Les années parisiennes de la Norvégienne Stine Oftedal

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Auteur·e : Julien Lamotte
Stine Oftedal sous le maillot d'Issy-Paris Hand
Stine Oftedal sous le maillot d’Issy-Paris Hand | AFP

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Avant d’être élue meilleure joueuse du monde l’an dernier et de remporter deux ligues des champions avec le club hongrois de Györ, la stratège norvégienne Stine Bredal Oftedal, qui défiera l’équipe de France en finale de l’Euro demain, a évolué pendant quatre saisons à Issy-Paris hand, devenu depuis le Paris 92. Son président Jean-Marie Sifre se souvient de celle qu’il considère comme la meilleure joueuse ayant porté les couleurs du club.

En handball, la Norvège et Paris ont souvent fait bon ménage. Car avant Stine, il y a eu Charlotte Mordal, la pionnière. "On l’avait recrutée car son compagnon Magnus Dahl était alors le gardien du Paris handball (ancêtre de l’actuel PSG hand)" se rappelle Jean-Marie Sifre, le président d’Issy-Paris hand devenu Paris 92. "L’agent de Magnus m’avait appelé pour me faire une offre de service concernant Charlotte. On l’a prise à l’essai et on l’a gardée. Une très bonne ailière ! Ça a été le début de notre filière norvégienne au sein du club car Charlotte nous a facilité ensuite les premiers contacts avec Stine à l’issue d’un match disputé contre son club de Stabaek, à côté d’Oslo. Elle était toute jeune, seulement une vingtaine d’années, mais déjà très prometteuse et même impressionnante. On voulait aussi recruter sa sœur Hanna mais elle n’avait que 16 ans à l’époque. Elle l’a rejointe à Paris plus tard.  Pour Stine, on s’est vite entendu avec son père, un haut responsable industriel, qui jouait plus ou moins le rôle d’agent pour sa fille. Et on peut dire que le prestige de Paris a parfaitement fonctionné ! Je me souviens de la venue de Monsieur Oftedal en jet privé pour négocier le contrat de Stine au siège du club à Issy-les-Moulineaux. Il m’avait demandé : « On est loin de la Tour Eiffel ? ». J’ai regardé sur l’appli de géolocalisation de mon téléphone portable et lui ai répondu : « Only three kilometers  (seulement trois kilomètres) ». Il a halluciné. On a signé le contrat et il en a profité pour demander un appartement plus grand pour sa fille pour pouvoir lui rendre visite plus souvent le week-end !"

Quatre saisons, cinq finales... perdues 

C’est le début d’une longue histoire d’amour entre Stine, la capitale française et le club d’Issy-Paris hand. "C’est la plus grande joueuse qui ait évolué ici. Elle est arrivée en 2013 et est restée quatre ans, ce n’est pas rien. Paris était devenue sa ville. D’autres Norvégiennes sont arrivées par la suite en partie grâce à elle, comme Silje Solberg, l’actuelle gardienne de la sélection ou sa sœur Hanna.  Et Stine a quitté le club en pleurant !" se souvient Jean-Marie Sifre. "Elle avait toujours dit : si je quitte Paris, c’est pour aller à Györ (Hongrie) et gagner la Ligue des champions, ce qu’elle a fait à deux reprises." C’est d’ailleurs au niveau des trophées que le passage de Stine Oftedal à Paris laisse sans doute le plus de regrets au président du club.

Car en quatre saisons, la Norvégienne, qui collectionnait par ailleurs les médailles d’or en sélection (double championne du monde, triple championne d’Europe), n’a jamais remporté le moindre titre dans la capitale, malgré cinq finales disputées au total, toutes compétitions confondues. "Elle a promis de revenir en fin de carrière pour réparer ça !" rigole Jean-Marie Sifre, avant de la juger "intouchable aujourd’hui au niveau du salaire, à 29 ans".  Malgré cette absence de trophées, l’actuel président du Paris 92 ne tarit pas d’éloges sur son ancienne joueuse.  "C’est vraiment une fille remarquable dans un groupe, qui transmet aux jeunes, qui forme. Elle ne se prenait vraiment pas pour une star. Tout était dans la simplicité et le respect réciproque avec elle." Nul doute que Jean-Marie Sifre suivra la finale France-Norvège avec attention. En rêvant secrètement d’un retour de Stine au Paris 92, d’ici quelques années.

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