Fatma Samoura Fifa
Fatma Samoura, secrétaire générale de la Fifa. | NINA ZOTINA / SPUTNIK

Transferts, budgets et droits TV : le football féminin veut décoller

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"Aujourd'hui le foot masculin ça paie, le foot féminin ça coûte. Ca devrait payer et ça va payer." Le constat de Fatma Samoura, numéro 2 de la Fifa, illustre la faiblesse financière d'une discipline qui espère bientôt en finir avec ses trop rares transferts et ses droits télé mal exploités.

A côté des montagnes d'argent brassées chez les messieurs, les sommes en jeu paraissent minuscules du côté des dames qui évoluent parfois encore, en championnat, avec un statut semi-professionnel. En 2018, la Fifa a ainsi recensé 16.533 transferts internationaux pour les premiers, avec un butin s'élevant à 7,03 milliards de dollars (environ 6,27 millions d'euros), contre 696 mouvements et 564.354 dollars pour les secondes !

L'écrasante majorité des transferts (97%) se fait sans indemnité financière. Et, dans neuf cas sur dix, les joueuses attendent la fin de leur contrat pour rejoindre un nouveau club, comme l'a fait à l'été 2017 l'attaquante du Barça Toni Duggan en quittant Manchester City.

Aux Etats-Unis, dans la relevée NWSL, les rares mouvements en cours de contrat se font par "échanges", comme dans les autres championnats professionnels nord-américains. A ce titre, le chèque record (100.000 dollars selon la presse) pour attirer en 2011 la star Megan Rapinoe au magicJack, une franchise de Floride, fait figure d'exception.

Pourquoi un tel écart avec les messieurs ?

Tout simplement parce que les joueuses sont amateures dans de nombreux pays et que, là où le football féminin est plus développé, les ligues d'élite comportent peu d'équipes. Et qui dit moins de matches, dit moins de revenus. "La professionnalisation à venir du football féminin devrait conduire à plus d'équipes, des saisons plus étendues et des contrats plus longs, tout ceci étant susceptible d'avoir un impact sur les flux de transferts", avance cependant la Fifa dans un rapport publié en septembre.

Mais pour multiplier les transactions de haut vol, les clubs auront besoin de gonfler leurs revenus. Or, actuellement un club comme l'Olympique lyonnais, la référence en Europe, ne dispose que d'un budget oscillant entre 7 et 8 millions d'euros. Seule une réévaluation massive des droits télé et des contrats de sponsoring pourrait permettre au foot féminin de franchir un cap supplémentaire.

En France, Canal Plus a vu les choses en grand et diffuse, depuis le début de saison, tous les matches de la Division 1 féminine. Selon le quotidien Le Parisien, la chaîne privée devra payer 1,2 million d'euros par saison, pendant cinq ans, contre 110.000 en 2011 et 200.000 en 2017.

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Des droits de retransmission en pack

La diffusion de la Coupe du monde féminine s'est étendue de manière spectaculaire à travers le globe lors des trente dernières années. Alors que seuls les téléspectateurs chinois ont pu suivre le premier tournoi, organisé dans l'Empire du milieu, l'édition 2019 sera retransmise en direct dans plus de 200 pays, avec un milliard de téléspectateurs espéré par la Fifa. Pourtant, cette montée en puissance ne profite pas encore pleinement au football féminin.

Dans le système actuel, les diffuseurs comme Fox aux Etats-Unis et au Canada, ou TF1 en France, acquièrent les droits de retransmission de plusieurs compétitions internationales (Mondial messieurs et dames, Coupe des confédérations, etc.) dans un même pack. De fait, "la Coupe du monde féminine est commercialisée aujourd'hui comme un sous-produit de la Coupe du monde des hommes", a reconnu en février Fatma Samoura, secrétaire générale de la Fifa.

Sur la manne financière que représentent les droits télévisés dans le football mondial, seulement "1% revient au football féminin. C'est inacceptable", s'était-elle indignée, tout en promettant du changement. "L'objectif de la Fifa est d'avoir un produit à part entière qui puisse être commercialisé et rapporter suffisamment pour développer des infrastructures", selon elle. 

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AFP

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