Le peloton au départ
Le peloton au départ de la 15e étape à Limoux | AFP - LIONEL BONAVENTURE

Gare à la bordure !

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Languedoc-Roussillon. Ses vignes ensoleillées. Ses paysages reposants. Son vent violent. Entre Limoux et Montpellier, les rafales annoncées autour de 70 km/h seront-elles propices à un coup de bordure ?

Ceux qui y croient

Les BMC auraient-ils une idée derrière la tête ? Avec sa grosse équipe de rouleurs et des conditions idéales pour bordurer, John Lelangue se tient prêt à lancer la machine. « On sait qu’aujourd’hui que ce n’est peut-être pas une journée si facile que ça, prévient le manager de Cadel Evans. J’avais regardé la carte du Tour il y a quelques temps et je m’étais dit que si un venait de là, ça pouvait être sympathique. Mais ça peut jouer dans les deux sens. Ça peut être propice pour faire quelque chose ou pour perdre le Tour. En tout cas ça va rendre la course plus intéressante. Peut-être qu’on aura un schéma classique avec des échappés repris puis un sprint massif mais l’opportunité est là. » En 2007, Christophe Moreau s’était fait piéger par une bordure initiée par les Columbia. En 2009, c’est Alberto Contador qui avait fait les frais d’un vent de côté. En jaune depuis Monaco, Fabian Cancellara avaient fait rouler ses hommes avec l’aide des Astana de …Contador. Bruyneel ayant choisi de favoriser Lance Armstrong qui était à l’avant.

Ceux qui en doutent

Bordure, rêve ou réalité ? Pour Philippe Raimbaud de Saur-Sojasun, cela semble peu probable. « Tout dépend de l’orientation réelle du vent, explique-t-il. Je ne suis pas certain que les zones qui s’y prêtent soient suffisamment proche de l’arrivée pour que ce soit dangereux. On fantasme souvent sur les bordures et généralement la montagne accouche d’une souris. » Pour Jérôme Pineau (Quick Step), c’est la fatigue du peloton qui est garant d’une journée « tranquille ». « Sur le Tour c’est rare quand on voit des bordures. Mais il faut rester tranquille, les Pyrénées viennent de passer. Même si on dit qu’il ne s’est rien passé, nous derrière on en chie. Je ne vois pas quelle équipe va mettre en route une bordure. Pas Europcar, ça ne va pas dans leur sens. HTC va rouler mais de là à faire une bordure, je ne pense pas. » Même sentiment pour l’ancien routier-sprinteur Jo Planckaert qui a vu des coureurs « cramés » après la montagne.

Ceux qui stressent

Quand le vent chatouille les oreillettes dès la sortie du bus, le stress monte forcément. Surtout pour ceux qui ne sont pas des gros rouleurs. « Pour les coureurs, vent de face c’est le meilleur car le peloton ne roule pas trop vite et tu peux rester derrière, raconte l’ancien spécialiste des bordures Jo Planckaert. Mais un vent de côté, c’est toujours dangereux. Du coup on est stressés le matin. » Dans le peloton, le Belge sait que les frères Schleck n’aiment pas le vent et s’attend à les voir courir devant. A l’aise en altitude, beaucoup moins sur le plat, David Moncoutié est inquiet. « Il y en a qui sont stressés par les étapes de haute montagne et d’autres comme moi qui sont un peu stressés par les étapes de plaine où on annonce beaucoup de vent. Le final va être nerveux, j’espère que l’échappée partira vite et que derrière il n’y aura pas le chantier. Il y a de la fatigue avec un début de Tour dur, des mauvaises conditions météo, les Pyrénées, il va falloir s’accrocher. » Jo Planckaert a la solution. Se caler dans la roue de Fabian Cancellara. « Quand il est devant toi, fini le stress. »