Camille Ayglon
Camille Ayglon, sujet d'inquiétude : l'arrière droite nîmoise n'est pas au top de sa forme avant le Mondial. | Andrej Isakovic - AFP

Les handballeuses françaises en quête d'exploit au Danemark

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Du 5 au 20 décembre prochains, l'équipe de France féminine participera au Championnat du monde, avec l'ambition d'aller le plus haut possible. Les joueuses d'Alain Portes devront d'abord batailler, au premier tour, contre l'Allemagne, la Corée du Sud, l'Argentine, la RD Congo et le terrible Brésil, tenant du titre. L'optimisme règne quand même, après les derniers matches de préparation, malgré aussi quelques bobos dans le groupe. Gros bémol : seul le vainqueur sera directement qualifié pour les JO de Rio !

Un dos bloqué et c'est l'inquiétude qui transpire. Lors du stage de préparation, Camille Ayglon s'est sévèrement coincée les lombaires, au point de mettre le staff médical des Bleues et le sélectionneur, Alain Portes, en émoi. Verdict : hernie discale pour l'Avignonnaise qui, malgré tout, sera bien présente avec ses partenaires en Scandinavie. Pour pallier ce pépin de dernière minute, le patron tricolore avait rappelé illico deux joueuses : Nina Kanto, pourtant récemment opérée d'un ménisque, et Barbara Moretto. "Car, pour remplacer Camille le cas échéant, il faut deux joueuses, une défenseuse et une gauchère !", a admis Alain Portes. Malgré ce coup du sort, les Françaises ont réussi de bons matches de préparation fin novembre, avec un succès à Roanne contre la Roumanie (29-27), pour deux démonstrations au Tournoi Razel-Bec, face à Cuba (37-18) puis la République tchèque (31-20).

Versée dans le groupe C et amenée a disputer son premier tour à Kolding, dans le sud du Danemark, l'équipe de France enchaînera, dès samedi, avec un programme appétissant, en affrontant successivement l'Allemagne (le 5 décembre), la Corée du Sud (le 7), l'Argentine (le 8), la RD Congo (le 10) et le meilleur pour la fin, le Brésil (le 11), champion du monde en titre. Sacré défi pour les Bleues ! Dans ce groupe de six, il sera impératif de terminer dans les quatre premiers pour atteindre le tableau final et envisager, en huitièmes de finale, de se coltiner la Norvège, l'Espagne, la Russie ou la Roumanie. "J'ai vu avec fierté que, lors du tirage, les ex-stars danoises, chargées de jouer les mains innocentes, souhaitaient que leur équipe évite la France... C'est flatteur, mais nous savons désormais que nous sommes à la fois attendus et étudiés par nos adversaires !", analysait le sélectionneur.

Un seul ticket pour Rio !

Avec une assise défensive qui tient le choc ces derniers temps, Alain Portes concentre désormais tous ses efforts pour que l'attaque réponde présent. A défaut de proposer un jeu physique, les Bleues la joueront malin. Car, devant, ça flotte parfois. Ce que reconnaît aisément le technicien biterrois : "Nous n'avons pas une grosse puissance. L'équipe de France présente pourtant le jeu d'attaque le plus varié sur l'échiquier mondial. Mais, entre tout faire et tout bien maîtriser, parfois, il y a du moins bien..." Doux euphémisme. Pour muscler l'ensemble, le patron tricolore a rappelé dernièrement la demi-centre Grâce Zaadi (Metz) et la pivot Laurisa Landre (Universitatea Craiova, Roumanie).

Le challenge qui attend les Françaises est énorme puisque, même avec un parcours honorable au Danemark, la qualification pour les Jeux de Rio sera loin d'être acquise. En effet, seul le vainqueur de ce Mondial décrochera directement son ticket pour les JO ! Pourtant championnes du monde en 2003 et vice-championnes en 1999 et 2009, les Bleues, à moins d'un exploit retentissant et une médaille d'or décrochée, se font déjà à l'idée de participer, en mars prochain, à l'un des trois Tournois de Qualification Olympique (les fameux TQO !) pour accrocher les six derniers sésames. Une vraie course à obstacles, dont le volley et le basket sont aussi friands.

Nicolas Gettliffe