Issa Hayatou
Issa Hayatou va présider la FIFA durant ces trois prochains mois | Melanie Duchene / RIA Novosti

Qui est Issa Hayatou, le nouveau président par intérim de la FIFA?

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Patron de la CAF (Confédération africaine de football) depuis 1988, Issa Hayatou (69 ans) a été désigné ce jeudi président par intérim de la FIFA, après la suspension de Joseph Blatter. Le Camerounais connaît tout des instances dirigeantes du football mondial : la course à la présidence, la gestion des situations de crise… et même les sanctions pour conflit d’intérêts.

Selon les statuts de la FIFA, Issa Hayatou assure depuis ce jeudi l'intérim de Sepp Blatter, suspendu 90 jours, car il est le "plus ancien vice-président du Comité exécutif en poste". L’intéressé n’a pas tardé à réagir en indiquant, dans un communiqué, qu’il occupera cette fonction "uniquement à titre intérimaire : le Congrès extraordinaire choisira le 26 février 2016 un nouveau président, et je ne serai moi-même pas candidat à cette élection".

Le Camerounais ne connaît pourtant que trop bien cette conquête : en 2002, il avait participé à la course au trône de la FIFA, pour se faire très largement devancer par Sepp Blatter. Le dirigeant suisse deviendra ensuite l’un de ses plus fidèles alliés. Il recevra ainsi le soutien inconditionnel des 54 membres de la CAF, présidée par Hayatou depuis 27 ans, et continue à le recevoir malgré le scandale planétaire qui ébranle la Fédération. Il faut dire qu’à travers le projet "Goal", la FIFA a très largement développé les infrastructures du football africain, donnant même au continent sa première Coupe du monde, en 2010 (en Afrique du Sud).

Il traîne aussi quelques casseroles

Le parcours de Hayatou est également marqué par plusieurs affaires, dont la plus médiatisée remonte à 2011, quand le CIO – dont il a fait partie – lui avait infligé un blâme. La cause : le Camerounais avait reconnu avoir perçu d’ISL (société marketing, partenaire de la FIFA dans les années 1990) un pot-de-vin de 100.000 francs (environ 15.000 euros) en liquide. Accusé de corruption, Hayatou assure qu’il s’agissait de financer le 40e anniversaire de la CAF, et que cet argent a été reversé dans les caisses de l’institution. 

Personnage peu à l’aise avec les médias et la communication de crise, Hayatou, va devoir composera avec ce nouveau rôle durant les trois prochains mois. La dernière fois qu’il avait défrayé la chronique ? En juin dernier, quand il reconnaissait un versement d’1,8 million de dollars, du Qatar à la CAF, pour "exposer son projet de candidature à la Coupe du monde 2022" lors d’un congrès en 2010.

Homme aux multiples casquettes (il touche d’après Jeune Afrique plus de 270.000 dollars par an, sans compter les indemnités journalières), le patron du football africain a sans doute récupéré là un cadeau empoisonné.