Philippe Montanier
Philippe Montanier | ANDER GILLENEA / AFP

Rennes : Montanier, la carte jeune

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Débarqué cet été en Bretagne en provenance de la Real Sociedad, l'ancien entraineur de Valenciennes, qui affronte ce jeudi Montpellier avec Rennes (21h), a vite confirmé sa réputation de "coach-formateur" en intégrant de nombreux jeunes à son groupe professionnel. Une stratégie osée, mais qui paye.

Il arrivait avec une réputation de faiseur de miracles, et c'était plutôt justifié : qualifier la Real Sociedad pour le troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions, c'est fort. Ce n'est pas que le club basque ne comptait pas de bons joueurs dans ses rangs, mais peu d'observateurs auraient misé sur une qualification européenne de la Real à l'orée de la saison 2012/2013. En fait, Montanier, qui a quitté San Sébastien le coeur gros et attristé par le manque de reconnaissance des dirigeants de la Real, est obsédé par le collectif. Le "collectif" : c'est le mot qui revient le plus souvent dans le discours de l'ancien Valenciennois. Lorsqu'il débarque à Rennes cet été, il pointe du doigt le comportement et la mentalité de certains joueurs, qui n'accordent pas la même importance que lui à cette notion si essentielle :'le gros problème est de persuader nos joueurs que leur performance doit être collective et non individuelle, déclarait Montanier dans le dernier France Football. Aujourd'hui, on veut devenir quelqu'un ; avant, on voulait faire quelque chose ensemble. C'est là toute la différence qu'il faut faire apprécier aux joueurs. S'ils ne le comprennent pas, là, oui, je sanctionne. Comment ? Ils partent". Résultat : "exit" Erding, Foulquier, Diallo, Montano, Jebbour, et Brahimi. 

"Montrer qu'on compte sur eux"

Il est admis que Montanier est un coach qui laisse sa chance aux jeunes. Pourtant, excepté Erding, les quatre joueurs cités précédemment, - régulièrement loués pour leur talent et potentiel - ne dépassent pas les 24 ans. Alors, pourquoi les chasser ou les laisser partir ? Peut-être ne correspondent-ils pas à l'idéal collectif de Montanier. Quoiqu'il en soit, depuis le début de la saison, l'ancien entraîneur de la Real a intégré  une demi-douzaine de joueurs de moins de 20 ans au groupe professionnel du Stade Rennais, même s'il est évident que la plupart ne sont pas encore prêts. L'attaquant Wesley Saïd par exemple, âgé de 18 ans, a montré tout son potentiel à l'occasion de son premier match de Ligue 1 face à Lille. On ne peut en dire autant sur le jeune milieu Zana Allée, 19 ans, qui a paru inhibé lors de sa première titularisation face à Reims, en ouverture du championnat. A ceux qui lui reprochent de brûler les étapes, le coach Montanier répond :"Il faut bien démarrer un jour, mais cela ne se fait pas par hasard. C'était la suite logique de la période de préparation où, durant six semaines, ces jeunes ont pu jouer et s'exprimer". Il ne s'agit donc pas d'exiger de ces jeunes pousses un rendement immédiat exceptionnelle, mais simplement de leur faire comprendre qu'ils incarnent l'avenir du club :'"Le plus important, c'est qu'ils savent qu'on compte sur eux dans les deux prochaines années", confie le coach des Rouges et Noirs à Reuters. "Ils peuvent faire un match très bon ou très mauvais, ce n'est pas ça qui va entraver à moyen terme leur progression au sein du club." La saison dernière, Philippe Montanier entraînait l'équipe la plus jeune de toute la Liga espagnole. Alors les jeunes, il sait les gérer. Et puis, il n'a pas recruté des novices à tout va : en engageant Sylvain Armand et en s'assurant du transfert définitif de Jean II Makoun, il s'entoure de joueurs d'expériences, capable de guider les jeunes pousses. 

Rennes, qui pointe à la 8e place du classement à seulement trois points du leader monégasque, reste sur quatre matches sans défaite. A Montpellier, où les Rennais ont échoué sur leurs deux derniers déplacements, Philippe Montanier comptera sur ses jeunes pour renverser la Mosson. 

Jean Charbon