Le Brésilien Lucas et l'entraîneur du PSG Unaï Emery
Le Brésilien Lucas regagne le banc et passe à côté de son entraîneur, Unaï Emery | AFP - FRANCK FIFE

PSG-Bâle : Pourquoi il ne faut pas (encore) s'inquiéter pour le PSG

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Poussif, même pas leader en championnat après neuf journées, le PSG concentre les critiques en ce début de saison. En Ligue des champions, c’est à peine mieux. Mais contre Bâle, les Parisiens veulent confirmer leur renouveau en terme de statistiques et espèrent que le meilleur est à venir. Il y a des raisons d’y croire.

Parce que ça gagne quand même

Peu inspiré, poussif, pas flamboyant, dégueulasse, moche… Ce ne sont pas les adjectifs pour qualifier la campagne présidentielle qui débute, le premier débat de la primaire de la droite ou encore le contenu des 35 heures d’antenne de Cyril Hanouna. Non, ce sont les critiques émises sur le niveau de jeu proposé par le PSG depuis le début de la saison. Les hommes d’Unaï Emery n’ont pas convaincu grand monde et même franchement touché le fond à Toulouse avec une défaite 2-0. Depuis ? Le PSG a aligné trois succès. Face à Ludogorets en C1 (3-1), contre Bordeaux (2-0) et à Nancy (2-1). Face aux Lorrains, les Parisiens ont vite fait le break avant de se liquéfier et de trembler jusqu’au bout. Sans craquer toutefois.

"L'essentiel, c'était de gagner, c'est fait et c'est le principal. C'est vrai que l'adversaire nous a pressés, nous a mis en difficulté. On n’a pas réussi un grand football aujourd'hui, mais c'est bien aussi de sortir de la difficulté en gagnant", a avoué Blaise Matuidi. Même son de cloche chez Marco Verratti : "Avant le match, je me foutais que l’on joue bien ou pas. Je voulais gagner. Trois points, c’est important. C’est un match compliqué. Dans la semaine, on ne s’est pas entraîné ensemble. On a mal joué mais je suis content pour les trois points". Sans convaincre, le PSG est tout de même deuxième de Ligue 1 à quatre points de l’OGC Nice. Il ne survole pas comme les saisons précédentes, ne maîtrise pas ses matches comme sous Laurent Blanc, a déjà perdu deux fois en Ligue 1, soit autant qu’en 38 journées la saison dernière, mais il est là. En embuscade. Avec une marge de progression évidente.

Parce que tout est encore nouveau

Un nouveau coach, la star emblématique partie chercher de l’amour et de la gloire sous d’autres cieux, un nouveau système de jeu, de nouvelles méthodes d’entraînement, le PSG a tout chamboulé cet été pour repartir sur de nouvelles bases. Et comme à chaque nouveau chapitre, la mise en route peut être laborieuse. Du moins cahotante. Les joueurs ont dû se plier à la discipline (bonjour Hatem Ben Arfa) et aux entraînements très physiques d’Unaï Emery. Le 4-3-3 dans lequel les joueurs avaient leurs repères a été mis de côté pour un 4-2-3-1 qu’il a fallu apprivoiser. Blaise Matuidi, le valeureux soldat, est venu au secours de son entraîneur qui essuyait ses premières critiques.

"Le coach fait un bon travail. Ce n'est jamais facile d'arriver dans un nouveau club et dans un nouveau pays. Mais il a très bien su s'adapter, d'ailleurs il parle français au quotidien. Les résultats ne sont pas ce qu'on attend du Paris SG pour le moment, car la saison est encore longue. Mais je pense qu'il y a du mieux, on enchaîne les bons résultats et j'espère que cela va continuer ainsi. Je pense qu'Emery est l'entraîneur idéal pour le PSG actuellement", a assuré l'international tricolore.

Parce que les blessures sont légions

Serge Aurier, Angel Di Maria, Layvin Kurzawa, Thiago Motta, Javier Pastore et Maxwell. Six joueurs cadres du PSG et autant d’absents face à Nancy. Pour affronter les Lorrains, Unaï Emery a dû composer avec les blessures et la méforme des autres pour élaborer son onze de départ. Plus généralement, depuis le début de la saison, l’effectif du PSG n’est pas épargné par les blessures et autres petits bobos qui polluent le quotidien. Douze joueurs ont déjà été blessés depuis le début de la saison en août dernier. Un problème auquel est sensible Unaï Emery et le club, qui avait dû les saisons précédentes faire face à des absences majeures (Motta, Silva, Ibra) durant le printemps européen.

Le style de jeu prôné par l’Espagnol demande énormément d’efforts comme l’illustre ce chiffre : 106,6km, soit le nombre de kilomètres parcourus depuis le début de la saison par le PSG, trois de plus que l’an dernier à la même époque. Quand l’Espagnol aura récupéré tout son effectif et que tous auront retrouvé l’intégralité de leurs moyens physiques (Jésé, Pastore, Ben Arfa), le PSG pourra sans doute donner sa pleine mesure

Parce que Emery n’est pas borné

A Toulouse, le PSG perd 2-0. Son 4-2-3-1 prend l’eau, les joueurs sont en dessous de tout. A quatre jours d’un rendez-vous important contre Ludogorets, Unaï Emery n’a pas de temps à perdre et revient aux classiques. Le PSG repasse dans un 4-3-3 articulé autour du trio du milieu Motta-Matuidi-Verratti. Des vieilles recettes qui rassurent les joueurs et débouchent sur un succès 3-1. Les deux autres journées de Ligue 1 qui ont suivi ont perpétré ce retour au 4-3-3 avec deux nouveaux succès à la clé. Preuve que le Basque n’est pas obtus et sait mettre de l’eau dans son vin.

Sur le cas Ben Harfa, même chose. Mis à l’écart, le joueur international revient peu à peu dans le groupe. Pas encore titulaire mais d’abord en tant remplaçant. Emery sait s’adapter et a conscience des exigences de résultats du PSG.

Parce qu’Edinson Cavani est là

L'attaquant du PSG, Edinson Cavani
L'attaquant du PSG, Edinson Cavani

Dans le marasme – même si le mot est un peu fort – ambiant, un joueur sauve les meubles. Il s’agit d’Edinson Cavani. Relégué sur l’aile par Laurent Blanc, dans l’ombre de Zlatan Ibrahimovic, l’Uruguayen a été replacé dans l’axe depuis le départ du Suédois. Et ça paye. En 10 matches, il a déjà inscrit 12 buts, dont 9 en championnat – il est le meilleur buteur. Malgré des matches où il s’est illustré pour sa maladresse (la première rencontre de C1 contre Arsenal), le Matador porte l’attaque parisienne à bout de bras. Il est, derrière Alexandre Lacazette, le deuxième attaquant avec le meilleur ratio minutes/but cette saison avec une réalisation toutes les 66 minutes.

Si le risque d’une Cavani-dépendance est réel, l’Uruguayen atténue les critiques qui l’accompagnaient depuis son arrivée à Paris en 2013. Moins efficace et flamboyant qu’un Zlatan, il est actuellement indispensable au PSG en attendant que ceux qui l’entourent se réveillent.