Tiger Woods et Rory McIlroy
Tiiger Woods et Rory McIlroy | AFP

Le Masters d'Augusta 2019, ou la revanche des cadors ?

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Pour la première fois depuis la création du classement mondial en 1986, aucun des dix meilleurs joueurs actuels de la planète golf n'a déjà inscrit son nom au palmarès du prestigieux Masters d'Augusta, avant l'édition 2019 qui débute jeudi.

À 85 ans, le tournoi du Grand Chelem le plus fermé avec seulement 87 joueurs en lice continue de surprendre. Le premier Majeur de la saison prend un malin plaisir depuis quelques année à faire craquer les cadors et à récompenser des outsiders, comme l'Anglais Danny Willett en 2016, l'Espagnol Sergio Garcia en 2017 et l'Américain Patrick Reed il y a tout juste un an.

Le N.1 mondial Justin Rose est passé tout près du sacre sur le célèbre parcours d'Augusta (Géorgie), mais il a dû se contenter de la 2e place par deux fois (2015, 2017). C'est aussi le seul titre du Grand Chelem qui manque au palmarès XXL du Nord-Irlandais Rory McIlroy. "C'est simplement une coïncidence qu'aucun des joueurs du top 10 mondial n'a jamais remporté le Masters", a balayé l'Américain Justin Thomas, 5e mondial, qui, en trois participations, affiche pour meilleur résultat une modeste 17e place (2018).

"Quand on regarde la qualité du jeu des joueurs qui sont dans ce top 10, le parcours d'Augusta convient à la plupart d'entre nous", a renchéri Rose. "Je dirais que la probabilité est très forte que l'un de ces dix joueurs remporte le titre cette année", a estimé l'Anglais, vainqueur en janvier lors du Farmers Insurance Open de son dixième titre sur le circuit américain PGA.

Woods pense qu'il peut gagner

Malgré ses références horticoles avec des trous portant des noms d'arbustes et de buissons, l'Augusta National Golf Club n'est pas une promenade bucolique. Parmi les seize meilleurs joueurs du monde, un seul s'y est déjà imposé, l'inévitable Tiger Woods qui défiera le monument Augusta pour la 22e fois à 43 ans. Le Tigre, revenu au premier plan en 2018 après quatre saisons désastreuses et autant d'opérations du dos, ne cache pas son impatience et ses ambitions. "J'ai le sentiment que je peux gagner dimanche", a insisté le quadruple vainqueur de l'épreuve (1997, 2001, 2002, 2005).

"J'ai prouvé lors des douze derniers mois que je pouvais à nouveau gagner, j'étais en position de le faire lors des deux derniers tournois du Grand Chelem", a-t-il rappelé. Woods, revenu à la 12e place mondiale, reste en effet sur une 6e place lors du British Open et surtout sur une 2e place lors du Championnat PGA. "Je n'ai plus vraiment besoin de remporter le Masters, mais j'en ai très envie", a prévenu le joueur aux 14 titres du Grand Chelem, dont le dernier succès dans un rendez-vous majeur remonte à l'US Open 2008.

Reed ou McIlroy en embuscade ?

Le tenant du titre, Patrick Reed, tentera de réaliser un exploit rare, conserver le trophée, comme seuls y sont parvenus trois joueurs: le légendaire Jack Nicklaus (1965-66), l'Anglais Nick Faldo (1989-90) et Woods (2005-06).

"J'ai réussi grâce à beaucoup de travail ces dernières semaines à ramener mon niveau où il doit être pour gagner ici", a assuré Reed, très discret en 2019. Pour beaucoup, le favori s'appelle Rory McIlroy. L'ancien N.1 mondial, désormais 3e, a toujours fini dans le top 10 lors des cinq dernières années et vient de remporter le Players Championships après sa 2e place dans la manche mexicaine du Championnat du monde (WGC).

"Cela serait quelque chose d'énorme que de boucler le Grand Chelem, c'est vraiment un objectif, mais je me focalise simplement sur le premier tour", a-t-il assuré. S'il devait revêtir dimanche le célèbre blazer vert remis à chaque vainqueur du Masters, McIlroy deviendrait à 29 ans le sixième joueur seulement à avoir remporté au moins une fois chaque tournoi du Grand Chelem, comme Tiger Woods, Jack Nicklaus, Gary Player, Ben Hogan et Gene Sarazen.

AFP