Euro féminin de hand : La Ligue Féminine de Hand, pourvoyeuse de talents

Publié le , modifié le

Auteur·e : Théo Dorangeon
Siraba Dembélé
Siraba Dembélé, capitaine des Bleues, est revenue jouer en France cette saison, à Toulon. |

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Alors que l'Euro de Handball féminin bat son plein actuellement en France, les clubs du championnat de France de la Ligue Féminine sont bien représentés dans les seize nations participantes. Sur les 288 joueuses de la compétition, 35 évoluent ainsi dans une équipe de première division française, ce qui fait de la LFH le championnat européen le mieux représenté de l'Euro.

C'est indéniable, le championnat français progresse d'année en année. Plus compétitive, plus stable, mais aussi plus puissante économiquement, la Ligue Féminine de Handball, qui fête ses 10 ans cette année, attire de plus en plus des joueuses réputées. En LFH depuis maintenant sept ans, l'internationale néerlandaise du Metz Handball, Ailly Luciano, constate son développement :" Le championnat a bien évolué c'est certain. Nous avons une adversité de plus en plus forte, et le championnat de France est devenu une référence sur la scène européenne".

L'aspect financier est l'une des raisons prépondérantes à l'évolution de la LFH. Lors de la saison 2008-2009, le budget total des clubs (alors au nombre de 10) s'élevait à 9,8 millions d'euros. Cette année, avec 12 clubs composant le championnat, le budget prévisionnel s'établit à 23,6 millions d'euros (source LFH). Avec cette force économique, les équipes françaises ont suscité l'attention des meilleurs joueuses européennes, faisant en partie son retard sur d'autres grands championnats : la Hongrie, la Roumanie ou la Macédoine. 

Les Bleues, entre le retour des cadres et les produits de la formation

L'équipe de France s'est notamment garnie de joueuses évoluant dans l'Hexagone. La sélection vice-championne olympique en 2016 possédaient neuf joueuses évoluant à l'étranger. Pour cet Euro, La quasi-intégralité du groupe bleu est composée de joueuses jouant en LFH. Seules Amandine Leynaud (Gyor) et Estelle Nze Minko (Siofok) sont licenciées à l'étranger, sur les 18 membres de la sélection. Deux causes l'expliquent.

Cet été, plusieurs cadres de l'équipe de France ont choisi de proposer leur talent à des équipes françaises : Siraba Dembélé à Toulon, Camille Ayglon-Saurina à Nantes, Alexandra Lacrabère à Fleury ou encore Allison Pineau à Brest en 2016. Et souvent, les raisons du retour au pays s'avèrent être les mêmes. "Je voulais poser mes valises dans un endroit que je connaissais, dans lequel j’avais la possibilité de préparer ma reconversion", confesse Siraba Dembélé, 32 ans. "La perspective de l'Euro 2018 en France fait que c'est le bon timing pour rentrer", convenait Camille Ayglon-Saurina, cet été dans L'Equipe. 

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Outre le retour des cadres, plusieurs internationales tricolores sont des purs produits de la formation française. Orlane Kanor, Laura Flippes ou Grâce Zaadi à Metz. Pauline Coatanea et Pauletta Foppa (18 ans le 22 décembre prochain) à Brest. Laura Glauser, gardienne des Bleues évoluant à Metz Handball, estime que le force du handball français se trouve dans sa capacité à sortir des forts joueurs et joueuses : "La formation est un vrai atout. On a des équipes de France en jeunes. Les France juniors ont été championnes d’Europe l’été dernier. Ça met déjà ces joueurs dans un certain bain. Lorsqu’ils arrivent en équipe de France A, ils ne sont pas perdus." 

Attraper les gros poissons

"On peut dire que la LFH est aujourd’hui plus forte que le championnat de Russie et de Macédoine. C’est une très bonne chose, et c’est pour cela que de nombreuses internationales étrangères veulent venir jouer en France", certifie Siraba Dembélé. Cette année, la LFH fournit le plus gros contingent d'internationales pour l'Euro. Car, au-delà des Tricolores, le championnat développe et accueille des joueuses étrangères de valeur.

Ana Gros, internationale slovène élue meilleure arrière droite de la Ligue des Champions 2018, vit et joue en France depuis 2014, d'abord à Metz, et à Brest cette saison. Le club breton compte également dans ses rangs la Suédoise Isabelle Gulldén, meilleure joueuse de l'Euro 2014. Cette même compétition avait désigné Carmen Martin meilleure ailière droite. L'Espagnole joue aujourd'hui à Nice.

Mercredi, les Bleues défient la Serbie, dans un match crucial pour la qualification en demi-finales. Ces deux nations sont les plus représentées en terme de joueuses LFH (16 en France et 4 en Serbie). Le public français, à Nantes, aura donc l'opportunité de voir briller nombre de filles évoluant à l'année dans les clubs français. 

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