Bleues
Camille Ayglon-Saurina et Béatrice Edwige. |

Euro féminin de handball : Les Bleues, un statut à assumer

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Les Tricolores débarquent dans cet Euro, qui débute jeudi en France, avec l'étiquette de grandes favorites. Devenues vice-championnes olympiques en 2016, puis championnes du monde en 2017, les filles d'Olivier Krumbholz se sauront attendues durant la compétition, où elles n'ont jamais atteint la finale. Il leur faudra donc confirmer leur nouveau rang à l'échelon continental.

"Après l'or au Championnat du monde l'année dernière, difficile de ne pas prendre la grosse tête. Mais il faut se souvenir de comment on l'a fait". Nina Kanto a joué 14 années en équipe de France (2002-2016), toutefois sans connaitre ce sacre mondial en 2017. Mais l'ancienne pivot des Bleues, 214 sélections au compteur, exige un devoir de mémoire avant d'aborder cet Euro (29 novembre - 16 décembre). "Il faut qu'elles se remettent dans le même état d'esprit, qu'il n'y ait pas de relâchement." Cet état d'esprit, celui de battantes, d'opiniâtreté et de persévérance.

Après des années difficiles, les Bleues ont su se hisser sur le toit du monde en 2017, un an après avoir effleuré le Graal olympique. Mais Nina Kanto ne paraît pas inquiète pour cette équipe de France, avant le début du Championnat d'Europe jeudi. "C'est une équipe vraiment complète depuis 2 ou 3 ans. La plus complète même. A chaque poste, il y a deux joueuses très performantes. C'est une équipe hyper compétitive, avec le danger qui peut venir de n'importe où. La seule inconnue, c'est de passer au statut de favori, et devant son public". 

Le mauvais souvenir de 2003-2004

Dans son histoire, la France a déjà connu cette situation : championne du monde et parmi les favorites à un Euro l'année suivante. En 2004, les Tricolores, médaillées d'or au Mondial 2003, n'avaient pas passé le second tour du championnat continental. Elles avaient même terminé dernière de leur poule, au tour principal, avec aucune victoire. Raphaëlle Tervel, 249 capes en sélection, y était. Pour l'actuelle entraîneuse de l'équipe de Besançon, le nouveau statut des Bleues engendrait un nouveau rapport de force. "Il n'y a pas grand-chose qui change pour nous (quand on devient championne du monde : ndlr). C’est chez les autres que ça change car on est l’équipe à battre, c’est plus motivant pour les adversaires. On était dans la dynamique, mais dans la tête des autres c’est différent. Les matches étaient beaucoup plus difficiles." Toutefois, l'ancienne arrière gauche des Bleues note une donnée importante qui différencie les deux générations : "Côté mental, l'équipe est bien mieux préparée que nous à l'époque. C'est devenu un aspect primordial. Elles seront bien plus prêtes."

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Sur les trois dernières grandes compétitions, les Bleues ont toujours accroché une breloque (avec le bronze à l'Euro 2016). Neuf des dix-huit joueuses sélectionnées par Olivier Krumbholz pour l'Euro 2018 ont connu la médaille olympique et le titre mondial. Un gage d'expérience qui peut faire la différence. "On a des joueuses d’expérience, qui ont joué des grands matches en club, en Ligue des Champions" souligne Nina Kanto. L'ancienne pivot met également en lumière une joueuse pour guider les Bleues : "Notre force, c'est la capitaine, Siraba Dembélé. Elle est une très bonne leader sur le terrain, qui n’a pas nécessairement besoin de parler, mais qui peut porter le groupe par son attitude."

Les Bleues compteront aussi sur leur grande force : encaisser le moins de but possible. "La défense est toujours atypique et très difficile à manœuvrer. On a aussi d'excellentes gardiennes", souligne Raphaëlle Tervel. En témoignent les performances défensives des Tricolores sur les trois matches de préparation (victoires contre le Danemark et la Hongrie, défaite contre la Norvège). Seulement 20 buts concédés en moyenne. En revanche, l'attaque ne semble pas encore bien au point. « C'est dur de faire un bilan de notre attaque quand on ne réussit pas à aligner deux passes, regrettait Siraba Dembélé après le revers face à la Norvège. Mais je suis sûre que l'on peut corriger ça, on va s'y attacher. » 

Être portées par le public français

L'équipe de France aura également dans sa poche un autre atout : jouer à la maison. Pour la première fois, l'Hexagone accueille un Euro, mais il avait déjà organisé le Mondial 2007. Un véritable succès populaire. Nina Kanto et Raphaëlle Tervel l'ont vécu, et en garde un formidable souvenir. "C'était exceptionnel, il n'y pas plus grande motivation", certifie la première. Même son de cloche pour la seconde : "Une effervescence". Aujourd'hui, quatre filles sont rescapées de l'aventure 2007 : Allison Pineau, Camille Ayglon-Saurina, Siraba Dembélé et Amandine Leynaud. 

Les Bleues débuteront ce jeudi leur tour préliminaire à Nancy. Une ville non loin de Metz, le club féminin le plus performant de ces dernières années. "L'Est est une vraie terre de handball. Il y a sept Messines dans l'équipe. Il va y avoir du monde", assure Nina Kanto. En cas de succès final, les Françaises deviendraient la seconde nation à remporter l'Euro à domicile, après le Danemark en 1996 et 2002. Elles seraient également les secondes à devenir championnes d'Europe, un an après l'avoir été au Mondial. La Norvège avait réalisé cette performance en 2015 et 2016, ce qui fait des Scandinaves les tenantes du titre pour cet Euro. 

Théo Dorangeon @@jusdorangeon

Championnat d'Europe de Handball