Johan Micoud et Lilian Thuram
Johan Micoud et Lilian Thuram | PATRICK KOVARIK / AFP

Président Micoud: Rendre au club de Cannes "ce qu'il m'avait donné"

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Pour retrouver le football professionnel, l'AS Cannes a misé sur un de ses glorieux anciens, l'ex-international Johan Micoud, 44 ans. "Je voulais revenir au club et rendre ce qu'il m'avait donné", raconte le champion d'Europe 2000.

Comment vous êtes-vous retrouvé président de l'AS Cannes ?

"En août 2016, le maire David Lisnard est venu nous demander si ça nous intéressait de prendre la suite, avec Bernard Lambourde (formé à Cannes, directeur sportif, ndlr) et l'équipe du directoire. On s'est dit qu'on voulait restructurer le club tel qu'on le connaissait, pour le tirer le plus rapidement possible vers le monde professionnel. L'idée c'est de monter en Ligue 2 dans les huit ans, soit quatre montées. Là on est monté en National 3 (5e niveau) la première année, on a un joker, il nous reste à réussir trois montées en sept ans !"

Quels sont vos chantiers prioritaires ?

"Il y en a tant... Il faut relancer la formation, qui était l'histoire de l'AS Cannes, la réussite du club passera par là. Nous travaillons pour que notre école de football soit prête à être transformée en centre de formation si on retrouve le monde professionnel."

Comment se sont passés vos débuts ?

"C'est un projet sur du long terme, mais l'an dernier cela a été difficile de retenir des joueurs. L'ancienne équipe dirigeante n'a pas été très sympa avec nous, ils ont fait partir beaucoup de joueurs performants. Il a fallu tout restructurer de A à Z, on s'est retrouvé au mois d'août à monter des équipes de 15-20 joueurs en U19, U17 etc. Un énorme boulot."

Plus personnellement, pourquoi avez-vous choisi cette aventure ?

"Je suis né ici, j'ai grandi à Vallauris, juste à côté, et j'ai été formé ici à partir de dix ans. J'ai fait toutes les catégories à l'AS Cannes. Je voulais revenir au club et rendre ce qu'il m'avait donné, il a lancé ma carrière. Je voulais rendre aux joueurs et aux éducateurs ce que j'ai pu apprendre durant mes voyages en Europe (Bordeaux, Parme, Werder Brême, ndlr), j'ai la possibilité de transmettre. Le coeur a parlé, mais il y a une énorme ambition aussi: remonter ce club au niveau qu'il mérite."

Est-ce que l'ASC est aussi venue vous chercher pour votre notoriété ?

"J'ai le rôle du président, mais ce que j'aime, c'est le terrain. Je préfère dire que je m'occupe beaucoup du côté sportif, d'autres personnes s'occupent du côté administratif et financier. On avance ensemble. Je ne sais pas si on m'a mis en avant. Mais le club ne m'appartient pas, il appartient à tous les gens qui sont ici. Le jour où je partirai, j'essaierai de rendre le +bébé+ le plus propre possible. J'ai une devise: servir le club, pas se servir du club."

Et comment trouvez-vous ce rôle de président ?

"C'est marrant de découvrir tout ce qu'il y a autour, c'est un défi. Il y a des côtés super +chiants+ aussi, le côté administratif ne me plaît pas trop, mais c'est intéressant de pouvoir mettre en place la philosophie qu'on avait comme joueur. Moi j'ai envie que mes équipes soient portées vers l'avant et marquent des buts, pas d'un jeu à l'italienne de vingt ans en arrière où tu attends derrière avant de débloquer sur un contre."

Ce n'est pas trop pénible de devoir faire le chef, élever la voix ?

"Non, ça, ça va (rires)! Je tempère un peu plus, peut-être au début j'étais un peu plus dans la réactivité (il frappe le dos de sa main), un peu plus tendu, ça peut encore arriver, de temps en temps des trucs me gonflent, mais j'essaie d'analyser ce qu'il s'est passé pour trouver une solution, pour avancer. Moi aussi je grandis avec le club."

AFP