Prince Ali
Le Prince Ali est de nouveau candidat à la présidence de la FIFA | PATRICK SEEGER / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE/AFP

Pour le Prince Ali, Platini "fait partie de ce système"

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Après avoir estimé que Michel Platini n'étais "pas bon" pour occuper le poste de président de la FIFA, le Prince Ali est de nouveau monté au créneau lors d'un entretien accordé à l'AFP. Ali bin Al Hussein, concurrent du président démissionnaire de la FIFA Joseph Blatter à la précédente élection, estime qu'il faut "de nouvelles têtes" et a de nouveau fait part de son souhait de ne pas voir l'ex-international français accéder à la présidence de la plus grande institution du football.

Serez-vous candidat à la présidence de la FIFA ?
Prince Ali : "Franchement, pour l'instant je ne fais qu'échanger avec des collègues, écouter leurs opinions, voir où ils veulent aller. La question n'est jamais de savoir qui sera président, mais d'avoir la bonne personne pour faire le travail."
   
Pourquoi estimez-vous que Michel Platini n'est pas la bonne personne pour la FIFA ?
P.A : "J'ai un profond respect pour lui en tant que joueur mais aussi en tant que président de l'UEFA. J'ai travaillé avec lui, nous avions des accords et  des désaccords. Il n'y a rien de personnel là-dedans, mais je ne crois pas qu'il soit la bonne personne actuellement pour faire les réformes. Il faut de nouvelles têtes et lui fait partie de ce système. Je ne vais pas révéler exactement ce que nous nous sommes dit, mais je suis allé vers lui l'esprit ouvert pour savoir ce qu'il pense. Je ne crois pas que ce soit suffisant pour  ce qu'il nous faut. Quoi qu'il arrive à l'avenir, cela ne doit pas passer par des compromis, il nous faut un débat ouvert et franc. L'important c'est qu'on comprenne les besoins et demandes du monde. Cette organisation doit avoir bonne réputation. Le jour où personne ne saura vraiment qui est le président, ce sera le jour où on saura que les choses vont bien. Il doit être question du football, des supporters, des joueurs, et malheureusement ce n'est pas le cas aujourd'hui."
   
Blatter devait-il partir immédiatement ?
P.A : "Je pense que les personnes présentes dans le passé ne devraient pas rester. Elle ne peuvent pas participer au processus. Il faut du sang neuf, de nouvelles idées. C'est ce que réclament le monde du foot et les fans de foot du monde entier."
   
Croyez-vous aux réformes lancées par Blatter ?
P.A : "Je ne pense pas qu'on puisse les faire en aussi peu de temps. Je pense aussi qu'il faut avoir un groupe de travail réellement indépendant pour les mettre en oeuvre. C'est le bon sens pour n'importe quelle organisation. Attendons de voir comment ça va se dérouler."
   
Quelles réformes préconisez-vous ?
P.A : "On ne peut avoir une organisation qui gouverne le sport le plus populaire du monde avec la réputation qu'elle a maintenant. Cela doit clairement changer, et à partir de là, il faut faire beaucoup plus dans  l'écoute des fédérations nationales. D'une certaine manière la FIFA est une organisation magnifique parce qu'elle sert les fédérations nationales du monde entier. Nous devons lancer un processus de réformes immédiatement. Nous devons être ouverts, attirer de vrais conseillers, être transparents. Nous devons nous reconcentrer sur des sujets comme le développement, la responsabilité sociale, à laquelle je tiens beaucoup, et restaurer la réputation de cette organisation."
   
Comment les membres du comité exécutif ont-il pu ignorer ce qui se  tramait ?
P.A :  "C'est la bonne question. Il y avait beaucoup de choses qu'on ne savait pas. Le rapport Garcia : j'ai été la première personne à demander qu'il soit publié. Non seulement il n'a pas été rendu public, mais en plus il n'a même pas été communiqué au comité exécutif lui-même. C'est emblématique des problèmes à l'intérieur de l'organisation. Je crois qu'il faut prendre une position ferme, c'est pourquoi je me suis placé en première ligne, parce que je n'acceptais pas de me trouver au sein du comité exécutif dans une telle situation."
   
Quid des finances ?
P.A :  "La FIFA a accumulé des réserves depuis plusieurs années avec la Coupe du monde. Ce qui est reversé aux fédérations nationales n'a pas changé depuis,  je pense, 1989 : c'est absurde. Et je suis très inquiet : je viens de voir les effets (des affaires de corruption, ndlr) sur les sponsors. Mais nous ne devrions pas être dans cette situation. Nous devons faire en sorte que les gens soient à l'aise quand ils travaillent avec la FIFA. C'est très facile à atteindre si les sponsors savent qu'ils traitent avec des gens qui sont crédibles et responsables. J'ai échangé avec des sponsors. Comme toute personne qui aime notre sport, tout le monde est inquiet de la situation."

AFP