Claude Onesta
Le sélectionneur de l'équipe de France Claude Onesta | CHRISTOPHE SIMON / AFP

Onesta: "on est en reconstruction"

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L'équipe de France messieurs de handball a amorcé "une phase de reconstruction" ne lui permettant pas de prétendre au statut de favori à l'Euro 2014 qui débute dimanche au Danemark, estime son sélectionneur Claude Onesta.

Qu'attendez-vous de cet Euro ?

Claude Onesta : "On y va pour réaliser la meilleure performance possible. En même temps,  mon métier consiste aussi à préparer les compétitions à venir, en particulier  les JO de Rio en 2016. Je continue de m'inscrire dans ces deux projets."

L'équipe de France peut-elle prétendre à un troisième titre européen ?

C.O : "En étant lucide, on ne peut pas faire partie des favoris. Notre niveau  de jeu ne l'a pas démontré. Comme on manque de réglages et de maîtrise, on  risque d'avoir une compétition en dents de scie. D'autres équipes, qui ont  initié avant nous une phase de transformation, sont mieux installées. Le  Danemark (champion d'Europe en titre), une équipe arrivée à maturité, progresse  depuis quatre ans. C'est le grand favori, qui aura l'avantage de jouer à  domicile. Ensuite, il y a l'Espagne (championne du monde en titre), même si des  blessés viennent diminuer son potentiel. La Croatie dispose d'une jeune  génération déjà bien aguerrie. Néanmoins, on est capable de rivaliser avec les  meilleurs, voire de les battre. On a du potentiel à disposition."

Où se situe justement l'équipe aujourd'hui ?

C.O : "On est en phase de reconstruction. Les circonstances nous ont privés de  joueurs d'expérience comme Bertrand Gille et Xavier Barachet. Thierry Omeyer et  Jérôme Fernandez, eux, reviennent de blessures. On a été obligé de faire des  transformations plus conséquentes que prévu. C'est peut-être une opportunité  pour avancer plus vite vers l'objectif à terme, représenté par les jeux  Olympiques. On a moins de cadres. Avant, la force, c'était que les remplaçants  étaient sensiblement du niveau des titulaires. Il y avait peu de différence de  performances lors des rotations. Aujourd'hui, avec les jeunes intégrés, c'est  quitte ou double. Ils sont capables du meilleur comme du pire. Nos cadres  doivent donc être les piliers sur lesquels on pourra installer la performance.  Plus ils seront solides, plus les jeunes pourront apporter leur pierre sans  être surexploités et surresponsabilisés."

Quel regard portez-vous sur les équipes de votre poule ?

C.O : "Elles ont autant de potentiel que la nôtre. Avec les absences, les  Russes vont peut-être devoir puiser dans les réserves donc fragiliser leur  maîtrise. La Pologne est une équipe aguerrie depuis des années à ce niveau de  compétition. Et on connaît tous la qualité et le génie du handball serbe pour  briller dans une compétition. On entre dans le lot de ces équipes capables des  meilleures performances mais aussi peut-être de trop d'hésitations pour arriver  à s'en sortir honorablement dans une compétition. On va se servir de  l'expérience, construite au fur et à mesure de notre parcours, pour éviter les  pièges."

C'est votre première compétition sans Didier Dinart ? Vous inquiétez-vous  pour votre défense ?

C.O : "L'arrêt de Didier est un arrêt majeur. Néanmoins, il n'a pas été  dominateur lors de sa dernière compétition internationale en Espagne  (Mondial-2013). Il le dit lui-même. Il était donc temps de passer à autre  chose. Cela implique forcément de se mettre en situation momentanément  inconfortable ou de devoir trouver des équilibres délicats. Quand on voit le  potentiel des joueurs du secteur central comme Niko (Karabatic), Cédric  (Sorhaindo) et Luka (Karabatic), et des arrières, ce n'est pas le secteur  défensif qui m'inquiète mais plutôt le secteur offensif où l'on doit améliorer  notre rendement. Le problème aujourd'hui, c'est que nos ailiers ne nous  permettent pas d'ambitionner un résultat majeur. Lors des trois matches de la  Golden League, leurs performances étaient insuffisantes."

AFP

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