Euro féminin de hand - Laura Glauser : "Le travail paie toujours"

Publié le , modifié le

Auteur·e : Théo Dorangeon
Glauser
La gardienne de l'équipe de France Laura Glauser | AFP

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Trois jours après avoir remporté dimanche l'Euro féminin de hand en France, la gardienne des Bleues Laura Glauser revient sur leur sacre continental. Elle, qui avait manqué le titre mondial en 2017 en raison d'un grossesse, se dit "très heureuse" d'avoir fait partie de cette équipe. Elle évoque également tout le chemin qui lui a fallu pour revenir au plus haut niveau, sans éluder l'avenir en sélection.

Avez-vous réalisé aujourd’hui ce que vous avez accompli ? 
Laura Glauser : "Je pense qu’on ne réalise pas encore vraiment. Il va falloir encore un certain temps. Je pense qu’on réalisera vraiment les choses à la fin de notre carrière. Quand je l’arrêterai, que je me poserai dans mon canapé, je me dirai "ouais, waouh ! T’as été championne d’Europe, t’as fait ci, t’as fait ça". Ça sera à ce moment-là que je me dirai que c’est juste énorme."

Aviez-vous déjà connu pareilles émotions avant cet Euro ?
L.G. : 
"J’ai vécu de belles émotions à Rio. Mais de telles émotions, à la maison, devant notre public, je ne pense pas. Je suis très fière d’avoir fait partie de cette équipe. J’ai eu une chance inouïe."

Comment s’est construite cette victoire sur toute la compétition ? Par de la préparation mentale ?
L.G. :
"On a beaucoup travaillé individuellement. Le staff était à notre disposition. On s’est construite doucement mais surement. La préparation mentale a été très importante. On a pu s’exprimer quand ça n’allait pas. On est libre de dire ce qu’on a sur le cœur, quand ça va, quand ça ne va pas. On travaille aussi sur la psychologie et le mental. Çela a une grande part dans la réussite d’une carrière."

On a senti un esprit de groupe extrême, c’est la force de cette équipe ? 
L.G. :
"Carrément, c’est le collectif. Quand une ne va pas bien, quelqu’un est là, peut la remplacer. On est toutes complémentaires. Une vraie bande de copines à se battre pour la même chose. Sans le collectif, on ne pourrait pas y arriver. "

"Olivier est un très grand coach, une très belle personne"

Quelle importance ont les cadres comme Siraba Dembélé, Alexandra Lacrabère ou Camille Ayglon-Saurina ?
L.G. : 
"Ce sont nos piliers, ceux de l’équipe de France. Ce sont des joueuses qui sont là depuis un certain moment. C’est la stabilité, la sagesse, pas de stress... Sans elles, ce n’est pas la même équipe."

Vous pensez pouvoir devenir ce type de joueuses à l’avenir ?
L.G. :
"Je l’espère. J’ai encore besoin d’expérience, encore un peu de temps. Mais j’espère encore continuer avec l’équipe de France, autant de temps possible. "

Depuis le retour d’Olivier Krumbholz en 2016, il n'y a que des podiums internationaux dont deux titres. Comment l’expliquer ? 
L.G. :
"C’est un très grand coach, une très belle personne, quelqu’un qui connait très bien son métier. Il est humble. Il a su se remettre en question après avoir été remercié par la fédération (en 2014, ndlr). Je pense que quand on se remet en question, qu’on change notre façon de travailler, il ne peut y avoir que des bonnes choses après. Franchement, ce n’est que du mérite pour lui."

Il apporte quoi de différent à cette équipe ? 
L.G. :
"J’ai commencé en 2012 en sélection donc difficile de répondre. Je ne voyais pas les mêmes choses que maintenant. Mais il a amené de la sérénité. Il nous fait largement plus confiance, il nous laisse prendre les choses en main. Tout le monde a sa part de responsabilité. C’est juste super."

Vous avez accouché en avril. C’est encore plus gratifiant au vu des efforts fournis ?
L.G. : 
"Bien sûr. Je suis hyper heureuse, hyper fière, hyper contente d’avoir eu cette médaille. Je remercie énormément l’équipe, le staff et Olivier car ils ont su me faire confiance et me donner de la confiance."

