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La joie de Jason Day | Richard HEATHCOTE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le jour de gloire de Jason Day

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Après bien des désillusions, l'Australien Jason Day a enfin décroché son Graal, son premier titre du Grand Chelem, à l'occasion du Championnat PGA, sur le parcours de Whistling Straits (Wisconsin).

Son dernier putt, celui de la consécration, il l'a rentré avec des larmes  aux yeux. Impossible pour lui de ne pas penser, a-t-il reconnu en conférence de  presse, "à tout le chemin parcouru depuis (ses) 12 ans". C'est à cet âge qu'il a perdu son père, emporté par un cancer, et que sa  mère, une Philippine émigrée en Australie dans les années 1980, a mis en vente  la maison familiale pour financer la passion de son fils pour le golf. Elle a pu l'envoyer dans une académie de golf où il a croisé la route de  Colin Swatton, un entraîneur qui est devenu son caddie et un père de  substitution. "Pour nous deux, c'est un grand jour, on était passés si près plusieurs  fois. Je suis fier de lui comme un père peut l'être de son fils", a admis  Swatton, très ému. "Je ne serai pas là si mon père n'était pas mort: une porte s'est fermée ce  jour-là, une autre s'est ouverte grâce aux sacrifices faits par ma mère", a  insisté de son côté Day.   

Zen malgré l'orage

Avant de décrocher ce titre, sous le regard de sa femme Ellie, enceinte de  leur deuxième enfant, il avait accumulé les places d'honneur en Grand Chelem. Le mois dernier, il échouait à la 4e place du British Open sur le parcours  légendaire de St Andrews (Ecosse). En 2011, il avait dû digérer de cruelles 2e  places au Masters et à l'US Open. Rebelote pour l'US Open en 2013. Cette fois, l'Australien, 27 ans, n'a pas laissé passer sa chance et a  décroché avec style le cinquième titre de sa carrière, de loin le plus  important. Troisième après le 1er tour jeudi, il est toujours resté zen, même quand il  a dû terminer samedi au petit matin son 2e tour interrompu la veille par un  violent orage. Il est passé en tête à la faveur du 3e tour et n'a pas craqué malgré la  présence sur ses tâlons du phénomène Jordan Spieth. "Parfois, il n'y a rien à faire, Jason a joué à un niveau auquel je ne l'avais jamais vu jouer", a admis l'Américain, vainqueur du Masters et de l'US  Open en 2015. Day a conclu sa semaine de l'USPGA avec un total de 268, soit un score de  -20, nouveau record dans l'histoire des tournois majeurs.

Spieth N.1 mondial

Le précédent record, -19 lors du British Open 2000, était détenu  par  l'Américain Tiger Woods, l'un des meilleurs amis de Day sur le circuit. "Ce dernier tour a sans doute été le plus difficile de ma carrière, même si  je frappais bien la balle. Je savais que cela allait être difficile, mais ce  fut encore plus difficile qu'attendu", a admis Day. "Mais mes déceptions passées m'ont beaucoup apporté", a-t-il souri. Day a résisté à Spieth qui a terminé à la 2e place, à trois coups (271). Le Texan, âgé de 22 ans, n'a pas rejoint dans la légende Ben Hogan et  Woods, les deux seuls à avoir remporté trois tournois du Grand Chelem durant la  même année. Mais i peut se consoler avec la place de N.1 mondial. Lundi, il détrônera le Nord-Irlandais Rory McIlroy qui a terminé 17e sur le  parcours de Whisling Straits. "Quand j'ai vu que je ne pouvais pas revenir sur Jason (Day), je me suis  dit que finir la saison en étant N.1 mondial était formidable. Cette année 2015  a été extraordinaire pour moi", a-t-il admis.

AFP

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