Marama Signate, Allison Pineau et Amélie Goudjo heureuses (France)
Marama Signate, Allison Pineau et Amélie Goudjo heureuses (France) | ANDREJ ISAKOVIC / AFP

Les Bleues tombent le champion d'Europe

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La France a passé outre son manque de repères collectifs en attaque pour arracher au courage une victoire extrêmement prometteuse (17-16) face au Monténégro, champion d'Europe en titre, lors de la 4e journée du Mondial dames de handball, mercredi à Belgrade.

Ce résultat, exceptionnel pour une équipe de France rajeunie et qui n'a pas le vécu commun de son adversaire, la place idéalement pour terminer en tête de son groupe A, ce qui l'enverrait vers le Japon en huitièmes de finale. Ce tirage serait a priori favorable pour les vice-championnes du monde (2009, 2011). Mais avant cela, il faudra achever le travail vendredi (18h30) contre la Corée du Sud, une autre équipe de très haute volée, quatrième des JO-2012. Dans cette revanche du quart de finale des JO-2012 perdu par la France (22-23), les deux équipes se sont livré un duel âpre, tendu, étouffant, où les  défenses ont complètement annihilé les attaques.

Remarquables de volonté et de cohésion en défense, les Françaises ont maîtrisé Milena Knezevic et Katarina Bulatovic, les deux superstars adverses, en échec constant devant Amandine Leynaud dans ses buts. Mais elles ont aussi manqué de solutions offensives en première période, en dehors des tirs à 9 m de Mariama Signaté. Les deux penalties ratés par Paule  Baudouin et Alexandra Lacrabère ont témoigné des difficultés des Bleues, menées à la pause (6-8). Ces trente premières minutes ont aussi été marquées par les débordements des spectateurs monténégrins, qui ont jeté une bouteille sur Leynaud, puis divers petits objets en direction des joueuses françaises, avant de se voir menacés d'être évacués de la salle.

La France prend progressivement le dessus

Après la mi-temps, les Bleues ont commencé à se libérer, en prenant plus d'initiatives individuelles, inspirées peut-être par l'exemple d'une Alexandra Lacrabère enfin en réussite avec trois buts en dix minutes (11-12, 40e). La bataille féroce a continué jusqu'à la dernière minute, Gnonsiane Niombla, dans toute l'innocence de sa jeunesse, répliquant par deux fois, sans se poser de questions, à Marija Jovanovic (16-16, 57e). 

A deux minutes de la fin, Katarina Bulatovic, en manque évident de confiance, s'est présentée devant Leynaud pour un penalty, qu'elle a placé largement au-dessus. Les Françaises ont ensuite tenu le ballon pour s'offrir un dernier tir, qui est revenu à Signaté. L'arrière gauche a d'abord été contrée, mais a pu reprendre le ballon pour cette fois-ci marquer. Au bout d'une dernière défense, les Françaises, folles de joie, se sont jetées au cou les unes des autres, trop contentes d'avoir offert aux plus anciennes une victoires qui leur fait oublier le calvaire des JO.

Réactions

Alexandra Lacrabère (arrière droite de l'équipe de France): "Il y avait de  la peur d'échouer. Dans les vestiaires, toutes les filles m'ont remise sur les  bons rails. C'est là qu'on voit que la force de cette équipe est vraiment  collective. Et j'ai donné tout ce que j'avais à donner en seconde mi-temps. Il  fallait que je me lance. Je réfléchis trop sur le terrain. A vouloir trop bien  faire, au final, je ne faisais rien. On s'attendait à ce match là, mais prendre  peu de buts comme ça, c'est énorme. On les a fait douter. Ça fait du bien parce  que ça nous permet de tourner la page (des jeux Olympiques de Londres en 2012,  défaite 23 à 22 en quarts de finale, ndlr). Symboliquement, (Katarina)  Bulatovic qui met le (dernier) penalty aux Jeux, là le met au-dessus."

AFP