Joachim Low fragilisé

Euro 2020 : Löw sous pression après l'éviction des anciens

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En poussant trois champions du monde vers la retraite internationale, le sélectionneur allemand Joachim Löw a renié ses principes et fragilisé sa position à la tête de la Mannschaft. Son équipe "rajeunie" qui accueille la Serbie mercredi en match de préparation, avant de débuter les qualifications de l'Euro-2020 dimanche (20h45) au Pays-Bas, n'a pas le droit à l'erreur.

Pro et anti-Joachim Löw sont d'accord sur un point : en évinçant Thomas Müller, Mats Hummels et Jérôme Boateng, le sélectionneur allemand, a non seulement pris les trois stars du Bayern à contre-pied, mais également toute l'Allemagne. Il s'est surtout mis sur les épaules une pression extrême avant les deux premiers matches de l'année (Serbie, Pays-Bas).

"L'avenir de Joachim Löw comme sélectionneur va dépendre de sa capacité à réussir le rajeunissement de façon à ce que l'Allemagne soit de nouveau un candidat au titre à l'Euro-2020, et à ce que son équipe ne plie pas les voiles honteusement dès la fin du premier tour comme en Russie", met en garde cette semaine Kicker, le magazine du foot allemand.

Un équilibre entre jeunesse et expérience balayé

Combien de fois, ces dernières années, Löw avait-il insisté sur l'importance "de l'équilibre entre jeunesse et expérience"? Et sur la nécessité pour les jeunes d'avoir "des joueurs cadres pour s'orienter"? Après la débâcle de l'élimination au premier tour du Mondial en Russie, il n'avait rien lâché de ses sacro-saints principes, reconduisant son ossature de champions du monde 2014 pour les premiers matches de la saison en septembre. 

Il avait fallu attendre la descente en novembre en Ligue B des nations, une nouvelle humiliation, pour qu'il consente à rajeunir l'effectif. Mais jamais il n'avait prononcé de paroles définitives, promettant à ses grognards "laissés au repos" (Khedira et Boateng notamment) qu'ils reviendraient dès que leurs performances le justifieraient de nouveau.

Un changement incompris par son mentor

Le changement de cap a été brutal. Et mal compris par beaucoup. "Il donne l'impression d'abandonner ses fondamentaux après 13 ans à la tête de la sélection, et de gouverner en violant des règles qu'il avait toujours suivies obstinément", s'étonne Kicker, à l'unisson des experts du pays.

Jürgen Klinsmann lui-même, son mentor et prédécesseur au poste de sélectionneur, semble ne pas comprendre : "Personnellement, j'espère que la porte est encore ouverte pour les trois joueurs parce que ce sont bien sûr des joueurs de haut niveau, ils sont champions du monde. Et si le besoin se faisait sentir, il serait extrêmement important de pouvoir recourir à un Thomas Müller, un Mats Hummels ou un Jérôme Boateng", confiait-il dans une interview à SID, l'agence sportive filiale de l'AFP.

Certes la poule de qualification de l'Allemagne pour l'Euro, avec les Pays-Bas, l'Irlande du Nord, l'Estonie et le Bélarus (les deux premiers sont qualifiés) est abordable. Mais si l'équipe tangue, Löw tanguera avec. Premiers éléments de réponse mercredi et dimanche face à la Serbie mercredi puis au Pays-Bas.

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