Gaël Monfils
Gaël Monfils | AFP-Patrik Stollarz

Gaël Monfils à la croisée des chemins

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Gaël Monfils a déclaré forfait pour le Challenger de Rome, qui devait lui permettre d’accumuler les matches et de retrouver le rythme à quinze jours de Roland-Garros, son tournoi fétiche. Un contretemps supplémentaire qui inquiète sur l’état de santé d’un ex numéro 7 mondial ayant trop rarement confirmé les promesses affichées en début de carrière.

Il serait facile de tirer à vue sur Gaël Monfils et de titrer « itinéraire d’un talent gâché » pour déblatérer sur le cas du Parisien. La situation est beaucoup plus complexe. On ne parle pas simplement d’un joueur talentueux à qui l’on promettait un avenir doré, mais aussi d’un garçon attachant, peut-être pas toujours bien guidé et recadré comme il aurait fallu, qui tente un comeback au plus haut niveau.

105e au classement ATP

La route empruntée par Gaël Monfils (26 ans) s’apparente à un vrai chemin de croix depuis le début 2012. Entre blessures à répétition et déprimes passagères, l’ancien champion du monde juniors n’a jamais pu retrouver l’efficacité de ses meilleures années (2008, 2009). Forfait l’an passé pour Roland-Garros, Wimbledon et les Jeux Olympiques, en raison d’une blessure au genou droit, le Français a plongé au classement ATP. Il pointe cette semaine à la 105e place mondiale, un rang indigne de son potentiel.

Cette saison, Monfils affiche un bilan équilibré de 11 victoires pour 10 défaites. Demi-finaliste à Auckland (battu par David Ferrer), éliminé au troisième tour de l’Open d’Australie par Gilles Simon au terme d’un combat d’éclopés conclu 8-6 au cinquième, « La Monf » est arrivé motivé pour le printemps terrien après avoir vu Indian Wells et Miami lui passer sous le nez, faute d’un classement suffisamment élevé.

"Je veux retrouver un entraîneur"

A Bucarest, Monfils a disposé de Filippo Volandri 6-4, 6-2 avant d’abandonner –diminué- contre l’Allemand Daniel Brands qui menait 7-6 (7/1), 2-0. Sur la terre battue de Munich, Monfils a tiré profit de  son invitation pour battre l'Autrichien Jürgen Melzer, tête de série N.8, 6-3, 6-3, avant de tomber de nouveau contre Brands (6-3, 3-6, 6-0) en alternant le solide et le franchement médiocre, tant dans le jeu que dans l’attitude.

« Je veux retrouver un classement honorable, un entraîneur, un kiné. Et "wanagain", on est reparti!  » affirmait-il pourtant jeudi dans un entretien accordé à L’Equipe. Pour l'instant coaché par Eric Winogradsky, prêté par la FFT, Monfils lorgne d’un œil averti sur le marché des transferts. "J'attends un peu, je sais qu'il y a des contrats d'entraîneurs qui finissent bientôt. Il faut être patient", disait-il encore comme pour prouver son désir d’investissement et sa foi en un retour dans le Top 20, son véritable objectif.

Pas de miracle à attendre

Le Parisien a prouvé par le passé qu’il pouvait effectuer de brillants parcours dans les grands rendez-vous (demi-finale à Roland-Garros perdue contre Federer en 2008 + trois autres quarts en Grand Chelem) mais son mental et son physique sont aujourd’hui sujets à caution.

Le Challenger Primrose de Bordeaux (du 11 au 19 mai) en dira davantage sur ses réelles possibilités du moment, mais il semble qu’il ne faille malheureusement pas attendre de miracle. Atteindre la deuxième semaine d’un Majeur ou remonter dans les 15 premiers à l’ATP reste un vœu pieux à moyen terme. S’il parvient à revenir à un niveau descend (Top 50) d’ici la fin de l’année, ce sera déjà une victoire pour le plus énigmatique des tennismen français.