Nikola Karabatic face à Michael Haass lors de France-Allemagne
Nikola Karabatic face à Michael Haass lors de France-Allemagne | LLUIS GENE / AFP

Les Experts victimes de la rigueur allemande

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L'équipe de France s'est inclinée contre l'Allemagne (32-30) lors de son dernier match de groupe au Mondial, au Palau St-Jordi de Barcelone. Les hommes de Claude Onesta, deuxièmes du groupe A, disputeront les huitièmes de finale contre l'Islande mardi mais ils ne sont pas au mieux avant ces matches couperets.

L'Allemagne n'avait plus battu la France depuis 2007 et une fameuse demi-finale restée en travers de la gorge des Français. Mais cette 20e victoire allemande face aux Bleus (pour 23 défaites et 6 nuls) ne doit rien au hasard. Dans l'agressivité, dans l'envie, les Experts ont été dépassés même s'ils n'ont abdiqué qu'à l'ultime minute.

Les Français ont souvent souffert en défense lors d'une première période assez chaude, avec beaucoup de contacts (4 exclusions temporaires pour les Allemands notamment). Thierry Omeyer, guère dans un bon jour, ne réalisait que deux arrêts durant ces 30 minutes initiales. Heureusement, Nikola Karabatic veillait au grain (à 5 sur 6 aux tirs), maintenant la France à flot en marquant quelques buts importants (pour passer devant à 6-5, ou donner deux buts d'avance à 14-12).

Avec son compère de Montpellier Mickaël Guigou, il permettait aux Bleus de résister à la force de frappe allemande, assez efficace (16-16 à la pause). Tout restait à faire dans cette rencontre très propre et de bonne facture, notamment pour des Tricolores qui n'avaient jusque-là pas affronté d'adversaire à leur taille (même si la Tunisie n'avait perdu que de trois buts contre les Champions Olympiques).

Entame de seconde période catastrophique

D'entrée de second acte, sous l'impulsion du précieux ailier Klein (3 buts), les Allemands prenaient leurs distances (19-16). Abalo réduisait l'écart et Honrubia y allait aussi de son but. Karaboué, dans la cage, ne faisait pas beaucoup mieux que "Titi" Omeyer. Sébastien Bosquet permettait aux Bleus de recoller à 21-21. Le match gagnait en intensité. Mais l'Allemagne attaquait mieux et se détachait irrésistiblement (26-22). Onesta faisait alors rentrer William Accambray, le "joker" des Bleus. Il se distinguait d'entrée et la France revenait à deux buts (25-27). Juste derrière, malheureusement, Karabatic écopait de deux minutes dehors pour une défense illicite. Suivi de Haasss pour une faute sur Daniel Narcisse.

Les deux bancs de touche commençaient sérieusement à s'échauffer tandis que le gardien Heinevetter se mettait en évidence (10 arrêts en tout). Suite à un but d'Honrubia, les Experts espéraient de nouveau (26-28). Ils revenaient à un but sur un penalty de Luc Abalo (27-28). Pendant ce temps, Omeyer, Dinart et Fernandez, trois anciens glorieux, restaient hors du terrain, choix de Claude Onesta. A 28-30 et cinq minutes à jouer, Abalo (6 buts) manquait un penalty très important. L'Allemagne reprenait trois longueurs d'avance. Karabatic (8 buts au total) redonnait espoir mais Karaboué (5 arrêts) manquait sa relance à 15 secondes de la fin, à 30-31. La messe était dite. Même si cette défaite ne condamne pas les Bleus, elle a le mérite de montrer qu'ils ne sont plus au niveau des JO. Il va falloir réagir avant les huitièmes de finale.

Réactions

Jérôme Fernandez (capitaine de l'équipe de France): "On va devoir bien se  reconcentrer pour la suite. La place dans la poule n'est pas le plus important.  Il va falloir se ressaisir. Il ne faut pas penser que parce qu'on a perdu ce  soir, on n'est pas capable de gagner le 8e de finale. On va devoir resserrer  les liens en défense. On avait joué jusque-là contre des équipes avec un jeu  moins traditionnel. On n'avait pas travaillé à 100%. Aujourd'hui, on a bossé.  Une défaite n'est jamais plaisante. Mais ça va peut-être entraîner une réaction  d'orgueil. Qu'on joue la Croatie ou l'Espagne en quart, c'est pareil. Ca ne  change pas grand-chose. Il faut que ce match nous serve de référence.  D'habitude, ce sont les victoires qui jouent ce rôle. Aujourd'hui, c'est une  défaite."

Samuel Honrubia (ailier de l'équipe de  France): "C'est une équipe dure à jouer. On a été en difficulté tout le match.  Ca doit nous servir pour la suite. On verra par la suite si ça a été un bien ou  un mal."
   
Cédric Sorhaindo (pivot de l'équipe de France): "Il nous manquait du  rythme, parce qu'on avait eu des équipes plus abordables jusqu'ici. Eux ont  très bien joué. Ils ont été très en réussite en attaque. Il faut se remettre au  travail. Et essayer de retrouver la confiance."

Nikola Karabatic (demi-centre de l'équipe de France): "On a perdu, mais ça  arrive dans une compétition. C'est mieux de perdre maintenant. On a utilisé  notre joker. Les Allemands ont bien joué, trouvé les bonnes solutions.  Contrairement à nous pendant 45 minutes. Mais il faut mettre ça de côté. Les  matches importants commencent maintenant."
   
Thierry Omeyer (gardien de l'équipe de France): "On s'est battu pendant 60  minutes. A -5, on aurait pu baisser les bras. En deuxième mi-temps, il y a eu  de meilleures choses. On a perdu quelques duels. Ils étaient en confiance. On  aurait pu arracher le nul."
   
Claude Onesta (entraîneur de l'équipe de France): "On n'a pas mal joué,  mais ils ont été très bons et notre défense n'a pas été au niveau habituel. Ils  nous ont fait exploser par la qualité de leur jeu. Une équipe marche à la  confiance. Ca va avoir entamé notre confiance. Ce n'est pas la meilleure façon  de débuter les phases finales. Mais dans l'autre groupe, il n'y a pas de faible  équipe. Ce sont toutes des équipes expérimentées. On a pris un coup sur la  tête, on est déstabilisé. Mais j'espère que l'expérience accumulée nous  permettra de revenir à notre meilleur niveau."