L'équipe de France en demi-finale par la grande porte

L'équipe de France en demi-finale par la grande porte

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Grâce à un début de match extrêmement sérieux et brillant, avec un Thierry Omeyer exceptionnel, l'équipe de France a rapidement dominé la Slovénie pour s'imposer (32-23) en quarts de finale du Mondial. Les Français, champions d'Europe, ont gagné leur billet pour les demi-finales avec autorité, même s'ils ont connu un moment de flottement en 2e période, avec une double infériorité numérique. Pour renouer avec la finale, les Français devront vaincre l'Espagne, tenante du titre, dans une revanche de la demi-finale de l'Euro 2014. L'autre demi-finale sera celle des surprises entre Qatar, tombeur de l'Allemagne (26-24), et la Pologne, qui a disposé de la Croatie (24-22).

L'équipe de France avait impressionné contre l'Argentine. Sa défense avait été retrouvée, et son jeu avait renoué avec sa fluidité. Le quart de finale contre la Slovénie a été une confirmation. Celle d'une équipe qui monte en puissance. Celle d'une défense de plus en plus intraitable. Celle d'un gardien de but, Thierry Omeyer, presque impassable. Ce cocktail a fait exploser les Slovènes, leur a mis une pression insoutenable. Si le dernier duel avait tourné à l'avantage des coéquipiers de Matej Gaber, en amicale en avril 2014 (27-26), ce n'était là que la quatrième victoire slovène contre les Bleus en 21 matches. Ce début de rencontre n'a pas amélioré la confiance collective.

De près, de loin, à bout portant, dans toutes les positions, Thierry Omeyer a dégoûté les tireurs adverses. Il a fini la première période avec 50% d'arrêts. Et comme de l'autre côté du terrain, la machine tournait magnifiquement avec beaucoup de rotations, et un Daniel Narcisse précis (4/5 dans les trente premières minutes), l'addition augmentait pour atteindre un +8 à la pause (18-10). Sur les dix buts inscrits par les hommes de Denic, quatre l'ont été sur des contres et un sur jet de 7m. Le jeu placé devait se contenter des miettes.

Cinq minutes de tension

Au retour des vestiaires, la tendance se poursuivait. Un arrêt d'Omeyer et sur le contre un but de Mahé offraient à la France un avantage supérieur (20-10) dans la première minute de la deuxième période. Après trois minutes, sur une remontée de balle de Nikola Karabatic, la star de l'équipe se chargeait lui-même, plein axe, d'envoyer un missile dans la lucarne de Skof (21-10). Mais petit à petit, la machine se grippait. Les Slovènes trouvaient quelques chemins vers le but, l'attaque se heurtait de plus en plus au portier adverse, et le ballon tournait moins bien.

Résultat: la Slovénie revenait à six longueurs. A la 46e minute, la France subissait une double infériorité numérique, pour un mauvais changement venu s'ajouter à une exclusion de Jérôme Fernandez. La Slovénie revenait à (24-19), et même à (24-20). Skof multipliait les exploits, endossant le rôle de sauveur qu'avait Omeyer en début de rencontre. Revenue à égalité numérique, la France retrouvait sa force: un but de Karabatic, un arrêt d'Omeyer suivie d'une relance pour Guigou en contre, et les hommes de Claude Onesta reprenaient le large (26-20). Daniel Narcisse faisait aussi parler sa puissance pour compléter le retour aux affaires des cadres (27-20). "Air France" reprenait son envol pour un nouveau missile, suivi par un nouvel arrêt d'Omeyer (28-20, 53e).

L'Espagne pour une revanche​

A trois minutes du terme de la rencontre, les supporteurs français pouvaient entonner la Marseillaise. Les champions du monde 2009 et 2011 retrouvaient en effet les demi-finales mondiales, deux ans après son échec en Espagne. L'Espagne, ce sera le prochain adversaire des Experts. Les Ibères, champions du monde en titre à domicile voici deux ans, ont battu le Danemark (25-24) dans les dernières secondes dans ce qui était la revanche de la finale du Mondial-2013. L'an dernier, à l'Euro, les deux équipes s'étaient déjà affrontées en demi-finale, et la France l'avait emporté (30-27). Avec ses cadres à leur meilleur niveau (44% d'arrêts pour Omeyer, 6/9 pour Narcisse, 4/4 pour Joli, 5/8 pour N. Karabatic), la sélection tricolore veut prouver qu'elle peut succéder à cette Espagne qui lui avait succédée en 2013. La passation de pouvoir est au programme des Bleus...

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze

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