Thiago Silva
Thiago Silva a rejoint le PSG en échange de 45 millions d'euros | BERTRAND LANGLOIS / AFP

Seul Paris ne connaît pas la crise

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Alors que le mercato estival français a fermé ses portes avec quelques jours de retard sur ses voisins européens, les effectifs des clubs de Ligue 1 ont été remodelés. Mais à l’exception notable du PSG, qui a écrasé tous les records en matière de transferts, l’heure a surtout été au dégraissage dans cette période de marasme économique. Tour d’horizon.

Comment ne pas débuter ce bilan mercato par le PSG ? Principal artisan du marché des transferts, le club de la capitale a marqué les esprits. Zlatan Ibrahimovic, Thiago Silva et Ezequiel Lavezzi, pour ne citer qu’eux, ont ainsi cédé aux avances des dirigeants qataris, bien aidés par le carnet d’adresses de Leonardo et l’aura mondiale de Carlo Ancelotti. 

Paris, champion d’Europe du mercato

Des arrivées qui ont définitivement fait basculer le PSG dans une autre dimension. Avec un total de dépenses de 145 millions d’euros (incluant Lucas Moura et Van der Wiel), Paris a été, et de loin, le premier acheteur européen du marché estival. Si l’apport de ces recrues ne s’est pas encore pleinement traduit sur le terrain, nul doute que l’image du PSG a définitivement gagné en attractivité bien au-delà des frontières de l’hexagone. 

Lille a été le seul club à suivre, toute proportion gardée, le rythme infernal du PSG. Hormis le pari Ryan Mendes, le jeune attaquant havrais recruté dans les derniers jours du mercato, l’ancien Blues Salomon Kalou a débarqué gratuitement dans le Nord, tandis que Marvin Martin a également posé ses valises dans le club de Michel Seydoux. Des arrivées qui ne seront pas de trop pour compenser le départ du prodige belge Eden Hazard, transféré à Chelsea en échange de 40 millions d’euros.

Montpellier conserve son ossature

Tout juste auréolé de son incroyable titre de champion de France, Montpellier a dû composer avec les envies de départ de certains de ses joueurs clés. Si Belhanda a choisi de poursuivre son aventure dans le club héraultais, Olivier Giroud a lui préféré traverser la Manche pour rejoindre Arsène Wenger à Arsenal. Contraint de bien cibler ses futures recrues, Montpellier a effectué un mercato intelligent. Outre l’inconnu au bataillon Herrera, chargé de faire oublier Giroud à la pointe de l’attaque, René Girard a pu bénéficier du renfort d’Anthony Mounier et Daniel Congré, deux recrues peu couteuses mais déjà bien aguerries aux joutes de L1. Par ailleurs, le club héraultais a conservé la plupart de ses joueurs, ce qui lui permettra de se battre pour une place dans le Top 5. 

Si ces deux équipes ont su gérer les départs, Lyon, Marseille et Rennes ont eu plus de mal. Seuls Bisevac, Monzon, Mvuemba et Malbranque ont posé leurs valises dans le Rhône. Les Lyonnais devraient pouvoir faire aisément le deuil de plusieurs « anciens » du club, tels Källstrom (Spartak Moscou), Cris (Galatasaray), Cissokho (Valence) ou Ederson, mais ils pourraient avoir plus de mal à se remettre du départ d’Hugo Lloris, parti à Tottenham. Jean-Michel Aulas l’avait annoncé, Lyon va miser sur ses jeunes. Le début de saison de l’OL, 2e grâce à trois victoires et un match nul, lui donne raison.

L’OM mise sur Barton

A Marseille, l’été s’est avéré morose. Le départ de Didier Deschamps, remplacé par Elie Baup, a quelque peu secoué la Cannebière. A l’image de Lyon, l’OM n’avait plus les moyens d’investir et n’avait pas d’autre choix que de dégraisser son effectif avant de recruter. Exit donc Diarra, Azpilicueta et M’Bia, partis se changer les idées en Angleterre. Et si l'achat de l'anonyme Raspentino n'a pas enflammé les supporteurs olympiens, l'OM a surtout fait les gros titres avec la signature du "bad boy" Joey Barton. L'enfant terrible du football anglais a accumulé au cours de sa carrière les suspensions et les condamnations en justice pour des actes de violence. Des considérations qui n'ont pas eu l'air de déranger les dirigeants marseillais, qui devront tout de même patienter pour voir leur nouveau joueur à l'oeuvre, Barton devant purger une suspension de 12 matches.

Enfin, le calme plat s’est également installé en Bretagne, où Rennes n’a enregistré pratiquement aucune arrivée significative à l’exception de Jean II Makoun en provenance d’Aston Villa. De nombreux joueurs ont pourtant préféré aller voir ailleurs. Hadji (Al-Arabi), Mangane (Al-Hilal), Doumbia (Wolverhampton), Kembo-Ekoko (Al-Aïn), Brahimi (Grenade), Tettey (Norwich) ou encore Boukari (Wolverhampton) ont ainsi levé les voiles et cédé pour beaucoup d’entre eux aux sirènes du Golfe persique et d’Angleterre. Le début de saison de Rennes, 17e (une victoire et trois défaites), n’incite pas à l’optimisme.Le FC Lorient a réussi un joli mercato avec les arrivées de Ludovic Giuly et Alain Traoré, et celle de dernière minute de Benjamin Corgnet, en provenance de Dijon. Un joli coup réalisé par Christian Gourcuff.

Pour les autres clubs, la prudence a également été de mise. A noter tout de même le gros coup d'Ajaccio, qui est parvenu à attirer le sulfureux Adrian Mutu, 33 ans, contrôlé positif à deux reprises en 2004 et 2010 et qui a choisi de relever un dernier défi en s'engageant avec le club corse.

Victor Patenôtre