Nasser Al-Khelaifi PSG
Le président du PSG Nasser Al-Khelaifi | KARIM SAHIB / AFP

Réussites et déboires des investisseurs étrangers en Ligue 1

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Alors que l’OM vient de s’offrir un nouveau propriétaire en la personne de l’Américain Frank McCourt, retour sur ces magnats venus d’ailleurs et qui ont investi le foot français avec plus ou moins de réussite.

Margarita Louis-Dreyfus a décidé de vendre l’Olympique de Marseille à l’entrepreneur américain Frank McCourt, ancien propriétaire des Dodgers de Los Angeles. On ne connaît pour l’heure ni le montant de la transaction, ni le budget du futur Olympique de Marseille. L’Equipe parle de 200 à 250 millions d’euros de budget et de 50 à 100 millions d’euros qui pourraient être alloués aux transferts chaque année. Des sommes plutôt conséquentes donc mais qui seraient loin de permettre au club de venir concurrencer le PSG version qatarie, qui rivalise désormais avec les plus grands européens.

  • Le PSG, une vitrine pour le Qatar

Le PSG, une vitrine pour le Qatar

Nous sommes à l’orée de la saison 2011-2012. Le Qatar, via le fond d’investissement QSI (Qatar Sport Investments) rachète 70% des parts du PSG à l’américain Colony Capital qui conserve une participation de 30% jusqu’à mars 2012. Le petit État, qui organise la Coupe du monde en 2022, entant être de plus en plus présent dans l’univers du ballon rond. Ce qui passe en plus du PSG par le rachat des droits télé internationaux du championnat et un lot des droits domestiques de la Ligue 1 par la chaîne qatarie Al-Jazira Sports.

Avec près de 600 millions d’euros investis sur le marché des transferts, le club de la capitale est désormais l’un des plus grands d’Europe. Nasser al-Khelaïfi, le président de QSI et propriétaire du PSG, se paiera même assez rapidement le luxe de tenir son pari, pourtant pas gagné d’avance. Voir le PSG redevenir rentable. Ce qui n’était pas arrivé depuis la saison 1997-1998 se reproduira dès la saison 2014-2015, le PSG enregistrant un profit de 10,6 millions d’euros. Une bien belle réussite donc, pour l’instant, qui contraste avec l’expérience avortée de Colony Capital.

 

  • Colony Capital, l’expérience avortée du PSG

Colony Capital, l’expérience avortée du PSG

Colony Capital, firme internationale de fonds d’investissements privés basée à Los Angeles et Butler Capital Partners, soutenus par la banque Morgan Stanley rachètent le PSG pour 21 millions d’euros. Le trio d’actionnaires a l’intention de redonner au PSG ses lettres de noblesse. Mais rien ne se passera véritablement comme prévu. Il deviendra même assez rapidement la cible principale des supporters. Malgré les 100 millions d’euros investis en 4 ans, le club n’y arrive pas sur le terrain. Surtout qu’à cela se rajoute les drames en dehors avec l’agression d’un supporter en marge du match PSG-OM, en mars 2010. Et les investisseurs de se décider à revendre le club en 2011.

 

  • Le milliardaire Russe qui a relancé le Rocher

Le milliardaire Russe qui a relancé le Rocher

Novembre 2011. L’ASM est dernier de Ligue 2. Six mois plus tôt, le club rétrogradait. Une première après 35 années consécutives parmi l’élite. Dmitry Rybolovlev, milliardaire russe et l’une des 100 plus grosses fortunes du monde rachète 66% des parts du club. Deux ans après, c’est près de 200 millions d’euros qui seront investis en achat de joueurs.


Monaco, remonté en Ligue 1, se verrait bien concurrencer le club de la capitale. Mais le fair-play financier, quelques soucis de santé, un divorce coûteux où l’homme d’affaire se voit condamner à payer 4 milliards de francs suisses à son ex-épouse, le pousseront à réduire quelque peu ses investissements. Pas plus mal certainement au vu du début de saison réalisé par Monaco.

Dmitry Rybolovlev dans les tribunes du parc des Princes en mars 2016
Dmitry Rybolovlev dans les tribunes du parc des Princes en mars 2016

  • Le fiasco Index à Grenoble

Le fiasco Index à Grenoble

Saison 2004-2005. Le GF38 végète 2e division. En novembre, l’entreprise japonaise Index Corporation devient actionnaire majoritaire à hauteur de 51 %. Dans la foulée et après de nombreux rebondissements judiciaires et administratifs, une nouvelle enceinte avec une capacité de 20.068 places est construite, le stade des Alpes. La remontée en ligue 1 est actée en juin 2008. Mais le GF38 ne restera que deux saisons dans l’élite. Et très vite, c’est la chute. Aussi fulgurante que l’expérience en Ligue 1.

Dès l’exercice 2010-2011, le club, qui a vu tous ses meilleurs éléments s’envoler, termine à la dernière place du championnat et est sportivement relégué en National. Puis administrativement en CFA 2, le club se trouvant dans l’incapacité d’éponger une dette de près de 3 millions d’Euros. Le Grenoble Foot 38, n’ayant plus le statut de club professionnel, l’ensemble des joueurs pro se retrouvent libres sur le marché des transferts.

Le premier club de Ligue 1 racheté par des étrangers évolue aujourd’hui en CFA et joue ses matchs à domicile au Stade des Alpes, dernier vestige de ses années dans l’élite du football français.

Boris Courret