Un Euro pour raviver la flamme

Un Euro pour raviver la flamme

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Alors que s'ouvrent ce jeudi les Championnats d'Europe de gymnastique artistique masculine à Montpellier, l'équipe de France a le blues. Le drame vécu par son leader Thomas Bouhail l'a touchée mentalement, même si de nombreuses chances de médailles persistent. Il s'agira du dernier test avant Londres, l'occasion d'obtenir une sélection pour les Jeux ou d'essayer de nouveaux mouvements pour ceux déjà assurés d'y participer.

Un seul être vous manque…

Le drame que vit Thomas Bouhail, passé proche d'être amputé d'une jambe à Noël, a privé l'équipe de France de gymnastique masculine de son plus solide maillon et rendu un peu plus aléatoire la chasse aux podiums aux Championnats d'Europe de Montpellier de jeudi à dimanche.

La carrière du vice-champion olympique du saut des Jeux de Pékin a basculé le 24 décembre après une chute à l'entraînement. Une fracture complexe de la jambe gauche suivie de complications. Cinq mois plus tard, à peine sorti de quinze opérations successives, il se bat pour espérer un jour remarcher normalement, lui qui n'a que 25 ans. "La blessure de Thomas a mis un énorme coup au moral à tout le monde", raconte Laurent Guelzec, l'entraîneur de l'équipe de France masculine.

Une équipe affaiblie

D'abord parce que "Tom la Banane", boute-en-train, donnait des vitamines à toute l'équipe. "A l'Insep, il apportait ce brin de folie. L'entraînement est devenu plus pesant. D'autant que cette année est particulière, chacun joue sa place aux jeux Olympiques", témoigne Gaël Da Silva, son ancien colocataire.

Mais aussi parce que l'équipe se retrouve affaiblie sur certains agrès, à commencer par le saut, dont il est champion du monde 2010 et double champion d'Europe 2009 et 2011, et le sol. Entre les Allemands emmenés par Philipp Boy, les Russes et les Britanniques, il sera plus difficile aux Français de s'intercaler sur le podium européen. "Son absence diminue aussi la notoriété de l'équipe. Quand on a un gymnaste qui est champion du monde, vice-champion olympique dans une équipe, cela donne encore plus de prestance à l'équipe", souligne Laurent Guelzec.

Avec Cyril Tommasone, vice-champion du monde et d'Europe des arçons l'an dernier, et Yann Cucherat, qui dans sa collection de médailles détient deux titres européens aux barres parallèles (2009 à Milan et 2010 Birmingham), l'équipe de France ne manque cependant pas d'éclat. D'autant qu'elle présente deux autres médaillés européens, Samir Aït-Saïd couvert d'argent au saut l'an dernier à Berlin ainsi qu'aux anneaux l'année précédente en Angleterre et Hamilton Sabot, médaillé de bronze sur le sol anglais. Tous ces gymnastes sont évidemment candidats aux podiums ce week-end.

La dernière avant les Jeux

"Ces Championnats sont un petit peu plus importants que d'habitude parce qu'il se jouent en France, et que c'est la dernière compétition grandeur nature avant les Jeux", estime Laurent Guelzec. Pour les uns, Montpellier est l'occasion de tester des mouvements plus complexes devant les juges, avant Londres. C'est le cas de Cyril Tommasone, qui, avec une note de difficulté plus élevée, pourra déjà rivaliser sur papier avec le maître hongrois Krisztian Berki, le seul qui l'avait battu l'an dernier à l'Euro et aux Mondiaux.

Pour d'autres, l'enjeu est d'assurer sa place dans le collectif olympique, qui sera annoncé après les Championnats de France des 9 et 10 juin. Une médaille ouvrirait plus facilement les portes de Londres. "Ne pas amener un médaillé européen aux JO voudrait dire soit que nous sommes très forts, soit très prétentieux ou à côté de nos pompes !", confirme Laurent Guelzec. "Mais encore faut-il que les notes soient en corrélation avec le niveau international, notamment sur les agrès dominés par des Asiatiques comme les barres parallèles".

Peut-être aussi l'occasion pour certains de reprendre le costume de leader délaissé par Thomas Bouhail afin de guider la délégation française sur les Jeux.

Jerome Carrere

Gymnastique