Allison Pineau demi-centre de l'équipe de France de handball contre Espagne 14122015
Allison Pineau (N.7), la demi-centre de l'équipe de France de handball, ici à la lutte avec l'Espagnole Patricia Elorza | JONATHAN NACKSTRAND / AFP

Championnat du monde: les Françaises battent l'Espagne au finish

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L'équipe de France féminine de handball l'a emporté face à l'Espagne (22-21) en 8e de finale du championnat du monde lundi à Kölding, au terme d'une rencontre accrochée jusqu'au bout où les petites fautes et les détails ont beaucoup compté. Les deux équipes ont longtemps été au coude au coude, se rendant coup pour coup dans un vrai défi physique. Mais la nouvelle équipe de France, mise sur les rails par Alain Portes, et qui depuis deux ans échouait dans les matches couperets, a cette fois trouvé les ressources mentales pour s'imposer au finish. Les Françaises affronteront les Pays-Bas mercredi en quarts de finale.

Les Espagnoles, très solides en défense à l'image de leur gardienne Navarro, pensaient avoir pris le match en main à la pause, en étant parvenues à laisser à distance des Françaises qui se perdaient parfois en précipitation (13-9). Mais les Bleues ont livré une deuxième période héroïque, profitant de leurs périodes de supériorité numérique. Elles n'ont jamais rien lâché même lorsqu'elles ont été bousculées, et avec une Niombia étincelante (8 buts), qui leur a permis de résister, elles ont su mettre ce qu'il fallait d'envie et d'intensité pour l'emporter sur un ultime jet de 7 m dans les dernières secondes.

Un réveil après la pause

Certes, elles n'ont pratiquement jamais mené au score, elles ont même été sur le fil durant la quasi-intégralité de la rencontre, souvent à la limite de décrocher, mais chaque fois, une joueuse venait lâcher son bras pour leur permettre de rester dans la partie. Contrairement au match face au Brésil, l'équipe d'Alain Portes a parfaitement géré le money time. Alexandra Lacrabère a envoyé ses coéquipières vers la qualification en transformant un penalty à quelques secondes du terme de la rencontre.  

Mais que ce fut compliqué ! Pendant toute  une première mi-temps "indigne" selon le sélectionneur, elles ont été à la traîne, accumulant jusqu'à quatre buts de retard. Sans Allison Pineau, la seule à surnager en attaque (4 buts en première mi-temps, 5 à la fin du match), elles auraient définitivement lâché prise avant la pause. C'est Pineau justement, et non l'entraîneur comme le veut l'usage, qui a pris la parole la première dans le vestiaire pour réveiller les Françaises. "Elle a dit qu'elle ne voulait pas qu'on perde pour les mêmes raisons que d'habitude", a raconté Portes, dont les filles avaient craqué lors des matchs à enjeu des dernières compétitions internationales.

En seconde période, Gnionsiane Niombla a sonné la révolte. La joueuse de Fleury-Loiret, qui avait en face d'elle dans l'équipe espagnole quatre de ses partenaires de club, a pris ses responsabilités en attaque. En dix minutes, la France a passé un 7-3 aux Ibériques grâce à cinq buts de sa demi-centre, intenable. A 17-16, elle était de nouveau en  tête pour la première fois depuis 40 minutes! Les Françaises ont aussi retrouvé les vertus défensives, pour une fois oubliées en première mi-temps. Les Espagnoles ont été obligées de tenter leur chance de loin, permettant à la gardienne Amandine Leynaud de réussir quelques parades décisives en fin de match.

La fusée de Lacrabère

Le suspense a quand même duré jusqu'à la toute dernière seconde, lorsque l'arbitre a sifflé un dernier pénalty. Alexandra Lacrabère, a expédié sans trembler une fusée dans la lucarne dont les Françaises essaieront de suivre la trajectoire jusqu'au podium, voire mieux. Pour l'instant, elles peuvent se satisfaire d'avoir passé l'obstacle face aux vice-championne d'Europe. Dans ce match crucial à plus d'un titre, elles se sont aussi ôté une épine du pied en obtenant une place garantie dans l'un des trois tournois de qualification olympique du mois de mars, où six tickets pour Rio seront en jeu. 

Christian Grégoire