Tiger Woods

Le golf, un sport coûteux mais où l’argent coule à flots

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Sans surprise, quatre golfeurs figurent dans les 25 premiers sportifs les mieux payés au monde. S’ils empochent de beaux gains lors des tournois, l’essentiel de leurs revenus provient de leurs contrats publicitaires. Les primes de départ et de compléments constituent aussi une belle rente. Mais les dépenses de ces athlètes n'en sont pas moins impressionnantes. A commencer par la rémunération de l'encadrement qui comprend agent, attaché de presse, entraîneur, préparateurs mental et physique, statisticien, coaches spécifiques, kiné, ostéopathe, entre autres.

Les rémunérations des golfeurs, notamment celles provenant des sponsors, sont globalement en hausse ces dernières années mais les sommes qu'ils investissent pour être à leur meilleur niveau sont elles aussi de plus en plus élevées.

Dans le classement 2017 établi par le magazine Forbes des sportifs les mieux payés au monde, quatre golfeurs figurent dans les 25 premiers: le Nord-Irlandais Rory McIlroy (6e) ainsi que les Américains Phil Mickelson (12e), Tiger Woods (17e) et Jordan Spieth (21e).

Woods est devenu en 2009 le premier sportif milliardaire en dollars, toutes disciplines confondues, selon le même magazine. "En 2016, le joueur classé 100e sur notre circuit a gagné un peu plus de 275.000 euros", détaille Keith Pelley, le patron de l'European Tour, moins doté que le prestigieux circuit nord-américain PGA. "En 2017, le 100e au classement européen a engrangé presque 390.000 euros, soit une hausse de 115.000 euros", souligne le Canadien.

Mais les meilleurs golfeurs gagnent davantage avec leurs contrats publicitaires que par les gains amassés en tournois, les golfeuses étant bien plus mal loties dans les deux cas. L'an passé, McIllroy a signé deux contrats de dix ans avec Nike et TaylorMade, chacun pour 100 millions de dollars (82,3 M EUR) portant ses gains annuels à 50 millions (41 M EUR) selon Forbes, dont seulement près de 70% en sponsoring. L'industrie du golf avait pourtant connu une récession en 2014 qui avait incité les sociétés du secteur à freiner les partenariats avec les joueurs.

Ambassadeurs de clubs

Nike s'est d'ailleurs retiré de la production de clubs, balles et autres accessoires pour se concentrer seulement sur les vêtements, chaussures et casquettes de golf. Les golfeurs peuvent aussi "se vendre en tant qu'espace publicitaire" comme l'Espagnol Jon Rahm, 4e mondial, dont le polo arbore le logo de l'entreprise Isagenix, spécialisée dans les compléments diététiques. Lors des "pro-am", où ils affrontent des amateurs plus ou moins fortunés, les joueurs reçoivent prime de départ et compléments. Ils sont également les ambassadeurs de clubs de golf souvent très sélects. Le N.1 Français Alexander Levy, qui a amassé 6,2 millions d'euros à 27 ans sur le Tour européen, s'est ainsi engagé en février pour trois saisons avec le Riviera Golf de Barbossi, situé à Mandelieu-la-Napoule près de Cannes.

Mais les dépenses sont également lourdes car les golfeurs de l'élite font tourner de véritables petites entreprises et, outre leurs nombreux et lointains déplacements, leur hébergement n'est pas toujours pris en charge. L'encadrement peut comprendre agent, attaché de presse, entraîneur, préparateurs mental et physique, statisticien, coaches spécifiques pour le swing et le putting, sans oublier kiné et ostéopathe. Les staffs pléthoriques, réservés aux stars du tennis, sont beaucoup plus communs au golf où les carrières sont plus longues.

Caddies millionnaires

Et les caddies réputés se paient au prix fort, puisque certains deviennent millionnaires.   Sans compter le matériel: un radar Trackman dernière génération, qui permet de suivre le mouvement du club et la trajectoire de la balle, vaut près de 20.000 dollars (16.500 euros), quand des drivers, connectés ou non, approchent les 1.500 euros. "Ca coûte très cher quand on veut être très bon", explique Mike Lorenzo-Vera à l'AFP. "L'an dernier, la saison m'est revenue à 320.000 euros", dévoile le Basque, 152e mondial, qui a "reçu 130.000 euros de sponsors".

"Certains y arrivent peut-être très bien en dépensant seulement 120.000 euros par an, mais j'ai d'autres attentes, donc j'investis dans mon équipe", insiste-t-il. Même raisonnement pour l'espoir français Matthieu Pavon qui souhaite se donner "les moyens à fond, pendant deux ou trois ans, de travailler dur avec un staff" pour essayer de se fixer dans le Top 50 mondial et de rejoindre le PGA Tour aux Etats-Unis.

Pour l'après-carrière, la reconversion sur le circuit senior assure des gains très confortables à ceux qui n'ont pas lancé leur business, à l'image du Sud-Africain Ernie Els, qui possède des vignobles près du Cap, de son compatriote Gary Player, éleveur de chevaux de course, ou de l'Américain Jack Nicklaus, auteur de plusieurs livres de coaching. Tous trois sont aussi impliqués dans la lucrative conception de parcours de golf.

Chloé Joudrier