour à Paris. Enfin pas loin, juste à côté, à Créteil. Depuis lundi et jusqu’à samedi, les Bleus sont réunis dans leur Clairefontaine à eux, la Maison du handball. Même sans match au programme, le rassemblement a été maintenu pour occuper cette semaine internationale, finalement très locale. C’est la première fois que les joueurs (et une partie du staff déjà présente) se retrouvent entre eux après le débriefing très tendu au retour de l’Euro 2020 (terminé à une piteuse 14e place) qui avait abouti au renvoi de Didier Dinart quelques jours plus tard. Un rassemblement sans Nikola Karabatic, récemment opéré du genou droit, et plusieurs autres joueurs, blessés ou touchés par le Covid-19 mais l’essentiel était de relancer la culture bleu, blanc, rouge laissée en jachère depuis neuf mois.

"L’équipe de France répond de nouveau, montre des signes de vie", se félicite Guillaume Gille, seul pilote de la patrouille de France durant ce stage puisque son adjoint Erick Mathé a du déclarer forfait, atteint lui aussi par le Covid-19. "Il y a de la sueur, de l’échange, du partage et des ballons qui retombent à nouveau dans les filets" poursuit le nouvel entraîneur des Bleus, soulagé. "La première réussite de ce regroupement, c’est qu’il existe. On est toujours dans la brume mais on a attaqué la pente." Faute de matches officiels, de chabalas et de roucoulettes, la seule action décisive de la semaine aura été la transmission du brassard de capitaine de Cédric Sorhaindo à Michaël Guigou en conférence de presse dans un auditorium vide. Pour le spectacle, il faudra encore attendre un peu. Jusqu’à quand ?

INCERTITUDES CONCERNANT LE MONDIAL ET LES JEUX

En théorie, le premier match des Bleus version Guillaume Gille aura lieu le 5 janvier. Ou le 6. La date (et le lieu) de Serbie/France en qualifications de l’Euro 2022 n’ayant pas encore été arrêtée. Après une double confrontation face aux Serbes, les vice-champions olympiques de Rio devraient normalement enchaîner avec le Mondial 2021 en Égypte à partir du 14 janvier. Mais l’incertitude quant à la tenue de cet événement planétaire est grandissante. En raison du Covid bien sûr, qui perturbe les rassemblements et les déplacements des équipes nationales, mais aussi de rumeurs de fronde lancée par plusieurs grands clubs européens pour tenter de faire annuler ce Mondial afin de protéger leurs joueurs. Ce qui fait presque bondir de sa chaise Guillaume Gille en conférence de presse. "Je reste fermement attaché au fait que le handball international doit continuer à vivre. Que les clubs, qui sont les premiers employeurs des joueurs, aient envie d’avoir des garanties, ça je peux l’entendre mais que certains pensent que nous allons surmonter cette crise en se recentrant chacun sur ses propres intérêts me semble être un très mauvais calcul."

Le brouillard ne s’est pas dissipé non plus autour des JO, reprogrammés du 23 juillet au 8 août 2021. Pas plus tard que cette semaine, le journal "Le Monde" faisait état de rumeurs persistantes d’annulation répercutées par plusieurs médias japonais. Là encore, Guillaume Gille tente de faire bonne figure. "On peut avoir peur de tout et aussi quand on a dit ça, arrêter d’avoir peur et se préparer à tous les scénarios possibles. Oui, il y a de l’incertitude concernant la tenue du Mondial en janvier et des JO l’été prochain. Mais alors qu’est-ce qu’on fait ? On arrête de travailler, on raccroche les baskets et tout le monde reste chez soi ? Non. On continue à se préparer pour ces échéances en se disant qu’elles vont arriver et avoir lieu. Donc il faut être prêt pour ces rendez-vous." L’annulation des JO entraînerait de facto celle du TQO prévu pour l’heure mi-mars à Montpellier. Dans le pire des scénarios possibles, Guillaume Gille devrait alors encore patienter avant d’étrenner son nouveau polo d’entraîneur en chef. Et rester encore quelque temps sélectionneur SDF: Sans Date Fixe.

Manu Roux ManuRouxJO