Franck Ribéry
Franck Ribéry lors de la remise du Ballon d'or 2013 à Cristiano Ronaldo | AFP PHOTO / FABRICE COFFRINI

Ribéry accuse le coup

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A l'annonce de l'attribution du Ballon d'Or, Franck Ribéry a accusé le coup dans la salle où avait lieu la manifestation lundi à Zurich. Visiblement, jusqu'au dernier moment, le joueur Français pouvait croire en ses chances au vu de ce qu'il avait réalisé lors de l'année écoulée. Troisième seulement du classement derrière Cristiano Ronaldo et Lionel Messi, qui ont certes une véritable aura mais peu de résultats significatifs lors de l'année écoulée au regard du Munichois. Ribéry a rapidement quitté les lieux de la cérémonie en faisant savoir qu'il ne voulait pas s'exprimer -pour le moment- sur le sacre de Ronaldo...

Jamais Ballon d'Or n'avait suscité autant de passion, débats et polémiques, à l'image de la déception de Michel Platini. Et ce n'est sans doute pas fini. L'Allemagne, qui adule Ribéry, lui qui a tout remporté avec le Bayern -Bundesliga, Ligue des champions, Coupe d'Allemagne, SuperCoupe d'Europe et Mondial des clubs- n'est pas prête de pardonner ce crime de lèse "Kaiser Franck". L'ex-joueur de Marseille avait aussi été sacré joueur UEFA de la saison passée. Nul doute qu'il s'agit donc là, pour Ribéry, d'une véritable déception. A 30 ans, il n'aura en effet que peu de chances de pouvoir de nouveau prétendre à une telle récompense si prestigieuse.Il l'avait d'ailleurs dit avant même de connaître la décision de ce lundi soir: je ne sais pas si je pourrai revivre une saison comme celle-là".

Le Bayern évoque un complot

Cristiano Ronaldo, 28 ans, n'a rien gagné avec le Real Madrid en 2013. Mais ce sont ses statistiques "perso" (69 buts en 59 matches) qui lui ont valu la récompense suprême. Au même titre que ses performances, enfin, à la hauteur avec la sélection portugaise, comme lors du barrage pour le Mondial-2014 remporté contre la Suède, avec notamment un triplé au retour. C'est d'ailleurs la prise en compte de ce barrage retour dans les votes qui a fait coulé beaucoup d'encre. Le président du Bayern Munich, Uli Hoeness, évoquait récemment ainsi à mots couverts dans la presse allemande un complot visant à ce que Ribéry ne gagne pas le Ballon d'Or: "Je crois que quelques personnes ont fait des choses et qu'il ne va pas gagner". Hoeness vise ici le changement des dates du vote. Initialement le scrutin pour le trophée (journalistes, sélectionneurs et capitaines des équipes nationales, à part égale) devait être clos au soir des barrages aller en Europe (15 novembre).Mais arguant d'un "nombre de votes à la date limite trop faible pour être suffisamment représentatif", le suffrage avait été "rallongé de deux semaines (jusqu'au 29 novembre)" par la Fifa et l'hebdomadaire France Football, qui gèrent de concert ce prix. Or, le barrage retour du Mondial le plus médiatique de la zone Europe, Suède-Portugal, a eu lieu le 19 novembre, et le triplé de Cristiano Ronaldo a fait le tour des télévisions et sites internet. De là à lui rapporter un supplément significatif de voix ?

Pas à en croire le directeur de communication de la Fifa, Walter de Gregorio, qui a assuré à quelques heures du dénouement lundi que si le taux de participation est bien passé de 50% au 15 novembre à 88% au 29 novembre, "le classement" des trois finalistes était resté "le même" entre ces deux dates.Certains pro-Ribéry ont vu dans la modification de la fenêtre de votes une sorte de compensation -ce qu'a toujours réfuté la Fifa- après l'incident diplomatique Blatter-Ronaldo. En visite à l'Université d'Oxford, Joseph Blatter, président de la Fifa, avait été filmé en train de comparer Ronaldo à "un commandant sur le terrain", confiant préférer Messi. Devant le tollé suscité au Real Madrid et au Portugal, Blatter avait dû présenter des excuses. Aujourd'hui, tout cela est oublié pour Ronaldo, venu à Zurich célébrer l'évènement avec sept membres de sa famille. Et qui est aujourd'hui le roi de la planète football.

Christian Grégoire