Rachat de Caen : Les clubs français offrent "un rapport qualité-prix intéressant", selon un économiste du sport

Publié le , modifié le

Auteur·e : AFP
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Le rachat de Caen (L2) illustre, selon l'économiste du sport Christophe Lepetit, l'attractivité des clubs français qui offrent "un rapport qualité-prix plutôt intéressant". Après Marseille, Bordeaux et Toulouse, Caen devient le 4e club français à passer sous pavillon américain.

Pierre-Antoine Capton associé au fonds d'investissement américain Oaktree, a officialisé ce lundi, le rachat du Stade Malherbe de Caen. Après Marseille (L1), Bordeaux (L1) et Toulouse (L2), le club de ligue 2 est le 4e a passé sous pavillon américain en France. "Un rapport qualité-prix plutôt intéressant" selon l'économiste du sport Christophe Lepetit, interrogé par l'AFP.

Comment expliquer cet engouement ?
Christophe Lepetit :
"Ce sont des démarches spécifiques, club par club. Il faudrait presque en faire une analyse individualisée pour pouvoir connaître les motivations profondes de tous les investisseurs. On a un investisseur comme Frank McCourt qui est arrivé à l'Olympique de Marseille pour sa passion du sport, et pour des projets qu'il pouvait développer aux alentours du stade Vélodrome. Arriver à l'OM était, pour lui, la meilleure des cartes de visite pour avoir accès à un certain nombre de décideurs locaux. Donc il n'y avait pas derrière cet investissement de visée spéculative, ou financière. A l'inverse, à Bordeaux ou à Toulouse, on a des vrais fonds d'investissement qui sont arrivés avec la volonté de gagner de l'argent à court ou moyen terme. Soit par un processus de revente du club après l'avoir revalorisé, soit par des activités de transfert. A Caen, on a des Normands qui ont réussi dans les affaires, dans le domaine de l'audiovisuel pour Pierre-Antoine Capton, et le représentant en France du fonds d'investissements Oaktree, normand lui aussi, qui font qu'il y a cette attache, ce rattachement assez fort au territoire."

Peu d'investisseurs ont malgré tout réussi à gagner de l'argent dans l'histoire du football français...
C.L
: "Moi je pense que c'est un investissement un peu risqué. On connaît les difficultés de rentabiliser un club de football en général et en France en particulier. La DNCG a bien indiqué que 14 clubs de L1 avaient réalisé des bénéfices sur la saison 2018-2019, mais des bénéfices relativement limités. En fait, gagner de l'argent par des activités annuelles récurrentes, c'est quasiment impossible. En revanche, vous pouvez gagner de l'argent par des activités de transfert ou en restructurant des clubs et vous gagnez de l'argent à la revente."

Pourquoi dans ce cas, selon vous, ces fonds s'intéressent-ils aux clubs français ?
C.L
: "La L1 et la L2 sont attractives, parce que sur les mois qui ont précédé ce mois de septembre, il y avait un potentiel de revenus très conséquent, en faisant abstraction de la situation générée par le Covid-19. Quand on se replace un an en arrière, on est sur un football français qui allait voir ses droits TV exploser, passer de 728 millions d'euros à près de 1,2 milliard d'euros par saison. Un football français qui réalisait des plus-value de cessions de joueurs record, avec près d'un milliard d'euros sur la saison 2017-2018 et près de 800 millions d'euros sur la saison 2018-2019. Donc un football français qui présentait des potentiels d'accroissement de revenus et des potentiels de ventes de joueurs très intéressants et qui pouvaient capter l'attention des fonds d'investissements américains. Qui plus est, l'achat des clubs français s'avère peu onéreux. Acheter en France, on est à peu près certain d'un rapport qualité-prix plutôt intéressant, à l'inverse d'acheter dans d'autres grands pays du football européen où les prix d'achats s'envolent à des niveaux très très élevés. C'est un peu tout ce contexte-là, qui a favorisé l'arrivée de certains investisseurs américains, et en particulier les fonds d'investissement qui eux sont là avec pour objectif de gagner de l'argent."

AFP