Thierry Henry
Thierry Henry est le meilleur buteur de l'histoire de l'Equipe de France | FRANCK FIFE / AFP

Thierry Henry à la retraite: un monument à Arsenal et ailleurs

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Vingt ans après le début de sa carrière, Thierry Henry a annoncé, via son compte Facebook, ce que tout le monde attendait: sa retraite sportive. Passé par Monaco, la Juventus, Arsenal, Barcelone et New York, Thierry Henry aura marqué de son empreinte une période de l'histoire du football. Alors que "Titi" passera de l'autre côté du micro pour sa seconde carrière, retour sur la première, immense, magnifique.

Il n’y aura plus de folles chevauchées vers les buts, terminés les ballons enroulés de son magnifique pied droit, oubliées ses célébrations de buts surprenantes, Thierry Henry n’est plus joueur de football. L’issue semblait inéluctable, son annonce sur son compte Facebook l’a rendue officielle. Le natif des Ulis (Essonne) achève sa symphonie avec 920 matches disputés et 414 buts à son compteur. Le clap de fin est tombé sur la carrière de l’un des meilleurs joueurs des années 2000.

Six buts en un match à 13 ans

Pour tous les amoureux du football, Thierry Henry c’est avant tout Arsenal. Effectivement, c’est avec les Gunners que « Titi » a écrit les plus belles pages de sa carrière de joueur. Mais l’histoire a commencé bien avant 1997 et son arrivée à Londres. En vérité, elle a débuté au CO Les Ulis là où sa vitesse fait déjà des miracles. « Transféré » à Palaiseau puis à Viry-Châtillon, Henry fait saliver les grands clubs français. Monaco dépêche un recruteur pour le superviser. Arnold Catalano, l’homme du Rocher, ne peut qu’être subjugué par le jeune joueur qu’il observe. Lors d’une victoire 6-0 de son équipe, Thierry Henry inscrit… six buts !

La carrière de « Titi » prend une autre tournure. Elle est sur les rails. Comme une évidence, Henry s’impose en équipe réserve de l’ASM dès 1993. C’est logiquement qu’il dispute son premier match pro le 31 août 1994 face à l’OGC Nice. Il n’attendra que sept mois pour inscrire ses premiers buts en première division, un doublé face à Lens (victoire 6-0 de Monaco). Thierry Henry n’a que 17 ans mais il est déjà pressé. Champion d’Europe des moins de 19 ans en 1996, il connaît sa première sélection chez les A un an plus tard, à 20 ans en même temps qu'il devient champion de France avec l'ASM. Sur le terrain comme dans sa carrière, Henry va vite. 

Thierry Henry célèbre son premier titre de Champion de France avec Monaco en 1997
Thierry Henry célèbre son premier titre de Champion de France avec Monaco en 1997

Avec Henry, les Bleus tiennent leur buteur

En équipe de France, Aimé Jacquet est alors à la recherche de la perle rare, celle qui pourra évoluer devant la paire Djorkaeff-Zidane. Le sélectionneur des Bleus a bien tenté Loko, Dugarry, Ouédec, Maurice ou Keller, aucun ne lui convient. La Coupe du Monde 1998 sera le révélateur pour Henry. Trois buts lors des deux premiers matches et un tir au but plein de sang froid face à l’Italie en quarts de finale plus tard, Henry devient champion du monde. S’il n’a pas marqué à partir des 8es de finale, il a eu un rôle à jouer dans la conquête de la première étoile de l’Histoire des Bleus. C’est sans doute pour ça qu’il tape dans l’œil de la Juventus qui le recrute un an plus tard. Ce passage de six mois en Italie est le seul point noir dans sa carrière. Mal utilisé, il se morfond. Ce séjour en Italie sera aussi le tremplin pour ce qui constituera l’apogée de sa carrière : Arsenal. 

"Titi" embrasse la Coupe du Monde 1998 en compagnie de Youri Djorkaeff
"Titi" embrasse la Coupe du Monde 1998 en compagnie de Youri Djorkaeff

Le meilleur joueur de l'histoire d'Arsenal

Dans le nord de Londres, là où le club d’Arsenal, a élu domicile, Thierry Henry est une légende. Pour bien le comprendre, jetez un œil à ses statistiques : 451 matches disputés, 262 buts, 108 passes décisives, deux titres de Champion d’Angleterre (2002 et 2004), deux fois meilleur buteur européen (2004 et 2005) et trois fois joueur de l’année en Angleterre (2003, 2004 et 2006). Suffisant pour avoir sa statue devant l’Emirates Stadium, le nouveau jardin des Gunners. Car le stade qu’Henry a enflammé, c’est Highbury, l’ancienne enceinte d’Arsenal. Ses chevauchées fantastiques ont ravi le cœur des fans à qui il a laissé un souvenir impérissable. Même son départ pour Barcelone n’a pas écorné son image auprès des supporteurs. On en veut pour preuve son retour triomphal sous forme de prêt en 2012. Peu de joueurs français ont laissé une telle trace dans un club étranger, à peine peut-on évoquer Michel Platini à la Juventus et Zinedine Zidane au Real Madrid. Ça vous classe un homme. 

Thierry Henry était comme chez lui à Arsenal
Thierry Henry était comme chez lui à Arsenal

Une trace indélébile dans l'histoire

C’est avec le Barça que « Titi » va connaître la consécration européenne. La Ligue des Champions qui lui a toujours échappé avec les Gunners lui sourit en 2009. A ce moment-là de sa carrière, il a tout gagné, en club comme en sélection. Chez les Bleus, Henry est la pièce maîtresse en compagnie de Zidane. Buteur, leader, il mène ses troupes vers les sommets. 123 sélections et 51 buts le font rentrer dans l’Histoire des Bleus comme le "scoreur" le plus prolifique sous le maillot de l'équipe de France, devant Michel Platini. L’épisode Knysna ternit sa fin en bleu. On peut regretter que la Fédération française de football n’est pas décidé de lui offrir une belle sortie avec une ultime sélection au Stade de France. Qu’à cela ne tienne, Thierry Henry a marqué tous les pays qu’il a traversés. Sa trace dans l’histoire du football français est elle indélébile.

Christophe Gaudot @ChrisGaudot