Les frères Karabatic
La défense française, avec les frères Karabatic, tient bon contre la Croatie | AFP - JONATHAN NACKSTRAND

Les Bleus avec assurance

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L'équipe de France a très bien débuté le tour principal du championnat d'Europe au Danemark, en s'imposant avec assurance face à la Croatie (27-25) dimanche à Aarhus. Après une première période débridée au cours de laquelle ils ont été malmenés, les Bleus ont fait valoir leur talent et leur maîtrise collective pour faire la différence au terme d'une deuxième période plus verrouillée.

Les hommes d'Onesta ont encore une fois fait preuve de cette capacité à s'adapter aux circonstances d'une rencontre, à son évolution, à mettre de l'intensité lorsqu'il le faut ou au contraire à poser le jeu. Après avoir subi les rapides montées croates, et compté jusqu'à 3 buts de retard, les Français ne se sont pas affolés, et sont revenus avec application, grâce aux efforts en attaque du pivot Cédric Sorhaindo (5/5) et de l'ailier gauche Michaël Guigou, meilleur buteur de  son équipe avec Nikola Karabatic (7 buts). C'est d'ailleurs Guigou qui  redonnait l'avantage aux Tricolores (18-17). pour prendre un but d'avance à la pause.

Omeyer comme aux plus beaux jours 

Très forte défensivement, s'appuyant sur un base arrière performante, un Thierry Omeyer retrouvé dans ses cages (11 arrêts à 48% de réussite), qui apportait à la fois son expérience et son charisme, un turn-over judicieux pour déstabiliser une organisation croate plus stéréotypée, l'équipe de France s'est petit à petit détachée, même si elle laissait beaucoup d'occasions de buts, après pourtant des attaques placées bien construites. Mais ces mises en échec n'étaient pas de nature à décourager les Français. Onesta d'ailleurs leur demandait de ne pas s'énerver, de rester sur leur rythme et leur concentration. Ils en profitaient  pour prendre un peu le large en réalisant une série de trois buts consécutifs conclue par l'ailier droit Luc Abalo (23-20). En état de grâce, Omeyer arrêtait un pénalty d'Ivan Cupic. Puis Valentin  Porte aggravait la marque sur la contre-attaque (24-20). 

Mis à quelques ballons perdus, les Français parvenaient à rester lucide malgré l'engagement très costaud de Croates accrocheurs, Ils parvenaient à garder le contrôle de la rencontre même après un dernier sursaut  des hommes de Goluza. Ceux-ci revenaient bien à -1 par Zlatko Horvat  (26-25) à moins de deux minutes du coup de sifflet, mais Nikola Karabatic délivrait les siens (27-25). 

Un grand pas vers les demies

Voilà les Bleus bien engagés dans ce tour principal avec une première place confortée dans le groupe 2,, devant la Croatie, puis la Suède qui a battu la Russie (29-27) et la Pologne, victorieuse du Bélarus (31-30).  Une nouvelle victoire mardi face à la Biélorussie les propulserait en demi-finales. Les Bleus n'ont plus atteint ce stade d'un Euro depuis l'édition 2010 en  Autriche. Ils avaient à l'époque enlevé leur deuxième couronne continentale, après celle de 2006, et réalisé un triplé historique dans la foulée de leurs titres olympique (2008) et mondial (2009).  Victorieux encore, lors du Championnat du monde 2011, les Experts avait vu  leur règne s'arrêter lors du dernier Euro, en 2012 en Serbie, qui s'était soldé par un fiasco. Éliminés lors du tour principal, Nikola Karabatic et ses  partenaires avaient terminé à la onzième place.  Ils s'étaient rattrapés quelques mois plus tard en conservant l'or olympique à Londres, avant de rentrer bredouille (6e place) du Mondial espagnol  en janvier 2013...Où ils avaient sorti en quarts de finale par la Croatie.

Déclarations

Claude Onesta, sélectionneur de  l'équipe de France: "On rate notre début de match notamment sur le rythme. Ils  vont plus vite que nous et nous dépassent à ce niveau. L'intérêt, c'était de ne pas s'affoler dans ce moment où on était quand même ballotés. Sur le plan défensif, la défense individuelle en première mi-temps a commencé à enrayer un peu la machine croate. Quand on est arrivés à la mi-temps, on savait que si on parvenait à faire un pas de plus et à commencer à gagner les duels et à les mettre sous pression, on allait véritablement les empêcher de jouer. C'est ce  qui est arrivé. Progressivement, notre défense a pris le dessus, notamment sur  le plan athlétique. On les a étouffés pratiquement pendant trente minutes. Cela nous a permis de faire un écart conséquent. Mais je crois que nous aussi on a manqué un peu d'oxygène et de carburant sur la dernière partie du match pour  véritablement le terminer. Quand on a vu que l'on n'arrivait pas le terminer en les faisant exploser, on a essayé ensuite de gérer notre avance en restant le  plus lucide possible. Mais cela reste franchement une très belle victoire."

Valentin Porte, arrière-droit  de l'équipe de France: "C'est une victoire symbolique contre un adversaire symbolique qui nous a éliminés l'an dernier au Championnat du monde (en quarts  de finale). On voulait se racheter mais on a très mal commencé. On a montré  encore que l'on avait des ressources et que l'on était une vraie équipe soudée. On gagne, c'est vraiment super, on s'approche de la demi-finale. La défense a vraiment tenu la route, le gardien (Thierry Omeyer) qui retrouve toutes ses  capacités, c'est un super mélange pour aller au bout. A titre personnel, cela faisait dix ou douze jours que j'avais pas rejoué un match international(en raison d'une blessure....Contre la Croatie, cela a été compliqué. Je suis vraiment fatigué, j'ai un peu mal partout, mais je retrouve  les sensations d'il y a quelque temps."

Christian Grégoire

Championnat d'Europe de Handball