Equipe de France de handball
Nedim Remili et Nikola Karabatic lors du championnat du monde de handball 2019 | AFP

Equipe de France de handball : l'Euro, point de départ d'une année suffocante pour les Experts

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A deux jours de débuter l’Euro à Trondheim (Norvège), l’équipe de France masculine de handball entame une année olympique sans être -déjà- qualifiée aux JO pour la première fois depuis 2008. L’année 2020 s’annonce donc déterminante pour les Experts, à plus d’un titre.

Après une décennie traversée en tant que meilleure formation du Monde, l’équipe de France s'apprête à entrer dans une nouvelle ère. 2020 période de transition, mais surtout la plus angoissante de ces 12 dernières années. Pour la première fois depuis 2008, les Bleus se présentent en compétition sans posséder le moindre titre, et sans être -déjà- qualifiés pour les prochains Jeux Olympiques, à Tokyo cet été. “Les années se suivent mais ne se ressemblent pas. En 2008 on est passé par une phase de TQO, aujourd’hui on se retrouve dans une situation où on essaie de se qualifier pour les Jeux Olympiques, relatait en début de semaine à la Maison du handball Didier Dinart. Tout le monde lorgne cette première place à l’Euro qui nous qualifierait directement pour Tokyo. Maintenant, je me refuse de parler d’un TQO avant la fin de l’Euro.

"Il y a que des chemins tordus pour aller aux Jeux. On prendra tous ceux possibles pour y aller.” 

Car si seul le vainqueur du championnat d’Europe (ou le finaliste si le Danemark, déjà qualifié, est champion ndlr) a le droit à son ticket direct pour le Japon, en cas d'échec les Bleus devront passer par un Tournoi de Qualification Olympique, chez eux en France (17 au 19 avril). Une participation qui ne sera pas "dramatique" pour le président de la fédération Joël Delplanque, et, comme le souligne le DTN Philippe Bana : “Il n’y a pas de bon chemin, il y a que des chemins tordus pour aller aux Jeux. On prendra tous ceux possibles pour y aller.” 

Philippe Bana : "On va entrer dans une lessiveuse qui va nous accaparer pendant presque un an"

En manquant la ligne droite vers Tokyo lors du Mondial 2019 (défaite en demi contre le Danemark), les Bleus ont revu leur plan afin d'atteindre “l’épreuve ultime”, pour reprendre les mots du président Delplanque. Mais attention à ne pas s'égarer. “La pression on l’a mais on sait que l’on a des roues de secours, temporise Michaël Guigou. Je ne dis pas que c’est quelque chose d’inimaginable de ne pas se qualifier pour les JO mais je crois qu’avec l’équipe qu’on a, et le fait de recevoir le TQO, on est dans les meilleures dispositions pour se qualifier, même si ce sera compliqué.” 

Côté sélectionneur, on joue la carte de la sécurité, et on ne veut pas entendre parler de Jeux Olympiques avant d’avoir obtenu la qualification tant convoitée. Didier Dinart voit la route se rétrécir au loin, la boule au ventre, en témoigne son émotion au moment d’annoncer qu’il emmènerait 18 joueurs et non 16 en Norvège, tiraillé par la responsabilité de mettre deux de ses hommes sur la touche, ou par peur de faire le mauvais choix ? 

A la tête de l’équipe de France depuis septembre 2016, l'ancien pivot a eu la lourde tâche de succéder à Claude Onesta. Une relève parfaitement entamée avec le titre Mondial obtenu à domicile en 2017, mais la suite s’est avérée plus complexe. Aujourd’hui c’est “l'angoisse d’être le premier entraîneur à ne pas qualifier l’équipe de France pour les JO” qui submerge le sélectionneur, comme nous l’avouait Philippe Bana. Il est vrai qu’après toutes ces années, ne pas voir la France aux Jeux Olympiques pour la première fois depuis 1992, et la fameuse équipe des “Bronzés”, ferait tâche. 

Un avenir qui tarde à prendre forme

Mais avant d'obtenir le billet pour Tokyo, la France doit tout d'abord gagner. Un précepte oublié depuis deux ans mais avec lequel les Français veulent renouer. “On a faim de retrouver ces titres-là. Certains n’ont jamais rien gagné donc il y a cette envie du fait ne pas avoir de titres, souligne Guigou. 

Cet Euro et les Jeux sont un passage obligatoire pour assurer le relais au sein de l'équipe de France entre les Guigou, Abalo, Karabatic et Sorhaindo, figures emblématiques des Experts et tous âgés de plus de 35 ans d'un côté, et les plus jeunes arrivés à partir de 2016 de l'autre. Depuis 2 ans et les départs de Thierry Omeyer et Daniel Narcisse, cette transition a du mal à prendre forme. “Il y a des joueurs qui sont partis au fur et à mesure et d’autres qui ont réussi à prendre une place, affirme l'ailier aux 278 sélections. On est justement en train de trouver un équilibre. Ces joueurs vont être de plus en plus important et avec ceux qui arrivent l’équipe sera de plus en plus solide malgré les futurs départs et tant mieux pour l’équipe de France.” 

"Il va falloir se réveiller et se mettre un coup de pied au cul."

Ces joueurs sont symbolisés par Nedim Remili (24 ans), Ludovic Fabregas (23 ans) et Dika Mem (22 ans). Trois garçons qui ont participé au sacre de 2017 et qui ont acquis l'expérience pour prendre les rênes de l’équipe. “Je suis là depuis 3 ans, Nedim 4. C’est à nous aujourd’hui de prendre des responsabilités, juge déterminé le Barcelonais Dika Mem. On doit être exigeant. On est pas là pour porter l’équipe mais je pense qu’on a une place importante et on se doit de l’assumer. On ne doit pas se cacher derrière notre âge et lui comme moi on ne le fait pas.” 

Le championnat d'Europe débutera vendredi à Trondheim (Norvège) face au Portugal et marquera donc le début d'une étape à ne surtout pas manquer pour l'équipe de France. Alors si certains n'avaient pas encore saisi l'enjeu, les anciens sont encore là pour tirer la sonnette d'alarme avant de quitter le rang en fin d'année comme Luc Abalo : "Il va falloir se réveiller car il ne faut pas accepter que les lacunes durent trop longtemps. Il faut se battre, se mettre un coup de pied au cul et j’espère qu’on va le faire.

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