Quatre mois avec sursis requis contre Gervais Martel

Quatre mois avec sursis requis contre Gervais Martel

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Quatre mois de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende ont été requis mardi par le parquet d'Arras contre le président du RC Lens (L2) Gervais Martel pour corruption privée et recel d'abus de bien sociaux dans une affaire de prêts contractés en 2010. La décision du tribunal correctionnel a été mise en délibéré au 31 mars.

Gervais Martel a contracté deux prêts pour un montant total de quatre millions d'euros auprès des groupes de BTP Ramery et Rabot-Dutilleul, qui figurent parmi les sponsors du club depuis plusieurs années. Les présidents des directoires de ces deux sociétés sont poursuivis pour corruption passive. Les réquisitions à leur encontre ont été les mêmes que pour le président lensois. 

Pour rester maître à bord 

A l'origine du prêt, le président du RC Lens souhaitait acheter des parts supplémentaires du club afin de rester majoritaire dans une période de turbulences sportives et financières. En contrepartie, dans une note distincte, Gervais Martel promettait aux deux entreprises de leur accorder des parts de marchés dans la rénovation du stade. Les débats mardi ont porté sur la question de savoir si les deux entreprises avaient légalement le droit de prêter cet argent à Gervais Martel, qui n'a utilisé que 16% de la somme pour le prétexte invoqué. Le reste a été consacré à des dépenses et dettes personnelles, dont 877.000 euros à des dettes de casino et 700.000 euros à des remboursement de prêts.

Aux yeux du procureur d'Arras la manoeuvre est notamment suspecte parce que la promesse de contrepartie - l'attribution d'un marché privé de travaux - est "complètement indépendante du contrat et n'a de plus aucun caractère coercitif" comme dans tout contrat en bonne et due forme, a dit le magistrat dans son réquisitoire. Le procureur a relevé les nombreuses "ambiguïtés" et "évolutions" des conditions entourant les prêts.

Dans leurs plaidoiries, les avocats de prévenus ont argué qu'il incombe aux entreprises de maintenir des relations économiques avec un partenaire comme Gervais Martel dans la perspective de se voir attribuer des parts du marché de la rénovation du stade, à l'époque évalué à 120 millions d'euros. De son côté Gervais Martel a excipé de "sa bonne foi dans cette affaire".
"Je suis content de m'être retrouvé ici pour m'expliquer, je vous assure que j'étais de bonne foi dans cette affaire", a dit Gervais Martel avant la fin de l'audience.

Christian Grégoire