Vous avez été décisive à plusieurs reprises. Comment avez-vous retrouvé ce niveau si rapidement ?
L.G. : "
Avec beaucoup de travail. Dès que j’ai accouché, j’ai fait la rééducation du périnée. J’ai enchaîné avec ma préparation personnelle, puis celle du club (Metz). Ma devise c’est "le travail paie toujours. "

Qu’est ce qui a vous la plus motivé à revenir prête ? 
L.G. : 
"Il y a plusieurs choses. Le fait que j’aime jouer pour l’équipe de France, j’aime jouer pour notre pays. J’avais très envie de jouer cet Euro à la maison. Pour le hand tout simplement, car ça reste toute ma vie. J’avais besoin de retrouver le haut-niveau. Et pour moi, car j’aime ce que je fais et je voulais vite reprendre plaisir dans tout ça."

Vous avez excellé à tour de rôle avec Amandine Leynaud. Comment s’explique cette réussite ? Cette complémentarité ?
L.G. : "On est bien toutes les deux ensemble. Doudou a eu le rôle de numéro 1 et moi j’essayais d’être là quand Olivier décidait de me mettre sur le terrain. On a une relation assez fusionnelle. Je sais que je peux compter sur elle pour me donner des conseils, pour m’aider. C’est ce qui fait la différence. "

Elle a un rôle de grande sœur auprès de vous ?
L.G. : "
Bien sûr. Depuis que je suis arrivée à Metz (elles ont joué ensemble deux saisons en club), c’est quelqu’un qui m’a prise sous son aile. Elle m’a aidé physiquement, psychologiquement et personnellement. C’est juste quelqu’un d’adorable, qui a le cœur sur la main. "

"Un plaisir de jouer avec une défense comme ça"

Elle vous a beaucoup aidé dans votre préparation personnelle pour l’Euro ?
L.G. : "
Elle m’a soutenu, par pas mal de messages. Après, dans mon retour, je me suis surtout concentrée sur moi-même et pas sur ce qui se passait ailleurs. "

Être derrière une défense aussi agressive que celle des Bleues, c’est génial. 
L.G. : 
"C’est juste super parce que c’est fluide c’est agressif. Derrière, on a juste à lire le jeu. C’est rare les moments où des adversaires arrivées seules face à au but. C’est un plaisir de jouer avec une défense comme ça."

Les Bleues sont désormais championnes du monde et d'Europe. Les garçons sont champions du monde. Comment expliquer la réussite du handball français ?
L.G. :
"On a beaucoup de détermination. On est des acharnés du travail. Le travail paie toujours. On veut toujours s’améliorer. Et plus il y a des médailles, plus des gens veulent s’essayer au hand et plus on a de licenciés. Donc plus de personnes susceptibles de jouer en équipe de France. "

Avec ces titres, comment voyez l’évolution du handball féminin français dans sa visibilité ? 
L.G. :
"J’espère que ça va aller de mieux en mieux. Que ça va être plus médiatisé. C’est dommage mais c’est la réalité. Plus il y aura de titres, plus on sera télévisé. J’espère que les gens vont se rendre compte que le hand est un très bon sport qui mérite d’être plus médiatisé. "

Beaucoup de joueuses de l’équipe de France jouent dans des clubs français. Espérez-vous un engouement nouveau autour du championnat de France ?
L.G. : 
"C’est vrai, peut-être. Je n’y avais pas vraiment réfléchi. Cet Euro en France a montré qu’on avait un beau sport et un très beau championnat en France aussi, avec un niveau très élevé. "

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Les prochains objectifs en bleu ? 
L.G. : "Le Mondial en 2019, et surtout les JO à Tokyo, clairement. Après, ça reste assez loin. Beaucoup de choses peuvent se passer mais j’espère participer à ces deux compétitions là, et peut-être ramener de nouvelles médailles. 

Vous avez déjà la tête au Mondial 2019 et aux JO 2020 ? 
L.G. : "Carrément, on y pense depuis un certain temps. Mais il faut se concentrer sur chaque compétition, sans brûler les étapes. Les JO, c’est l’aboutissement d’une carrière. "

Cet Euro est comme une étape vers ces Jeux. L’équipe gardera la même ossature.
L.G. : "Je pense que oui. Il y a quand même joueuses qui ne savent pas encore. Mais ça restera la même équipe."

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