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Tout un symbole, Eric Abidal a eu le privilège de soulever le premier le trophée | AFP

Royal Barça !

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Le FC Barcelone a dompté Manchester United (3-1) et remporté avec brio la finale de la Ligue des Champions. Cette équipe, que l'on peut probablement élever au rang de meilleure équipe de club de tous les temps, a soulevé son quatrième trophée de C1 après 1992, 2006 et 2009. Le collectif catalan a certes régalé les fans du ballon rond, mais c'est surtout Lionel Messi, qui a éclaboussé cette finale de son incroyable talent.

Devant les heureux 90.000 spectateurs du Stade de Wembley, les Red Devils tentaient, à la manière du Real Madrid, d’exercer un pressing assez haut. Le round d’observation n’avait pas vraiment lieu, et l’on pensait bien que les Mancuniens allaient ouvrir le score à la suite d’une mésentente entre Piqué et son gardien (11e). Dans la foulée, c’était au tour de Villa de se procurer une occasion, l’attaquant catalan voyant son tir contré au dernier moment alors qu’il se trouvait dans la surface. A noter qu’Eric Abidal à peine trois mois après son opération d’une tumeur au foie, se trouvait bel et bien dans le onze de départ. Doucement, mais sûrement le collectif bien huilé, la mécanique de haute précision du Barça se mettait en place.

Guardiola : "C'est la manière qui nous rend le plus fiers"

A la 18e minute, Léo Messi prenait ses aises en enchaînant une série de dribles dont il a le secret, avec notamment un petit-pont sur Giggs. Le public appréciait en connaisseur, même si l’action n’aboutissait pas. Comme on pouvait s’y attendre, le pressing exercé en début de rencontre par MU n’existait plus. On assistait à un jeu de passe à dix des joueurs du Barça, avec des frappes signées Pedro ou encore Villa. Après 20 minutes de jeu, Sir Alex Ferguson devait se rendre à l’évidence, cette finale serait très compliquée à remporter. Heureusement, le manageur écossais pouvait compter sur une défense centrale affûtée.

Mais la bataille du milieu de terrain a fait céder les Red Devils. Auteur d’une passe au millimètre, Xavi offrait une occasion en or pour Pedro, qui ne ratait pas le coche, et crucifiait van der Sar d’une frappe décroisée, pour le plus grand bonheur des très nombreux fans du Barça (27e, 1-0). Et alors que tous s’attendaient à un récital des Blaugrana, Rooney n’a pas tardé à trouver la lucarne droite des cages de Valdés, à la suite d’un une-deux avec Giggs, peut-être entaché d’un hors-jeu du Gallois (34e, 1-1). Tout était à refaire pour les hommes de Guardiola qui gardaient le fil et manquaient de peu un deuxième but à la suite d’une nouvelle démonstration signée Messi, qui s’offrait un énième petit-pont, cette fois sur Vidic, qui enchaînait avec un une-deux avec Villa, mais l’Argentin était trop juste pour reprendre le centre. Les deux équipes regagnaient finalement les vestiaires sur ce score de parité (1-1).

Messi dans une autre dimension

L’efficacité mancunienne pouvait-elle venir à bout de la technique barcelonaise ? Tel était l’enjeu de cette deuxième période, qui débutait sur le même rythme que la première. L’engagement des 22 acteurs était total, mais de ces 22 joueurs, il en était un seul qui était capable de peser autant dans cette finale, Messi. L’insaisissable argentin, servi par Iniesta, profitait de la passivité de Vidic pour tenter sa chance sur une frappe croisée, qui trompait le portier néerlandais à la 54e minute (2-1). Les Red Devils sentaient que la suite allait être compliquée, mais comme ils l’ont souvent fait ces derniers mois, ses joueurs repartaient au combat, ne lâchaient rien.

Les coéquipiers de Rooney enchaînaient toutefois un peu trop les fautes grossières, à l’image d’un tacle en retard de Carrick sur Iniesta, qui aurait sans doute mérité une autre couleur que le jaune infligé par l’arbitre hongrois de la rencontre, M. Kassai. Ces faits de jeu n’entamaient pas le moral de Messi, bien au contraire. Le N.10 argentin se prenait toujours pour un joueur de jeu vidéo, et donnait bien du mal à van der Sar, qui malgré ses 40 ans, restait diablement efficace. Le dernier rempart s’illustrait notamment sur une frappe de Xavi qui prenait le chemin du petit filet (ou du poteau). Nani prenait place en remplacement de Fabio, visiblement blessé.

Après quelques alertes sur son côté droit, la défense mancunienne subissait les arabesques de Messi, qui provoquait, driblait, et d’un coup de rein, se jouait de ses adversaires, pour adresser sur un plateau un centre en retrait à Villa, qui d’une frappe enroulée, inscrivait le troisième but du Barça (69e). A 3-1, et devant une telle démonstration, on voyait difficilement Manchester se remettre d’une pareille situation. Après quelques nouveaux dribbles de Messi, les Red Devils devaient se rendre à l’évidence, Barcelone lui était supérieur, et remportait sans grande surprise cette édition 2011 de la Ligue des Champions.

REACTIONS
Nemanja Vidic (capitaine de Manchester  United): "Nous n'avons jamais joué une équipe comme Barcelone. Ils jouent du  grand football et méritaient de gagner. Nous avons essayé d'exercer un pressing  haut et nous y sommes parvenus seulement par moments."
Rio Ferdinand (défenseur de Manchester United): "Nous avons été meilleurs  que la dernière fois (en 2009). Nous avons eu quelques occasions. Quand nous  sommes revenus à 1-1, nous avons cru à la victoire, mais ça ne s'est pas  produit. Il faut reconnaître leur mérite, même si un ou deux buts étaient  évitables."
David Villa (attaquant du FC Barcelone, sur la  télévision publique espagnole): "C'est un rêve. Il y a beaucoup de travail  derrière. Nous sommes heureux. Dans un stade (Wembley) aussi important pour ce  club... on ne peut pas être plus heureux. (Au moment du but) j'ai ressenti une  grande joie. Cela faisait 3-1 pour nous, on était beaucoup plus tranquilles.
Josep Guardiola (entraîneur du FC Barcelone,  sur la télévision publique espagnole): "Nous sommes très contents. Gagner la  Ligue des champions, c'est quelque chose de très difficile. Nous avons eu plus  de temps pour préparer cette finale que celle de Rome (en 2009). Nous avons  fait un excellent match. Manchester est capable de te marquer un but avec très  peu de choses. Tant que ce n'est pas terminé, rien n'est jamais décidé mais  nous avons très bien contrôlé le match."

Romain Bonte