Parc des Princes Paris stade vide vue de l'intérieur 2010
Vue de stade | AFP - Thomas Coex

Prison avec sursis requise pour les auteurs de la banderole anti "ch'tis"

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Le parquet de Bobigny a requis de la prison avec sursis contre trois des cinq supporters du PSG, jugés pour avoir déployé une banderole injurieuse lors d'un match contre Lens au Stade de France en 2008, une affaire que la défense qualifie de "disproportionnée".

"Pédophiles, chômeurs, consanguins: bienvenue chez les Ch'tis": cinq supporters du PSG étaient jugés jeudi et vendredi pour cette banderole déployée le 29 mars lors de la finale de la Coupe de la Ligue PSG-Lens en mars 2008. Composée de onze panneaux de 5 mètres, elle avait été déroulée pendant trois minutes dans la tribune des supporters parisiens.
"C'est le procès de la bêtise", a déclaré Loïc Pageot, vice-procureur au tribunal de Bobigny, estimant que cette banderole n'avait "rien à voir avec de l'humour potache", mais qu'il s'agissait d'un "message d'humiliation, de rejet, de stigmatisation de toute une communauté". Au contraire, pour un des avocats de la défense, Frédéric Pichon, "c'est le dossier de la démesure, de la disproportion, de l'émotion". Son confrère Jérôme Triomphe parle lui d'"hystérie de l'élite politico-médiatique". Ils demandent la relaxe.

La décision a été mise en délibéré au 7 janvier. "Des messages comme ça, il y en a tous les week-ends dans les stades", a expliqué Julien Lobo, l'un des prévenus. Les avocats en ont cité plusieurs. "Certaines sont d'authentiques provocations à la violence", a plaidé Me Triomphe. Pour les avocats de la défense, il s'agissait avec la banderole du 29 mars
d'"injure" et non de "provocation à la haine ou à la violence lors d'une manifestation sportive", ce pour quoi ils sont jugés. Me Triomphe s'est toutefois défendu de "justifier cette banderole dont les termes nous choquent tous". Vincent Bourdon, un des deux prévenus qui avaient plaidé l'humour en citant Desproges jeudi, a réclamé "le droit au mauvais goût" à la fin du procès. Contre lui, le procureur a requis 3 mois de prison assortis de sursis avec travail d'intérêt général, un stage de citoyenneté, et a demandé au tribunal de l'interdire de stade pendant 5 ans.

M. Bourdon fait partie de ceux qui avaient eu l'idée de cette banderole. La même peine a été requise contre Alexandre Demaille, qui l'a peinte. Deux mois de prison avec sursis et 3 ans d'interdiction de stade ont été requis à l'encontre d'un autre prévenu qui avait introduit un morceau de la banderole dans le stade, en en connaissant le message. Pour les deux derniers prévenus, qui ont participé à son déploiement, Loïc Pageot a requis 300 et 600 euros d'amende et trois ans d'interdiction de stade. "Le rejet de l'autre n'a pas sa place dans les valeurs de la République et du sport", a estimé le procureur, Loïc Pageot. Pour Me Jean Appietto, avocat de Fédération française de football, "ce n'est pas parce qu'il y a d'autres (banderoles) dans les stades que le délit n'est pas constitué".

"Quand on est au stade, on ne s'attend pas à être insulté de cette manière", a dit Me Mario Califano, avocat du Racing club de Lens. Les parties civiles, qui comptent également les municipalités de Lens et Lille, la région Nord-Pas-de-Calais, ont demandé un euro symbolique. Le PSG attend en outre une réparation financière à hauteur de 135.000 euros,
notamment pour les frais de justice liés à l'affaire. Outre ces parties civiles, 55 personnes, "choquées" ou "blessées" par la banderole ont porté plainte dans cette affaire. Certaines ont demandé réparation.

AFP