Allison Pineau EDF
La joueuse française Allison Pineau | AFP - PEDJA MILOSAVLJEVIC

La France dans l'inconnu avant l'Euro en Croatie

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L'équipe de France féminine de handball, diminuée par les blessures et les méformes, manque de certitudes avant le début de l'Euro, dimanche en Hongrie et en Croatie, où elle ambitionne de terminer dans les cinq premiers. Dans cette compétition, les Bleues n'ont pas fait mieux que la médaille de bronze (2002, 2006) alors que le Mondial leur a mieux réussi avec un titre en 2003 et trois autres finales (1999, 2009, 2011).

Faire oublier la Serbie. Voici le mot d'ordre des joueuses d'Alain Portes qui aborde cet Euro en Croatie sans véritable repère. Il y a deux ans, les Bleues avaient achevé leur précédente campagne continentale sur une médiocre neuvième place. Les Tricolores n'avaient alors pas réussi à digérer leur frustrante élimination quelques mois plus tôt en quarts de finale des jeux Olympiques de Londres. Cette double déception avait scellé le début d'une nouvelle ère avec l'éviction d'Olivier Krumbholz, le bâtisseur de tous les succès depuis 1998, et l'arrivée d'Alain Portes, ancien international médaillé de bronze avec les "Barjots" aux JO de 1992.

Pour sa première campagne, il y a un an lors du Mondial en Serbie, le  technicien nîmois a su ré-insuffler une véritable cohésion à un groupe meurtri par ses précédents échecs. Mais, après un début de parcours parfaitement maîtrisé, la France s'est arrêtée de peu en quarts face à la Pologne (21-22), une équipe qui semblait à sa portée. Après ce goût d'inachevé, la troupe d'Alain Portes a relevé la tête en réalisant un sans-faute (5 victoires, 1 nul) lors des qualifications pour l'Euro. Mais, entre la rentrée de septembre et la période de préparation, les pépins physiques ont dégarni les rangs tricolores. La gardienne Cléopâtre Darleux ainsi que les ailières droites Blandine Dancette et Audrey Deroin, en convalescence ou insuffisamment remises de leur blessure, ne seront pas du voyage à l'Euro.

Pénurie à l'aile droite

Pour ne rien arranger, la gardienne numéro 1 Amandine Leynaud et la demi-centre Allison Pineau, sont revenues juste à temps. Si la première a affiché un haut niveau lors des matches amicaux, la seconde peine à retrouver ses sensations. Lors de la Golden League, les Bleues ont battu la Serbie (22-18), vice-championne du monde mais loin de son meilleur niveau, puis ont accroché la  Norvège (20-21) et résisté contre le Danemark (23-26). Leur dernier tour de piste, jeudi à Györ contre la Hongrie, s'est achevé sur un match nul (22-22) prometteur. La France s'est rassurée sur sa défense mais pas sur son attaque qui pêche encore, en particulier sur deux postes. A l'aile droite, Alain Portes ne dispose que d'une spécialiste, la néophyte Marie Prouvensier (20 ans), et a dû se résoudre à faire monter les arrières  Koumba Cissé, Camille Ayglon et Alexandra Lacrabère. Le plus inquiétant reste le poste crucial d'arrière gauche où, derrière Gnonsiane Niombla, Alice Lévêque et Marie François ont du mal à s'affirmer.

Bal des débutantes

Le sélectionneur a aussi fait des choix en se passant des expérimentées Mariama Signaté, Maakan Tounkara et Amélie Goudjo pour préparer l'avenir. Car, ce n'est pas à l'Euro mais lors du Mondial-2015 et surtout des JO-2016  que les Françaises viseront une médaille. "Cela ne sert à rien de vouloir tout, tout de suite, alors qu'il faut que l'on mûrisse", souligne l'ailière gauche Siraba Dembélé, l'un des piliers de l'équipe. Sur les dix-huit joueuses retenues, dix avaient participé au Mondial-2013 et cinq vont vivre leur premier grand tournoi. Seulement seize pourront être alignées sur la feuille de match mais Alain Portes souhaitait pouvoir procéder à des changements. Placé dans un groupe relevé dès le premier tour avec le Monténégro, tenant du titre, et la Serbie, les Bleues n'auront quasiment pas le droit à l'erreur  pour survivre. Le premier match, lundi (18h00) à Osijek (Croatie) contre la Slovaquie, l'équipe potentiellement la moins forte de leur groupe, s'annonce  déjà décisif.

AFP

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