Jérôme Fernandez loue une "équipe de France qui est une équipe"

Jérôme Fernandez loue une "équipe de France qui est une équipe"

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A 37 ans, après plus de quinze ans au plus haut niveau, et 375 sélections, Jérôme Fernandez reste une pièce-maîtresse et un observateur averti de l'équipe de France. Le capitaine se dit toujours aussi enthousiaste d'évoluer avec les Bleus, des "joueurs exceptionnels qui arrivent à jouer ensemble" et, malgré son expérience et les titres glanés, il a encore de l'ambition et se projette au-delà de cette demi-finale de Mondial.

Dans le clan français, on dit qu'il n'y a pas de favori entre vous et l'Espagne. Est-ce vraiment le cas ou est-ce de l'intox ?
Jérôme Fernandez: "Pour moi oui c'est le cas, parce que cette équipe d'Espagne était un peu en reconstruction après son Mondial gagné il y a deux ans et elle a  retrouvé vraiment un équilibre, une grande force défensive et je m'attends à ce qu'elle nous pose beaucoup plus de problèmes que l'année dernière lors de la  demi-finale de l'Euro. Donc ça va être un grand match entre deux équipes qui  auraient mérité de se croiser en finale."

On a parfois le sentiment que rien ne peut vous arriver...
Jérôme Fernandez: "Il y a deux ans, tous les supporteurs avaient pris leurs billets pour les demi-finales et on s'est fait sortir en quarts par la Croatie. C'est ce qui fait aussi la beauté du sport. On ne sait jamais ce qui va se passer le jour J. On a beau essayer de tout prévoir, on a toujours quelques surprises. Ce qui est sûr, c'est que ce sera un beau match, avec beaucoup de joueurs confirmés qui font partie des tout meilleurs joueurs de la planète. Ce sera un grand plaisir de le jouer. Ce qui fait la force de cette équipe, c'est que c'est une équipe. Ce n'est pas une somme de joueurs. C'est vraiment un groupe qui vit bien ensemble et est très compétitif. Je sais qu'on a tout ce qu'il faut pour gagner, mais cette équipe d'Espagne est peut-être notre plus sérieux concurrent en vue du titre  mondial."

Depuis les JO-2008, à chaque fois que la France a été en demi-finale,  elle est allée au bout... ?
Jérôime Fernandez: "Oui, mais les séries ça s'arrête un jour, donc j'espère que ce ne sera pas demain. Il y a eu pas mal de chamboulements dans ce Mondial. Le Danemark et la Croatie ne sont pas en demi-finales. L'autre demi-finale c'est Qatar-Pologne, et je ne pense pas que grand-monde avait misé là-dessus. Donc je n'ai pas l'impression que ce soit une compétition normale...Ce sera ma septième demi-finale mondiale. Mais on ne se lasse jamais de ces rendez-vous. Personnellement, j'ai plus l'habitude de jouer des demi-finales que d'être éliminé avant. Mais chaque parcours a été différent et c'est ça aussi qui est intéressant. Donc j'ai envie de savourer ce moment là."    

Vous mesurez le chemin parcouru depuis vos débuts avec cette équipe ? Et la possibilité d'aller encore plus loin ? 
Jérôme Fernandez:: "Je mesure la chance que j'ai eue de jouer à côté de tous ces grands joueurs, que ce soit en club ou en équipe de France. On a une grande  chance depuis une vingtaine d'années, c'est d'avoir en équipe de France des joueurs exceptionnels qui arrivent à jouer ensemble et à faire chacun leur part du travail, sans vouloir empiéter sur les plates-bandes des autres. On a tous compris que c'était plus important que l'équipe gagne à la fin et qu'on ait  tous la médaille autour du cou plutôt que de briller individuellement. J'espère en tout cas, qu'on repartira au minimum avec une médaille. Et si on est champion du monde, ce sera fantastique, parce que ça simplifiera la vie du groupe et du staff jusqu'aux Jeux de Rio. On pourra gérer la campagne de qualification pour l'Euro et après on pourra préparer au mieux pendant plus d'un an cette équipe à aller chercher un nouveau titre olympique."

Christian Grégoire

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